GP de Barcelone - "Je n'ai plus vraiment de doutes, pour être honnête" : un an après, Kimi Antonelli a chassé les doutes
Par Tanguy Mantovani
Publié 14/06/2026 à 00:28 GMT+2
Leader du championnat du monde et vainqueur des cinq derniers Grand Prix, Kimi Antonelli est propulsé favori pour le titre mondial dès sa deuxième saison de Formule 1. Une situation particulière mais loin d'être unique dans l'histoire de la F1 avec laquelle le jeune Italien doit composer. Tout cela un an après un été européen tourmenté où il avait été en proie à de nombreux doutes.
"Antonelli a fait un grand pas vers le titre et Mercedes doit reconstruire moralement Russell"
Video credit: Eurosport
Hormis ses joues de moins en moins lisses et ses pommettes d'adolescent, il n'y a plus grand-chose qui trahit son âge. Kimi Antonelli, l'actuel leader du championnat du monde de Formule 1, réussit depuis quelques mois à faire oublier qu'il ne dispute que sa deuxième saison en catégorie reine. Une prouesse qu'il doit à un bond en maturité sur la piste et en dehors, comme s'il avait digéré d'un coup le fruit de dix années de travail.
Il a même brisé, en remportant le GP de Monaco dimanche dernier, la malédiction qui avait pourri son été 2025. Entre fin mai et septembre, sa tournée européenne avait été émaillée de résultats catastrophiques au point de le faire douter de lui-même. Trois points et quatre abandons en neuf courses : c'était comme si Kimi Antonelli était tétanisé à l'idée de courir sur le Vieux Continent. "C'était une période très longue et difficile, avait-il avoué quelques mois plus tard à Abou Dabi, après avoir redressé la barre en fin de saison. J'avais peur de ne pas pouvoir m'en sortir."
Qu'à cela ne tienne, son printemps doré est venu tout effacer. "Je n'ai plus vraiment de doutes sur mon potentiel, pour être honnête", a-t-il ainsi admis en conférence de presse avant le GP de Barcelone. Et pour cause : l'Italien a remporté les cinq derniers Grands Prix en date, et même s'il a fini derrière lui en qualifications ce samedi, il est en train de faire boire la tasse à son expérimenté coéquipier George Russell, leader désigné de Mercedes au début de la saison. "Beaucoup de choses ont changé" depuis la saison dernière, a-t-il poursuivi. "Revenir en piste après l'avoir déjà vécu l'année précédente fait une énorme différence. On connaît mieux l'évolution de la piste, on comprend mieux la structure du week-end, et on apprend aussi à mieux connaître l'équipe."
Si vous me l'aviez dit il y a deux ans, je vous aurais pris pour un fou
Ce qui lui a permis, en six week-ends seulement, de dépasser déjà son total de point de la saison dernière (156 avant le GP de Barcelone contre 150 en cumulé en 2025). Définitivement, Kimi Antonelli est un talent à part et les autres pilotes ayant rejoint la grille en même temps que lui - Gabriel Bortoleto, Franco Colapinto, Isack Hadjar, Oliver Bearman - souffrent de la comparaison. Bien sûr, aucun ne profite d'une machine aussi performante. Mais aucun, non plus, n'affiche une courbe de progression aussi vertigineuse. "Il est clair qu'il a franchi un cap cette année et qu'il performe à un très haut niveau, a ainsi reconnu son ancien coéquipier en Formule 2 Ollie Bearman. Le voir à ce niveau me donne confiance et me permet de croire que je peux en faire autant un jour, quand j'en aurai l'occasion."
Kimi Antonelli, lui, n'a pas le temps pour la prospective. Et c'est peut-être cela son prochain grand défi. Il a grillé quelques étapes au moment de passer le cap nécessaire pour faire de lui à faire de lui un candidat crédible au titre de champion. Il doit maintenant gérer le fait d'avoir un tel statut à un si jeune âge. "Il a une voiture qui domine, il s'y adapte et il gagne des courses sans faire d'erreur, comme vous l'avez dit, en ressentant la pression de mener le championnat et une course, ce qui est évidemment une très belle performance", l'a ainsi salué Fernando Alonso en conférence de presse. L'Espagnol est très bien placé pour le savoir : vingt ans avant Kimi Antonelli, il s'était lui aussi retrouvé dans le costume du jeune pilote favori au titre avec Renault en 2005. Toutes proportions gardées, puisqu'il était, lui, déjà dans sa quatrième saison à 24 ans.
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De quoi donner encore plus de perspective à la prouesse accomplie par l'Italien sur ce debut de saison. "Si vous me l'aviez dit il y a deux ans, je vous aurais pris pour un fou, a reconnu Kimi Antonelli lui-même devant la presse. Mais évidemment, je suis très heureux d'être là où je suis aujourd'hui." C'est-à-dire, en tête du championnat du monde avec 66 points d'avance sur son dauphin, Lewis Hamilton (Ferrari). Même s'il assure "ne pas vraiment se préoccuper" du classement pour l'instant : "Bien sûr, je suis conscient de l'opportunité qui s'offre à nous et je veux la saisir au maximum. Mais en même temps, je ne veux pas piloter ou faire la course en pensant à ça."
Evidemment, on n'est pas obligé d'acheter le propos. Et, de toute façon, s'il continue sur cette lancée, Kimi Antonelli ne pourra plus se cacher bien longtemps. Le plus étonnant étant sûrement que, au vu du bond en maturité qu'il affiche désormais, il donne l'impression que même la pression de jouer un titre de champion pourrait ne pas l'ébranler plus que cela. Attention tout de même : dans le même style, le 'Ice-boy' Oscar Piastri s'était liquéfié quand les choses sont devenues sérieuses dans un contexte similaire en fin de saison dernière. Kimi Antonelli y a assisté aux premières loges.
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