Getty Images

Bonus-malus : Hamilton millénaire, Vettel protégé, Leclerc sacrifié

Bonus-malus : Hamilton millénaire, Vettel protégé, Leclerc sacrifié

Le 14/04/2019 à 16:37Mis à jour Le 14/04/2019 à 20:12

GRAND PRIX DE CHINE - Lewis Hamilton a pour une fois brillé au départ et c'était pour la victoire. Mercedes a signé à Shanghai un troisième doublé en trois courses, loin d'une Scuderia Ferrari qui a versé dans la controverse en consignant Charles Leclerc. Que retenir d'autre de cette 1000e course en Mondial ? La fraîcheur de Kimi Räikkönen (Alfa Romeo) et la gaffe de Daniil Kvyat (Toro Rosso).

La note : 3/5

La victoire décidée au départ, un pilote consigné et deux vagues d'arrêts au stand rythmée par Max Verstappen (Red Bull) : cette 1000e course ne restera pas dans les mémoires.

Le vainqueur : Lewis Hamilton (Mercedes)

Quand il réussit son départ, ça va tout de suite mieux. Et puis, Shanghai est l'un de ses circuits fétiches : ça fait six fois qu'il y gagne. Sa performance est à relever car il était encore perdu dans les réglages avant la Q2, samedi. D'un coup, il a mis le doigt sur un set up bon sur un tour chrono et sur un relais complet. Et ajusté son pilotage. "J'ai eu un peu de mal ce week-end, mais une fois en qualification, un petit changement de style de pilotage m'a permis de libérer un peu plus de potentiel dans la voiture, ce que Valtteri était clairement capable de faire", a-t-il expliqué.

Pour toujours, il restera le vainqueur du Grand Prix millénaire. Et le fait qu'il n'ait pas jugé malin de vouloir aller chercher le point du meilleur tour en fin de Grand Prix - après s'être renseigné deux fois sur le pilote qui le détenait - en dit long sur son mode de pensée. Il vise le long terme, le titre donc. Et sait pour cela qu'il ne faut pas tirer inutilement sur le moteur.

Sebastian Vettel (Ferrari) et Lewis Hamilton (Mercedes) au Grand Prix de Chine 2019

Le battu : Valtteri Bottas (Mercedes)

Il n'est pas coutumier du fait, on va donc lui accorder le bénéfice du doute. Mais le coup de la ligne blanche qui fait patiner ses roues arrière, c'est un peu juste, et ça nous fait penser aux explications dont Rubens Barrichello était le spécialiste. Réussir un départ parfait est juste très difficile et le Finlandais n'a probablement pas grand-chose à se reprocher. Mais, à partir de là, il était presque écrit qu'il ne s'en remettrait pas.

Si cette deuxième place, à 6"5 de Lewis Hamilton, lui fait perdre la tête du championnat du monde elle aussi le rapproche d'une prolongation de contrat en 2020.

Le consigné : Charles Leclerc (Ferrari)

Il a taxé Sebastian Vettel au départ pour la première fois mais il n'avait pas de réserve de performance. Il n'a pu hausser le rythme pour garder le contact avec les Mercedes quand Ferrari l'a exhorté à le faire et le muret a sauté sur l'occasion pour le ranger derrière l'Allemand. Il a clairement été sacrifié ensuite - pourquoi avoir attendu le 23e tour pour l'arrêter ? - et son moral s'en est ressenti dans sa voix à la radio.

L'autre mauvaise nouvelle est qu'il est repassé derrière Vettel au championnat et que Ferrari va aussi pouvoir cet argument pour le confiner à un rôle de n°2...

Charles Leclerc (Ferrari) au Grand Prix de Chine 2019

Le performer : Kimi Räikkönen (Alfa Romeo)

Le Finlandais a avoué qu'il prenait désormais la Formule 1 pour un hobby mais qu'il ferait toujours de son mieux. Il tient sa parole avec cette neuvième place à seulement 8"6 de la septième place de Daniel Ricciardo (Renault). Il revenait sur même sur Sergio Pérez (Racing Point) et l'Australien quand il a commencé à sous-virer et perdre de la température dans ses pneus avant. Grâce à lui, Alfa Romeo pointe quatrième au championnat du monde des constructeurs, à égalité avec Renault.

L'attaquant : Max Verstappen (Red Bull)

Le Néerlandais est quand incroyable. Avec sa Red Bull à moteur Honda, il a trouvé le moyen d'attaquer la Ferrari de Sebastian Vettel juste après son premier arrêt. Et ce n'est qu'en croisant sa trajectoire et en le tassant un peu que l'Allemand s'en est sorti. Et Max n'a rien trouvé à redire. Aucune faute depuis le début de la saison. Peu à peu, il mûrit.

Le bonus : Daniel Ricciardo (Renault)

Bon d'accord, il est septième et il n'y a pas de quoi sauter au plafond. Mais "Banana Dan" a au moins lancé sa saison après deux abandons. Encore une ou deux courses pour se faire à sa RS19, et il passera à l'étape suivante, selon Alain Prost.

Le malus : Daniil Kvyat (Toro Rosso)

Il avait promis qu'il était devenu un autre pilote, enfin mûr. On a retrouvé la "torpille" russe, et les deux pilotes McLaren en ont fait les frais dès le premier tour. Déplorable.

La stat : 1

Premier tour en course pour Pierre Gasly (Red Bull). L'arbre qui cache la forêt tant le Français a du mal à rouler dans la même catégorie que Max Verstappen.

La déclaration : Lewis Hamilton (Mercedes)

"Ces trois doublés sont un peu trompeurs, estime tout de même Hamilton. Nos résultats sont un peu au-dessus de notre réel potentiel."

Lewis Hamilton (Mercedes) au Grand Prix de Chine 2019
0
0