GP Chine | Entre "dépression" et "humiliation", Ferrari est de retour sur terre

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Du jamais-vu dans la grande histoire de la Scuderia. Dimanche, les pilotes Ferrari Charles Leclerc et Lewis Hamilton ont été disqualifiés après l'arrivée du Grand Prix de Chine pour voitures non conformes, provoquant un véritable séisme dans le paddock. Si l'écurie italienne a assuré n'avoir voulu tirer "aucun avantage", l'épisode n'a pas vraiment plu de l'autre côté des Alpes.

"Ils sont pendus" : Ferrari, décryptage d'une double disqualification

Video credit: Eurosport

Si vous avez eu un dimanche difficile, alors laissez-nous vous parler de celui de John Elkann. Patron de Ferrari mais aussi de la Juventus Turin, le petit-fils de "l'Avvocato" Gianni Agnelli a tout d'abord vu ses deux pilotes Charles Leclerc et Lewis Hamilton être disqualifiés après l'arrivée du Grand Prix de Chine pour voitures non conformes. Une première en 75 ans d'histoire (nous y reviendrons). Puis, dans l'après-midi, le président du groupe Stellantis a vécu aux premières loges le licenciement de Thiago Motta, remercié après seulement neuf mois sur le banc de la Vieille Dame, ce qui coûtera au groupe EXOR (la société d'investissement de la famille Agnelli) une indemnité d'une bonne vingtaine de millions d'euros. Un choix toutefois assumé par le fils d'Alain Elkann et Margherita Agnelli, puisque c'est lui qui a donné le feu vert définitif à son départ. Face aux résultats catastrophiques des Bianconeri, il n'avait guère d'autres choix. Quand rien ne va...
À vrai dire, son week-end avait plutôt bien commencé avec la première victoire de Lewis Hamilton, dont il avait toujours rêvé l'arrivée à Maranello, avec la Rossa lors de la course sprint. Avant, donc, la désillusion lors de la "vraie" course le lendemain. Du paradis à l'enfer sans demi-mesure. Respectivement 5e et 6e, Leclerc et Hamilton ont donc subi chaque une disqualification pour deux motifs différents. Le premier a vu sa voiture peser 799kg lors du contrôle post-GP, soit un de moins que le minimum autorisé par la FIA. Quant au septuple champion du monde britannique, c'est l'épaisseur de la "planche" placée sous la voiture qui s'est montrée non conforme.
En Italie, c'est un grand sentiment de déception qui prédomine surtout au vu des attentes suscitées avant le début du millésime 2025. Si rien n'est encore compromis, cette double disqualification historique demeure toutefois très difficile à avaler. Il y aurait bien un précédent, puisque Michael Schumacher et Eddie Irvine avaient bien été disqualifiés lors du Grand Prix de Malaisie en 1999, là aussi pour des voitures nos conformes (en l’occurrence les déflecteurs latéraux). Mais ils avaient été réintégrés après avoir remporté leur appel. Ce qui ne sera pas le cas cette fois. Forcément, ça fait tâche quand on porte du rouge sur soi.
Pas les promesses attendues
Si la sélection de football a une bonne soixantaine de sélectionneurs en Italie, la Scuderia, elle, en a tout autant de pilotes. Alors autant dire que cette double humiliation n'a été appréciée par personne. Ni les tifosi, ni les observateurs. "C'est carton rouge. Aux points, elle est aujourd'hui la quatrième force du plateau, déplorait La Gazzetta dello Sport lundi, délivrant un triste 4/10 au rayon des notes. La différence de niveau entre la course sprint, les qualifications et le Grand Prix est difficile à comprendre. Ce n'était pas vraiment les promesses attendues." Comme si l'euphorie de la pré-saison, liée surtout à l'arrivée de Lewis Hamilton, s'était évaporée. "L'alerte rouge", a par exemple titré le quotidien La Stampa. Spécialiste de la F1, le journaliste Umberto Zapelloni s'est montré encore plus dur.
"Il n'y a pas de limites au pire, déplorait-il dans les colonnes d'Il Giornale. Pour la première fois de son histoire, Ferrari termine une course avec deux pilotes disqualifiés (...) Une erreur trop grave. Il y a quelques années (GP d'Europe 1999), pour beaucoup moins, Jean Todt avait présenté sa démission au président Di Montezemolo. Elle avait été repoussée. Frédéric Vasseur (le directeur d'équipe, ndlr) devrait faire pareil avec John Elkann, qui ferait bien de les repousser lui aussi. Mais c'est peut-être le bon moment pour revoir l'organisation, à peine retouchée par Vasseur, qui a encore des lacunes."
Ce mardi, la Gazzetta calcule des dépenses estimées à 5 milliards d'euros sur les quinze dernières années... pour ne rien gagner. "C'est un cauchemar (...) Ce résultat en Chine est un gros coup pour les ambitions de l'écurie", résumait le quotidien aux pages roses. Et c'est encore et surtout le pire début de saison depuis l'introduction du nouveau système de points en 2010. Pour retrouver deux pilotes Ferrari avec un butin aussi maigre après deux courses, il faut remonter à 2020 et le duo Vettel-Leclerc (19pts).

Ferrari promet d'apprendre de ses "erreurs"

Face aux critiques et au vent contraire, la Scuderia a promis qu'elle ne commettra plus d'erreurs aussi grossières. "Charles était sur une stratégie à un arrêt, explique Ferrari dans un communiqué. Cela signifie que l’usure pneumatique était trop importante ce qui a provoqué que la voiture soit en dessous du poids minimal autorisé. Concernant Lewis, nous avons mal évalué l’usure des patins par une petite marge. Il n’y avait aucune intention de gagner un quelconque avantage. Nous allons apprendre de ce qui s’est passé et nous assurer de ne pas refaire les mêmes erreurs".
Pas vraiment de quoi rassurer le peuple rouge, qui attend un titre depuis deux décennies. "C'est la dépression rouge", résumait Il Messaggero après ce retour sur terre assez brutal entre la course sprint remportée et le GP saccagé. Tout en rappelant le contact initial entre Leclerc et Hamilton, qui a coûté un morceau d'aileron au premier, et des déclarations pas vraiment rassurantes après la course.
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"C'est un désastre, une humiliation, poursuivait le quotidien romain. Vasseur doit intervenir. Fêter les 1.100 Grands Prix avec une double exclusion... Pour l'image de la plus vieille écurie, la plus glorieuse et la plus gagnante, c'est un sale coup capable d'égratigner l'énorme blason. Une donnée qui ne passera pas inaperçue dans les hautes sphères de Ferrari. C'est vrai que cela peut arriver. Mais pas en même temps et dans la même course."
Bilan des courses : Hamilton et Leclerc ont chuté au classement des pilotes, tout comme Ferrari à celui des constructeurs. Le Britannique est désormais 9e avec 9 points et le Monégasque 10e avec 8 points. Et la Scuderia n'est plus que 5e au classement des constructeurs avec 17 points. Une catastrophe après seulement deux courses. "Mais rien n'est encore perdu", tempérait-on toutefois dans la presse transalpine lundi. À condition de bien vérifier, la prochaine fois, le poids de la voiture et l'épaisseur de la planche placée sous la SF-25. Qui sait, cela pourrait toujours servir.
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