La note : 1/5

Le circuit n'est pas en cause. Il n'est pas une création formatée d'Hermann Tilke et les pilotes le jugent technique. Il exige une bonne combinaison de qualités venant de la voiture. Le Castellet ressemble même à un circuit témoin puisqu'on a retrouvé la hiérarchie de cette saison avec Mercedes dans une classe à part, et Ferrari un cran devant Red Bull. En conséquence, les pilotes de ces marques ont été incapables de s'attaquer, et la stratégie à un arrêt n'a encore rien arrangé. Et 32 dépassements (dont 18 au DRS), c'est un total en baisse par rapport aux 48 de l'an passé.
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Le vainqueur : Lewis Hamilton (Mercedes)

Sa collection de meilleurs tours (il en avait déjà 18 après 30 tours) a montré qu'il avait de la marge. Il aurait pu pousser ses "medium" plus loin mais la prudence l'incitait à couvrir le risque de neutralisation. Dommage qu'il ait été privé du meilleur chrono par un Sebastian Vettel (Ferrari) qui courait après le point de bonus. Autrement, il nous faisait la totale, un Grand Chelem dans le langage de la Formule 1. LH44 a contrôlé, bouclé les 53 tours en tête, et seule l'irruption de cloques sur ses gommes au contact d'une piste surchauffée l'a calmé à l'entame du dernier tiers de la course.
Au championnat, sa quatrième consécutive lui donne 36 points d'avance sur son coéquipier, Valtteri Bottas.

Le mal payé : Lando Norris (McLaren)

Le président Zak Brown avait récemment fermé la porte à un retour de Fernando Alonso au poste de titulaire en 2019. Dans la foulée, le directeur d'équipe Andreas Seidl avait signifié à l'Espagnol que Woking ne l'utiliserait plus en tests d'ici la fin de l'année. La raison est simple à deviner : Lando Norris, issu du vivier McLaren, fait un début de carrière prometteur. Qualifié cinquième pour son huitième Grand Prix en catégorie reine, le natif de Bristol a encore fait une course solide au Castellet. La septième place se profilait lorsqu'une panne hydraulique l'a privé de différentiel, puis progressivement de sa boîte de vitesses. Il a résisté héroïquement à Daniel Ricciardo (Renault) en élargissant ses trajectoires pour éviter de glisser et a finalement poussé l'Australien à la faute à la chicane. Arrivé dixième dans ces conditions, il a été promu neuvième.

L'attaquant désespéré : Daniel Ricciardo (Renault)

En s'abstenant, il aurait fini huitième. Mais on lui en aurait voulu de ne pas avoir tenté quelque chose sur une McLaren affaiblie, devant le public français. L'Australien a laissé parler sa nature d'attaquant, et les difficultés qu'il a à contrôler sa Renault depuis son arrivée l'ont rattrapé. Les deux pénalités de cinq secondes sont justifiées mais quatre places perdues, c'est cher payé.

Le déboussolé : Pierre Gasly (Red Bull)

17 tours en "tendre" pour son premier relais, c'était à peine imaginable. Ça partait bien mais malheureusement, ce fut sa meilleure partie de course car la suite en "medium" n'a pas été à la hauteur de ce que les McLaren, les Renault ou même l'Alfa Romeo de Kimi Räikkönen étaient capables de faire. Le Normand est sorti assommé de son épreuve nationale, incapable de comprendre en quoi ses réglages étaient mauvais : "J'ai eu de la peine à obtenir de l'adhérence y compris pendant les qualifications et cela a été la même chose pendant la course. Pour l'instant, je n'ai pas d'explications."
Finalement dixième à un tour, à plus d'une minute de son leader Max Verstappen, c'est un vrai problème pour son avenir. La cote d'alerte est atteinte et la pression ne va faire qu'augmenter. Il va falloir guetter les déclarations d'Helmut Marko et se blinder avant le Grand Prix de l'équipe à domicile.

Le bonus : L'hommage à Jackie Stewart

Le champion du monde 1969, 1971 et 1973 a eu 80 ans le 11 juin. C'est sûrement judicieux que la Formule 1 ait tiré son chapeau (ou plutôt sa casquette) à ce pilote qui a tant fait pour son sport et qui incarne une époque où la course avait un caractère plus authentique.

Le malus : Lewis Hamilton (Mercedes)

LH44 a été l'un des rares pilotes à ne pas mettre la casquette au tartan bleu et on n'a pas compris.

La stat : 10

Mercedes reste sur 10 victoires depuis le Grand Prix du Brésil 2018. Une séquence qui égale ses deux séries précédentes (Japon 2015 - Russie 2016, Monaco 2016 - Singapour 2016). La marque allemande n'est plus qu'à une unité du record de McLaren datant de 1988 avec Ayrton Senna et Alain Prost.

La déclaration : Romain Grosjean (Haas)

J'ai tiré le maximum de la voiture mais cela ne suffisait pas. Même si l'équilibre était plutôt bon nous étions juste trop lents. Il faut revenir en arrière et tout analyser et essayer de comprendre. Nous sommes vraiment à la peine. C'est dur d'abandonner devant son public mais cela nous a permis d'économiser des pièces. Nous étions loin des points de toute façon et je pense que c'était la bonne décision.
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