La note : 3/5

A trois tours près, c'était 2/5. Jusqu'à la crevaison de Valtteri Bottas (Mercedes), cette manche ressemblait au pire de ce que Silverstone a pu nous offrir par le passé. L'incident survenue sur la W11 de Lewis Hamilton a fait entrer cette course dans les dénouement les plus mémorables.

Grand Prix de Grande-Bretagne
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02/08/2020 À 16:36

Le film de la course

Le vainqueur : Lewis Hamilton (Mercedes)

Le Britannique a établi pas moins de neuf meilleurs tours pour tenir Valtteri Bottas hors zone DRS, et dans le contexte connu dès vendredi d'une surchauffe - donc usure - problématique des pneus, il a pris un énorme risque. En réalité, il a mieux géré ses gommes et l'a fait payé en quelques sorte à son coéquipier.

Si on veut voir le mauvais côté des choses, on peut avancer qu'il est passé à côté de la suprême récompense d'un Grand chelem, puisqu'il avait tout pour y parvenir (pole position, victoire, leadership intégral) quand Mercedes lui a interdit de tenter de battre le meilleur tour. Il a pris l'avertissement au sérieux en baissant immédiatement sa cadence de 2"5 avant sa crevaison, qu'il soupçonne d'être dû à un débris.

Avec cette septième à Silverstone, il s'empare seul du record de victoires dans un Grand Prix national.

Au championnat, il a fait le break, avec 30 points d'avance sur Valtteri Bottas et 36 sur Max Verstappen (Red Bull).

Le performer : Charles Leclerc (Ferrari)

Après la déception du Grand Prix de Hongrie (11e), le Monégasque ne songeait pas au podium, même après sa quatrième place en qualification. La Scuderia a enfin tout fait correctement en termes de choix de pneus (des "medium" au départ) et la SF1000 était parfaitement configurée en aéro pour rester dans une fenêtre d'exploitation optimale. Résultat : une monoplace "très sympa à piloter".

Le battu : Lance Stroll (Racing Point)

Le genre de course qui montre tout ce qui sépare encore le Canadien d'un grand pilote. Il a perdu deux places au départ et ne les a jamais revues. Il a beaucoup subi et a fini par voir le drapeau de la conduite antisportive pour sa défense contre Esteban Ocon (Renault).

Le malchanceux : Valtteri Bottas (Mercedes)

Le pire timing : il venait de passer l'entrée de la pitlane quand il a crevé. Un tour complet avant de rentrer, et mourir à la porte des points, dans l'aileron arrière de la Ferrari de Vettel.

Le désemparé : Sebastian Vettel (Ferrari)

Il s'est battu pendant trois jours pour rester sur une portion de bitume. Sur l'origine du problème, il hésite entre lui et la voiture et Ferrari va s'efforcer de chercher dans les data... Plus grave, sa confiance est détruite, ce qui n'est jamais bon quand on pratique un métier à 300km/h.

Le bonus : Renault

Le Losange en a enfin eu pour son argent avec le pilote australien (P4). Son meilleur résultat égalé, et peut-être sa plus belle course depuis son arrivée à Enstone. Deux places gagnées au départ, dont une sur Norris qu'il a encore passé à la fin. Pour Esteban Ocon (P6) aussi, un bon départ - son premier de la saison sans perdre de place - a tout changé. Les crevaisons de Bottas et Sainz l'ont aidé et malgré quelques hésitations encore dans le combat rapproché, il a fait plier Lance Stroll (Racing Point).

20 points et un patron content mais lucide. "Le tracé de Silverstone confirme les forces et les faiblesses de notre monoplace, a résumé Cyril Abiteboul. Nous devons notamment continuer à travailler sur les virages rapides comme il s’agit de notre point faible par rapport à nos rivaux directs. Nous avons progressé, mais nous ne devons pas perdre de vue ni nos concurrents directs ni le niveau de compétitivité de Mercedes en toutes circonstances."

Daniel Ricciardo (Renault) au Grand Prix de Grande-Bretagne 2020

Crédit: Getty Images

Le malus : Le faux-départ de Nico Hülkenberg (Racing Point)

Un embrayage l'a privé d'un retour reporté à ce week-end pour le Grand Prix du 70e anniversaire car Sergio Pérez (Racing Point) va être astreint à un isolement de dix jours.

Le chiffre : 7

Pour la septième fois de suite, le poleman a gagné. Une série que l'on n'avait plus vu depuis la séquence Spa 2000 (Mika Häkkinen) - Sepang 2001 (Michael Schumacher).

La déclaration : Romain Grosjean (Haas)

"Ce résultat est décevant car j'ai conduit à la limite du début à la fin. Je me suis retrouvé un moment 5e derrière la voiture de sécurité et je me suis dit 'c'est comme pendant les beaux jours' (ndlr : chez Lotus en 2012 et 2013). J'étais heureux de ne pas m'arrêter car nous devons essayer ce genre de choses avec notre voiture, comme nous l'avions fait en Hongrie. Je ne pense pas que les choses vont beaucoup changer la semaine prochaine et l'ordre va rester le même, mais il y aura peut-être un peu plus d'usure des pneus et donc une stratégie à deux arrêts, ce que je préfère car un arrêt c'est un peu ennuyeux".

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