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Grand Prix de Grande-Bretagne

Hamilton : "Ça peut paraître surprenant mais j'étais plutôt tranquille dans le dernier tour"

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Lewis Hamilton (Mercedes) au Grand Prix de Grande-Bretagne 2020

Crédit: Getty Images

ParStéphane Vrignaud
02/08/2020 à 16:36 | Mis à jour 02/08/2020 à 19:39
@ThePiranhaClub

GRAND PRIX DE GRANDE-BRETAGNE - Lewis Hamilton (Mercedes) n'a pas vraiment vu venir sa crevaison du dernier tour, dimanche à Silverstone. Et il n'a pas non plus paniqué au moment de finir sur trois roues.

Dimanche à Silverstone, Lewis Hamilton a fait un dernier demi-tour de piste avec une roue crevée pour mériter sa septième victoire dans son Grand Prix national, un nouveau record dans le genre. Certains verront dans cette issue le seul fait de la chance, d'autres un simple retour des choses.

Le film de la course

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En 2013, le nouveau pilote de Mercedes roulait en tête du Grand Prix de Grande Bretagne lorsque sa Flèche d'argent avait été frappée par l'une des nombreuses crevaisons qui avait affectées le peloton. Pirelli, déjà le fournisseur à l'époque, avait chargé les équipes victimes de toutes les malfaçons et il y avait du vrai là-dedans : inversion du pneu arrière gauche avec l'arrière droit, pression trop faible, carrossage excessif et passages sur les vibreurs.

Vendredi, la température élevée de la piste (50°C) avait affolé les cohortes d'ingénieurs dans la pit lane et les pilotes au volant. Le manque de grip dans les virages avait conduit à une surchauffe des gommes sur toutes les monoplaces, et donc une dégradation accélérée. Si samedi avait marqué un retour à la normale (31°C), dimanche avait placé le mercure dans une zone intermédiaire, finalement dangereuse (38°C).

Vendredi, on s'était montré conscient de l'enjeu technique chez Mercedes. "Nous allons probablement en conclure que nous n'avons pas aussi bien adapté la voiture à la forte chaleur que d'autres, avait expliqué Andrew Shovlin, l'ingénieur en chef. Les pilotes sentaient que les pneus surchauffaient et que ça rendait la voiture difficile par moments, avec ou sans le plein. Il faut prendre une décision équilibrée car on s'attend à des températures plus fraiches samedi et il ne faut pas surréagir. Cette voiture est compétitive quand on la mène dans la bonne fenêtre d'exploitation."

Si la journée de samedi avait effectivement dissipé les craintes quant à l'usure des Pirelli, Mercedes avait mis les difficultés de tenue de route des pilotes sur un autre facteur. "Le vent a un gros effet sur l'équilibre de la voiture dès qu'on commence à glisser, la température des pneus augmente, et on perd du grip", avait insisté Andrew Shovlin.

Hamilton n'a pas éveillé de soupçon chez Verstappen

Dimanche, le risque était réel et l'inquiétude a commencé à poindre plus tard que vendredi ; après 40 tours - sur les 52 au programme - précisément, lorsque l'on a entendu Valtteri Bottas rapporter des vibrations à la radio, puis Carlos Sainz (McLaren). Des cloques étaient en train de dégénérer en découpant une large bande sur les pneus de la W11 n°77.

Pour le Finlandais, la sanction est tombée au 50e tour. Mercedes ordonna alors à son coéquipier de se dispenser de tenter de battre le meilleur tour en course. Dans la boucle suivante, c'était au tour de l'Espagnol de l'écurie de Woking de finir son 51e tour au ralenti, sur trois roues. Puis au 52e et dernier, celui de Lewis Hamilton. Ce qui fut une surprise car ses gommes ne paraissaient pas à l'agonie. Dans le cas contraire, Max Verstappen (Red Bull) ne serait peut-être pas rentré pour changer d'enveloppes afin de chasser le point du meilleur tour. Et il aurait évidemment rattrapé sans difficulté la voiture leader.

"Normalement, ce type de pneus ("dur") a une bonne résistance et nous pensions pouvoir terminer avec. Jusqu'à ce dernier tour, tout se passait bien au niveau de la gestion des pneus, a expliqué Lewis Hamilton. Valtteri m'a vraiment poussé dans mes retranchements. Quand j'ai entendu que son pneu avait crevé, j'ai regardé les miens. Tout avait l'air d'aller : la voiture continuait de tourner sans problème. J'ai quand même relâché mon rythme mais en voyant la forme de mon pneu (avant gauche) changer, ça m'a choqué."

Hamilton soupçonne un débris

Pas confortable de finir sur trois roues. "A la fin, j'essayais de ne plus taper dans les freins et de ramener la voiture comme ça, a-t-il précisé. J'essayais de garder de la vitesse. J'avais peur de casser l'aileron car je voulais réussir à tourner. Ça peut vous paraître surprenant mais j'étais plutôt tranquille dans le dernier tour : mon ingénieur (Peter Bonington) m'informait de mon avance avec la voiture suivante. J'ai bien réussi à négocier l'enchaînement Becketts-Maggots-Chapel. Je savais que l'écart se réduisait. Et puis, j'ai pu tourner dans les deux derniers virages. Je n'avais jamais vécu une situation pareille. Mon cœur s'est presque arrêté..."

"En Formule Renault, une suspension avait cassé et j'avais fini sur trois roues, a encore précisé l'Anglais, au micro de Canal+. Mais là, je pouvais tourner. Ce fut certainement le tour le plus compliqué de ma carrière. A chaque fois que j'accélérais, j'avais peur que le pneu explose. Ça ne tournait pas très bien dans les virages à droite."

Tout cela ne serait peut-être pas arrivé si les pilotes de Mercedes ne s'étaient livré une farouche bataille en tête. Depuis le départ, Lewis Hamilton n'a jamais été tranquille. Preuve de sa détermination, il a établi le meilleur tour dès le restart du sixième passage, à la fin d'une première période de voiture de sécurité suite à l'accident de Kevin Magnussen (Haas), heurté par Alexander Albon (Red Bull) dans le premier passage. Lewis Hamilton a sans cesse attaqué pour maintenir son avance au-delà de la seconde, histoire de tenir son coéquipier hors de sa zone DRS. Et il a recommencé à partir du 19e tour, après six tours de régime de voiture de sécurité, après le crash de Daniil Kvyat (AlphaTauri). En fait, ce fut une surenchère : Hamilton a battu neuf fois le meilleur chrono en course, et Bottas lui a répondu cinq fois.

C'est finalement tout à l'honneur de Mercedes d'avoir voulu offrir ce spectacle sans abréger les débats, mais si la crevaison de Valtteri Bottas relève de toute évidence d'une usure excessive, celle de Lewis Hamilton est sujette à caution. "Je reste convaincu que mes pneus pouvaient encore pas mal durer, a précisé le Britannique, persuadé de ne pas avoir poussé ses pneus à bout. Dans ce cas, l'hypothèse d'une cause extérieure est plausible, vu les dégâts laissés par les accidents de Kevin Magnussen (Haas), Daniil Kvyat (AlphaTauri) et Kimi Räikkönen (Alfa Romeo). "Il sera intéressant de voir ce qu'il en ressort, car on peut voir des tendances en termes de défaillance. Mais je suis convaincu que c'est probablement un débris", a maintenu Lewis Hamilton.

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