Le compte à rebours est lancé. Lewis Hamilton n'a plus que cinq victoires à conquérir en Formule 1 pour égaler le fabuleux record de Michael Schumacher (91). Ce qu'il a encore produit dimanche ne laisse aucun doute sur le fait qu'il y parviendra cette saison, en dépit d'un calendrier rétréci par la crise sanitaire. Avec dans le viseur un septième titre, qui ferait aussi de lui l'égal statistique de l'Allemand, le Britannique poursuit sa moisson de records à tous les niveaux.

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Dimanche, il a donc triomphé pour la huitième fois sur le Hungaroring, rejoignant l'as de Benetton et Ferrari au rang des serial-winners sur un même circuit. Pour le "Baron rouge", c'était Magny-Cours. Toutefois, sans l'annulation du Grand Prix du Canada, #LH44 aurait déjà peut-être déjà huit succès à son palmarès à Montréal. Tout comme il aurait peut-être aussi neuf pole positions à Melbourne, plus que les huit positions de pointe d'Ayrton Senna à Imola et de "Schumi" à Suzuka si le Grand Prix d'Australie n'avait été le premier des dominos de 2020 à tomber.

"Cette course fait partie de mes préférées, et même si je me suis senti un peu seul la majorité du temps, c'était un challenge très particulier et j'ai tout le temps attaqué, spécialement pour faire le meilleur tour, a-t-il raconté. J'adresse un grand merci à tout le monde à Brackley et à Brixworth : ils font un travail si fantastique pour développer et progresser cette année, et cette équipe continue de m'étonner, tout simplement ! J'adore travailler avec elle et je lui suis reconnaissant de pouvoir performer sur des week-ends comme celui-là."

Les erreurs de Vettel, Verstappen, Bottas

Dans cette Formule 1 moderne, où chaque source d'erreur est vue comme une insupportable preuve d'imperfection, le pilote de la W11 a fait son job impeccablement sur une piste piégeuse car humide au départ, et son équipe le reste. Elle l'a appelé au stand juste quand il le fallait pour troquer ses "intermédiaire" contre des "medium" neufs au 4e des 70 tours, puis reprendre un set de ces même enveloppes à flancs jaunes rodés au 38e passage. "Nous avions un super rythme, des pit stops brillants, une stratégie fantastique et puis j'ai géré les 'mediums' pendant un long, long moment", a effectivement raconté Lewis Hamilton.

Elle l'a aussi mis en garde contre le spectre d'une usure excessive du pneu avant gauche. C'est depuis toujours un facteur limitant sur le circuit de Mogyorod et il avait bien ça en tête. Dans le cockpit de la meilleure Mercedes de l'ère moderne, il était de toute façon moins exposé qu'un garçon comme Sebastian Vettel dans sa Ferrari laborieuse, reléguée à un tour. Mais c'est sans doute une question de privilège qui se mérite.

Pendant trois jours, Lewis Hamilton n'a commis aucun impair en piste, quand son rival Max Verstappen flanquait sa Red Bull dans un mur de protection lors de la mise en prégrille, à 25 minutes du départ.

Départ parfait

Mais à matériel égal aussi, il a aussi fait mieux sur le tourniquet magyar qui ne pardonne rien. Lors de son ultime tour de qualification, samedi, il a fait la différence dans les tous derniers mètres par rapport à son voisin de stand finlandais. Andrew Shovlin l'a vu à la télémétrie. "Rien ne les séparait réellement dans le dernier virage à la corde, mais Lewis a fait une meilleure sortie, ce qui s'est avéré suffisant pour le placer en pole position", a révélé l'ingénieur en chef. Ce qui a fait dire à Hamilton que "des tours comme ça requièrent la perfection absolue".

On a l'habitude de dire que la différence se fait sur des détails et Lewis Hamilton a le pouvoir de les rendre visibles aux yeux de tous, de façon régulière. Il n'a plus raté un départ de la pole position depuis Melbourne 2019, et dimanche, on l'a vu se placer hors d'atteinte au coup d'envoi quand Bottas perdait quatre places lors d'un décollage poussif. A Spielberg, sept jours plus tôt, Lewis Hamilton s'était aussi acheté de la tranquillité d'entrée, loin devant un Max Verstappen (Red Bull) occupé à repousser les assauts de Carlos Sainz (McLaren).

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Un point-bonus qui pourrait compter

Et puis, comme il n'avait pas eu l'opportunité de chasser le point du meilleur tour au Grand Prix de Styrie - Max Verstappen et Carlos Sainz se l'étaient disputé avec un succès final de l'Espagnol - il en a saisi en saisi l'opportunité vu l'avance dont il disposait. Non sans faire un peu peur à son équipe - son patron Toto Wolff déteste l'exercice - car il avait 22 secondes d'avance sur le Néerlandais de Red Bull lorsqu'il s'est décidé. Ce qui a fait croire à ses mécaniciens qu'il arrivait au stand. Mais ils les a gardés d'une telle pression et a attendu d'avoir 26 secondes de sécurité pour passer rendre une dernière visite à son équipe.

Le 67e tour venait de débuter. Il en restait trois. Lewis Hamilton a amélioré le meilleur tour au cours du 68e passage et, surtout, du 70e et dernier, ce qui lui a valu les félicitations de son ingénieur de course, Peter Bonington, qui l'a rejoint sur le podium. "C'est dans la poche Lewis ! Une Masters class absolue camarade ! Quel effort !" lui a-t-il crié dans les écouteurs. Celui-ci n'a pas atteint les sommets de celui réalisé en pneus usés à Silverstone l'an dernier, mais il restera à coup sûr un haut fait dans cette saison qui ne fait que commencer.

En vérité, le principal intéressé voyait déjà loin. "J'ai vu des championnats se jouer pour un point par le passé (ndlr : 2e pour un point en 2007, champion pour un point en 2008), je sais combien ça peut être important, a-t-il rappelé. On ne sait pas si la voiture va rester fiable, ni même combien de courses nous disputerons, donc il me semblait nécessaire d'essayer de prendre ce point."

"Tout s'est déroulé sans accroc ce week-end, nous devons continuer comme ça, a-t-il réclamé. Je suis maintenant impatient de courir à Silverstone, même si l'énergie des fans me manquera. Mais je sais qu'ils me regarderont à la maison." Le bain de foule - porté en triomphe - qu'il s'accorde après chaque victoire sur ses terres lui manquera peut-être aussi.

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