Charles Leclerc était déjà parti deux fois de la pole position cette année, et il avait à chaque fois transformé son avantage en victoire. Sur l'ensemble des courses de Sakhir et Melbourne, il avait même mené 113 tours sur les 115 possibles. Auteur d'un départ impeccable, dimanche à Miami Gardens, il se voyait sans doute lancé pour une nouvelle chevauchée solitaire. Mais le scenario de la cinquième manche du Mondial 2022 a vite pris une tournure défavorable pour lui et la Scuderia Ferrari.
Le film de la course
A ses côtés en première ligne, son coéquipier Carlos Sainz devait le protéger de Max Verstappen (Red Bull), du moins retarder l'échéance du retour sur ses talons du champion du monde en titre. Il n'en a rien été. Au premier freinage, l'Espagnol a manqué d'agressivité et le Néerlandais l'a passé à l'extérieur pour se lancer illico aux trousses de la F1 75 du leader.
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Au fil des passages, on a compris que la cause du Monégasque était vaine. La Ferrari n°16 n'avait pas les atouts pour lutter contre la machine autrichienne et c'est assez logiquement qu'il s'est incliné au 9e des 57 tours que comptait cette première épreuve en Floride, donnée devant 82.000 spectateurs enthousiastes et un parterre de stars.

Une F1 75 "tellement difficile à piloter"

"Charlot" a alors inexorablement décroché derrière la RB18 n°1. Au 10e tour, il n'était déjà plus dans la seconde nécessaire pour s'accrocher à coup de DRS, et au 12e passage, il a perdu le contact pour de bon sur un long freinage raté au virage n°17. Les architectes du circuit, qui avaient voulu faire de leur tracé un "générateur d'erreurs", venaient de tuer le suspense presque pour de bon. Avec 2"4 de retard sur la machine bleu marine, où tout était sous contrôle à bord, le natif de la Principauté n'avait quasiment plus aucune chance de revoir de près son adversaire.
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"La voiture est tellement difficile à piloter", a-t-il soupiré au 24e tour. Sa seule petite marge de manœuvre était alors de rentrer au stand pour tenter de provoquer son adversaire. Ce qu'il a fait une boucle plus tard, sans mettre le stand Red Bull en panique. Prolongeant son run au risque de se faire piéger par une intervention de la voiture de sécurité, "Super Max" est passé parmi ses mécaniciens deux tours après lui, pour finir en gommes "dur".

Privé de DRS au moment le plus important

Avec 4"6 de débours, le petit prince n'avait plus qu'une chance de renverser la situation à travers une neutralisation, qui s'est présentée au 42e tour, suite à l'accident entre Pierre Gasly (AlphaTauri) et Lando Norris (McLaren). Elle a créé un nouvel espoir chez les Rouges. La "rossa" était meilleure en gommes "dur", c'est une certitude, mais pas suffisamment pour menacer réellement la Red Bull du Batave, à l'aise en traction en sortie de virage et en vitesse de pointe. Charles Leclerc a quand même joué crânement sa chance mais il n'a pas eu ce petit coup de pouce du DRS - pas encore autorisé après le restart - pour porter l'estocade. Et il a aussi hésité à s'engager plus au freinage du virage n°11 lors du 50e tour, ce qui restera son ultime regret.
"C'était une course difficile physiquement, a-t-il confié à chaud et pas encore totalement remis de ses émotions. Nous avons souffert avec les 'medium' lors du premier relais et nous avons été dépassés. Cela a rendu notre course plus difficile. Nous étions très compétitifs avec les 'dur', et nous avons cru pouvoir avoir Verstappen mais il avait un avantage en termes de rythme. J'espère qu'on va continuer à attaquer."

"Très honnêtement, ils étaient plus rapides"

Toujours leader du championnat du monde, mais avec plus que 19 points d'avance sur Verstappen, par ailleurs auteur du meilleur tour, le pilote de la Principauté est ensuite revenu plus en détails sur l'analyse de cette course au micro de Canal+. "On a pas mal de mal sur les 'medium', enfin sur les pneus plus tendres - 'medium' - 'tendre', a-t-il admis. Ça fait déjà deux courses qu'on a un peu plus de mal comparé à la Red Bull qui est un peu plus constante dans les virages lents."
"C'est très, très compliqué pour nous d'utiliser le pic du pneu dans les virages lents : un tour on l'a, un tour on perd énormément, a-t-il déploré . En parlant avec Carlos (Sainz, troisième), c'est quelque chose qu'on avait sur les deux voitures, donc il faut qu'on regarde car on perd pas mal de performance à cause de ça. Même en général, il faut qu'on amène des évolutions sur la voiture pour faire aussi une avancée de performance en course. En qualification, on n'est pas mal quand les pneus sont neufs, mais après, sur l'usure des pneus on n'est pas aussi bons que Red Bull."
Bien sûr, on ne peut s'empêcher de penser que sa déconvenue pneumatique du sprint d'Imola face à son rival pour le titre a pu influencer sa gestion de la course, mais il n'en a rien été. "J'étais prudent de base car je ne savais pas à quel point le grip était bon à l'intérieur (des virages), a-t-il expliqué. Aujourd'hui, bizarrement, il était beaucoup mieux que les jours d'avant donc j'ai été surpris. Quand je me suis mis à l'intérieur de Max (au 50e tour), j'aurais peut-être pu faire quelque chose de mieux mais je n'avais pas eu l'occasion d'essayer cette trajectoire avant. Ça ne nous a pas aidés que le DRS ne soit pas activé tout de suite, mais c'est comme ça. Très honnêtement, ils étaient plus rapides, comme ils l'étaient à Imola. Et encore une fois, il faut qu'on amène des améliorations rapidement."
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