Haas court à domicile ce week-end et continue de voler vers les succès les plus improbables. Mercredi, lors de la soirée promotionnelle au Hard Rock Stadium réunissant les 20 pilotes (sauf Fernando Alonso) du championnat du monde 2022 devant des milliers de fans, son directeur d'équipe, Günther Steiner a reçu plus d'applaudissements sur l'estrade que ses propres pilotes, Kevin Magnussen et Mick Schumacher. Tout simplement parce que la série "Drive To Survive" a fait de lui le troisième patron le plus populaire de la Formule 1, après Toto Wolff (Mercedes) et Christian Horner (Red Bull). Sans rien gagner mais en s'attirant la sympathie du public par sa franchise et ses bordés de jurons dans un milieu que d'aucuns jugeaient aseptisés.
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10/05/2022 À 15:42
Lors de la saison 1, en 2019, Nextlix l'avait filmé discrètement en train d'appeler Gene Haas, le propriétaire de l'équipe étasunienne, pour lui expliquer que son équipe de mécaniciens avait provoqué les abandons de Kevin Magnussen et Romain Grosjean, alors cinquième et sixième, en oubliant de serrer une roue de leurs voitures lors d'un pit stop. "On passe pour des branleurs", avait-il résumé. L'Italien à l'accent tyrolien était devenu un personnage central du nouveau feuilleton de la Formule 1 en gérant, le reste de la saison, des pilotes aussi indisciplinés que décevants. Dimanche, lors de la première parade des patrons d'équipes, nul doute qu'il devrait être encore acclamé.

Schumacher doit doubler le score de Haas

"C'est comme ça, qu'est-ce que j'y peux ? S'ils avaient de meilleurs résultats, ils seraient plus applaudis que moi", a-t-il soupiré. Imparable, péremptoire, Günther Steiner sait pertinemment que Kevin Magnussen a surpassé toutes ses attentes cette saison en compilant 15 points en quatre courses plus une course "sprint". Mais c'est son rôle d'en vouloir plus, et de faire comprendre aussi bien au Danois qu'à l'Allemand que c'est la VF22 qui surperforme. On en connaît la raison : une étude de projet assurée dans les locaux de Ferrari par du personnel détaché de la Scuderia, et une mutualisation maximale de pièces avec la machine rouge.
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Haas a pourtant fait mieux lors de sa deuxième année dans la cour des grands, en 2016, avec les 22 points amassés par Romain Grosjean en quatre courses. Etrangement, cette année 2022 replonge l'écurie de Gene Haas six ans en arrière, avec un leader et un second pilote sans point, qui tarde désespérément à prouver sa valeur. C'est à s'y méprendre, c'est comme si Esteban Gutiérrez s'était réincarné en Mick Schumacher et Günther Steiner insiste sur ce capital qui pourrait aujourd'hui être facilement le double. "Kevin a marqué dans toutes les courses sauf une, je pense donc que Mick va y arriver", a-t-il appelé de ses vœux, dans des propos à The Race.
Cependant, la situation n'est pas la même qu'en 2016, lorsque Haas s'était révélé incapable de suivre le rythme de développement - autant dire de dépenses - des autres équipes, en marquant seulement sept points supplémentaires le reste de la saison.
Cette année, le patron américain a tout intérêt à investir pour faire évoluer une voiture bien née, dans un contexte favorable comme jamais. Le budget des équipes est désormais capé et Ferrari a de la réserve à tous les niveaux. Et pas plus tard que ce week-end, les Haas reçoivent un nouveau V6 plus puissant grâce à des modifications de la chambre de combustion que Ferrari a fait passer auprès de la Fédération internationale de l'automobile sous couvert d'amélioration de la fiabilité…

Andretti, une entreprise tentaculaire

Là où Haas a surtout à y gagner, c'est dans la conquête de son propre public. Tombé au plus bas l'an dernier, l'équipe basée officiellement à Kannapolis - plus réellement à Banbury et à Maranello -, a l'occasion de devenir une sorte d'équipe nationale qui lui donnerait un formidable coup de fouet. C'est d'ailleurs bien l'ambition de Gene Haas lorsque Günther Steiner confirme : "Nous sommes une équipe absolument américaine. Nous avons une licence américaine, il n'y a pas beaucoup de sociétés plus américaines que Haas Automation (l'entreprise de machines-outils du patron fondateur) et Gene Haas."
Chacun le sait de toute façon chez Haas : il y a une place à prendre, 2022 est une opportunité extraordinaire et le temps presse. Car Andretti Autosport a clamé haut et fort son ambition de débarquer en championnat du monde en 2024, avec des moyens comme rarement une équipe indépendante en a eus. L'ancien pilote Michael Andretti, fils du champion du monde Mario Andretti, est prêt à reproduire le modèle de Haas, en collaboration avec McLaren pour la partie châssis, et Renault pour la partie moteur. Il a même proposé à Gene Haas de lui acheté son écurie pour accélérer son arrivée dans la catégorie reine. Plus il s'est heurté au refus de Sauber. Michael Andretti, connu en Formule 1 pour avoir été le coéquipier d'Ayrton Senna chez McLaren en 1993, ne devrait plus tarder à étaler au grand jour son business plan pour arriver en Formule 1 par la grande porte, espère-t-il. Quitte à payer rubis sur l'ongle 200 millions de dollars de droit d'entrée à l'ensemble des dix écuries déjà en place.
Et pour le reste, Michael Andretti a les idées claires et les dents longues, comme le prouvent ses engagements tous azimuts en Indycar, Indy Lights, Formule E, Extrême E. Son père Mario, le champion du monde de Formule 1 1978, affirme que l'usine Andretti sera située en Angleterre et que l'équipe aura des déclinaisons en Formule 2 et Formule 3 pour créer une pyramide des talents. Et au contraire de Haas, Andretti ressent le besoin d'avoir un pilote du cru, qui pourrait être l'espoir de l'Indycar Colton Herta, engagé dans un processus de formation avec l'écurie amie McLaren de Zak Brown. Haas est là et Andretti est sur le point d'arriver pour créer une émulation qui ne pourra qu'être profitable aux deux équipes. Qui d'ici là auront vu l'influence des Etats-Unis s'étendre au Grand Prix de Las Vegas en 2023.
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