Un tour qui a tout changé. Dimanche à Singapour, la discorde est arrivée chez Ferrari d'un scenario étonnant qui a propulsé Sebastian Vettel en vainqueur au 20e tour à la place de Charles Leclerc, parti de la pole position et jusque-là en tête.
Dans une équipe, il est d'usage de donner au pilote le mieux positionné la priorité pour s'arrêter au stand. Ce fut donc une surprise de voir l'Allemand s'engouffrer le premier dans la voie des stands, pour une tentative d'undercut gagnante. Abandonnant ses "tendre" usés pour des "dur" neufs, le quintuple champion du monde a créé une différence dès son retour à l'action qui lui a permis de s'envoler vers sa première victoire depuis Spa-Francorchamps 2018.
Rentré dès le tour suivant, le Monégasque a compris que le piège s'était refermé sur lui. Et que le tracé urbain de la cité-Etat ne lui permettrait pas de doubler son collègue. En dépit de trois interventions de la voiture de sécurité pour des accrochages ou abandons qui ont motivé autant de restarts gérés impeccablement par le pilote de la SF90 n°5.
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Un doublé mais pas d'effusion de joie : c'était froid entre Vettel et Leclerc après la course
22/09/2019 À 14:53
Avant de monter sur le podium, Charles Leclerc a dit juste ce qu'il fallait de sa frustration sans aggraver l'état d'une relation devenue glaciale.
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"Ce scenario-là, on ne l'avait pas du tout abordé"

"J'ai respecté tout ce qu'on m'avait dit, a-t-il exposé au micro de Canal+. Je devais ralentir au début et ensuite pousser, c'est ce que j'ai fait. Mais je ne m'attendais pas à l'undercut de Sebastian. Je ne sais pas comment ça s'est passé. Mais bon, en regardant le positif pour le team on fait 1 et 2 - donc ça c'est hyper important - mais c'est évident que je suis déçu pour moi."
Avant le troisième restart, le natif de Monte-Carlo a demandé l'autorisation d'utiliser plus de puissance pour pouvoir attaquer. Laurent Mekies, c'est inhabituel, a géré la crise en direct à la place de Jock Clear, l'ingénieur de course chevronné de la SF90 n°16. Le Français est directeur sportif. Il s'occupe de tous les aspects liés aux règlement sportif et technique, il représente l'équipe auprès de la FIA, mais n'a pas exactement le rôle d'arbitre.
Le manager lui a ordonné de "ramener la voiture à la maison"... En clair de ne pas attaquer Vettel. "Je ne comprends pas. Il faudra en discuter après la course. (...) Je pense que c'est injuste.... Je ne veux rien faire de stupide. Je veux juste qu'on finisse 1 et 2", a argumenté Leclerc depuis son cockpit.

Binotto : "Bien joué de la part de Seb"

"Je voulais juste faire comprendre que j'étais très mécontent dans la voiture, et que ce scenario-là, on ne l'avait pas du tout abordé pendant le meeting d'avant-course, a ajouté Charles Leclerc à l'arrivée. C'est donc toujours un peu frustrant, de la voiture, quand ça se passe comme ça. Je vais essayer de comprendre pourquoi on a fait comme ça. Je suis sûr que c'est pour le bien du team, et que ce n'était pas contre moi. C'est évident aussi, mais c'est toujours assez énervant quand on est dans la voiture", a-t-il conclu pour la chaîne cryptée.
"C'était un appel très tardif de la pit lane, a expliqué Sebastian Vettel au micro de l'interviewer de la FOM, David Coulthard. J'ai tout donné dans le tour de sortie parce que j'avais deux voitures devant moi qui n'avaient pas encore stoppé - dont Lewis -, et j'ai été très surpris de ressortir devant", a expliqué Sebastian Vettel.
"Bien joué de la part de Seb, il a mérité de gagner ! Nous avons dû le faire rentrer en premier pour protéger sa position parce que Max Verstappen était sur le point de passer au stand et que c'était la meilleure chance de Seb de doubler Hamilton, a justifié Mattia Binotto, le directeur d'équipe. Seb a été très rapide avec les nouveaux pneus dans cette partie de la course et a gagné la position pour être devant Charles, ce qui fait partie de la course.
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