Où est-il passé ? Lewis Hamilton (Mercedes) et l'enfer du samedi

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Lewis Hamilton a subi une nouvelle déconvenue à Bakou, semblables aux deux précédentes, à Zandvoort et à Monza. A chaque fois, c'est un scénario décadent dont le pilote Mercedes ne parvient à échapper après une première journée prometteuse. Pollué par des problèmes de mise en température de ses pneus, l'Anglais paraît même en perdre son pilotage. Puisque George Russell s'en sort souvent mieux.

Lewis Hamilton (Mercedes) au Grand Prix des Pays-Bas 2024

Crédit: Getty Images

Lewis Hamilton est ressorti fourbu de ce 17e rendez-vous de la saison, qui l'a affaibli à bien des égards. Affecté même, car son week-end à Bakou s'est déroulé en mode decrescendo, une nouvelle fois. Le break estival a brisé le regain inespéré de ses victoires à Silverstone et à Spa, l'a ramené à un quotidien laborieux.
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A la reprise, Zandvoort a donné le ton. "Le week-end se présentait bien jusque-là, en Q1 j'étais content de l'équilibre de la voiture. Malheureusement, j'ai eu plus de mal en Q2, et ça nous a glissé des mains, a-t-il déploré aux Pays-Bas. Je ne pouvais aller plus vite." Voilà, en résumé, l'histoire de cette transition du vendredi au samedi qui tourne mal depuis trois meetings. Le laisse spectateur de ses échecs et convoque le Lewis des mauvais jours, un brin parano, le dimanche.

La Théorie du complot

"Je n'ai pas fait un assez bon travail", avait-il lâché sur les bords de la mer du Nord, après sa sortie en Q2, avec le 12e temps. "Nous aurions pu être en 1re ligne, peut-être même en pole position. Malheureusement, je n'ai pas fait le boulot. J'ai perdu 0"1 à 0"15 dans les virages 1 et 2, et encore 0"1 dans le dernier virage. Il n'y a personne d'autre à blâmer que moi. La qualification a été l'une de mes faiblesses récemment, mais je vais continuer d'essayer de régler ça", avait-il assumé en Lombardie, suite à son 6e chrono.
Puis on a senti un tournant, le discours s'assombrir, la faute changer de camp… "Vendredi a été vraiment bon, la voiture a été très rapide dès le premier tour de piste. Mais les autres ont progressé et nous n'étions pas dans cette phase. Les gommes n’ont jamais fonctionné correctement…", a-t-il lancé, samedi à Bakou.
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A la radio, pendant la qualification, il a exhorté son équipe à mieux préparer ses pneus, c’est-à-dire à mieux les chauffer… Devant les micros, il est allé plus loin, ironique, s'étonnant que les pneus étaient toujours mieux préparés sur une voiture ; sous-entendu celle du garage voisin… Entre soupçons d'incompétence et théorie du complot... Du Hamilton bien parano comme tout pilote peut l'être parfois.

Obligé de piloter cette "chose"

Agacé par son septième temps, il savait surtout qu'il venait de se faire battre pour de bon cette année par son coéquipier, cinquième. Chez les gris, le bilan des duels 2024 sur le tour unique est devenu irréversible (13-4 en faveur de George Russell) puisqu'il ne reste que sept manches. Une première pour lui depuis 2014, lorsque Nico Rosberg l'a fait descendre de son piédestal…
Et le sujet, tabou, de revenir de façon plus insistante que jamais : Hamilton a-t-il perdu les qualités de sprinteur ? D'évidence oui, puisque lui-même reconnaît être moins bon que George Russell dans le money time. Et trop souvent auteur de petites fautes qui se paient cher au bout du compte. Est-ce grave ? De moins en moins pour Mercedes et plus tellement pour lui, au point où il en est.
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Singapour pas favorable à la W15

Mais samedi après-midi, le septuple champion du monde n'était pas au bout de ses peines … "J'ai compris que la course serait un désastre quand j'ai appris la décision hier soir", a-t-il lâché au micro de Sky Sports, à propos de son changement de moteur sanctionné par une place en fond de grille. Dans ce contexte, il est vite sorti sans surprise de sa course, s'en prenant aux pneus "pas bons", en surchauffe, puis à sa machine toute entière. "Voyez-vous comment je suis obligé de piloter cette chose ?", a-t-il lancé, au 29e tour.
En difficulté derrière les débutants Oliver Bearman (Haas) et Franco Colapinto (Williams), il a relaté l'un des "pires équilibres" auquel il n'ait eu à faire face. "Globalement, j'avais beaucoup trop d'avant et pas d'arrière", a-t-il rapporté ; confiant au passage qu'une pièce "mal assemblée" l'avait conduit dans une mauvaise direction de réglages samedi. Il n'en sait donc pas plus sur sa monoplace depuis Zandvoort, et il se rend ce week-end à Singapour lesté des mêmes interrogations. Que le circuit de la cité-état ne devrait pas lever. Russell l'a rappelé : Singapour "n'est pas le meilleur circuit" pour la W15. Un euphémisme qui annonce au moins deux jours difficiles, il faut le craindre.
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