GRAND PRIX DE STYRIE - Lewis Hamilton (Mercedes) : "Peut-être dépensent-ils plus d'argent que nous ?"

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GRAND PRIX DE STYRIE - Lewis Hamilton (Mercedes) s'est interrogé dimanche, après sa deuxième place, sur les raisons de la supériorité grandissante de Max Verstappen et Red Bull depuis quelques courses. Selon le Britannique, l'écurie autrichienne continue d'investir dans le développement alors que son team l'a stoppé. Ce que son patron Toto Wolff, qui pense à 2022, a confirmé.

Lewis Hamilton (Mercedes) au Grand Prix de Styrie 2021

Crédit: Getty Images

La défaite est historique. Jamais sous l'ère hybride, qui avait marqué le début de son hégémonie en 2014, Mercedes n'avait couru quatre courses de suite sans gagner. Dimanche à Spielberg, Lewis Hamilton a subi encore une fois la loi de Max Verstappen et de sa Red Bull. Incapable de rivaliser sur le tour unique samedi, le Britannique a encaissé un revers sur 71 tours, bien plus inquiétant qu'au Castellet où il avait au moins mené, longuement même.
Au terme de cette purge que fut le Grand Prix de Styrie, sans intérêt du moins pour lui, le constant est sans appel. Pire, il confirme ses prédictions au soir du Grand Prix de France : la W12 souffre dans les lignes droites et le Red Bull Ring n'est pas faite pour elle. Malheureusement, ce n'est pas fini : le circuit propriété du milliardaire Dietrich Mateschitz accueillera une second épreuve nommée Grand Prix d'Autriche la semaine prochaine. Au moins peut-il se dire que le coup n'était pas prémédité. Red Bull a imposé une seconde épreuve sur ses terres lorsqu'il le Grand Prix du Canada, puis celui de Turquie, sont tombé à l'eau. En mai dernier, la supériorité de la Red Bull en Vmax n'avait rien d'évident.

"J'essaie de ne pas m'en inquiéter"

Lewis Hamilton aurait dû finir à une dizaine de secondes du Néerlandais, mais un second arrêt, dans l'avant dernier boucler, lui a permis d'aller chercher le point du meilleur tour en mode limitation des dégâts. Pour le reste, les motifs de satisfaction ne sont pas nombreux…
"Ce fut un peu une course en solitaire pour moi, a-t-il raconté à Mark Webber lors de l'interview d'avant podium. J'ai essayé de rester avec lui, mais vu sa vitesse - ils ont fait de gros progrès lors des deux ou trois dernière courses - c'était impossible. Je ne sais pas où nous perdons de la vitesse mais je pense qu'ils sont un peu meilleurs sur les longs relais. Nous perdons beaucoup dans les lignes droites."
Dix-huit point de retard sur le Batave au championnat du monde, ça commence à faire. C'est même d'une ampleur inédite depuis les 19 longueurs que comptaient sur lui son coéquipier Nico Roberg chez Mercedes au soir du Grand Prix du Mexique 2016.
"J'essaie de ne pas m'en inquiéter, ils sont juste trop rapides, a-t-il confié. Je dois faire le meilleur boulot possible chaque week-end et nous devons trouver de la performance. Nous avons besoin de nouvelles pièces ou d'un truc du genre. Nous devons trouver de la performance quelque part…"
"Faire le meilleur boulot possible" est devenu un vrai challenge pour lui, qui se met dans le rouge de plus en plus régulièrement. Coupable d'une fausse manipulation sur un bouton de son volant à Bakou, il s'était désuni samedi en Q3, à vouloir multiplier les tentatives contre le chrono pour sortir le tour qui tue.
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Lewis Hamilton (Mercedes), Helmut Marko, Max Verstappen (Red Bull) et Valtteri Bottas (Mercedes) au Grand Prix de Styrie 2021

Crédit: Getty Images

Que faire des 133 millions ?

"Ils étaient 0"3 à 0"4 plus rapides, a ensuite détaillé le champion britannique sur Sky Sports. Leur vitesse était incroyable. Je ne pouvais rien faire. Je ne sais pas où ils ont trouvé cette vitesse. Je pense partout, mais surtout dans les lignes droites. Ils ont sûrement fait de grands pas ces dernières courses."
"Nous n'avons pas apporté de nouveautés. Je ne me rappelle même pas la dernière fois que nous avons réalisé des améliorations, a-t-il regretté. Eux si. Ils ont amélioré le moteur et aussi certaines parties de leur package. C'est ce qui leur permet de rester devant. A ce rythme, nous ne pas faire plus. Nous devons continuer de pousser, et je suis confiant quant au fait que nous allons trouver quelque chose." De l'auto-persuasion, pour le moins.
"Peut-être dépensent-ils plus d'argent que nous ?, s'est-il interrogé. Peut-être en mettons-nous plus sur 2022, je ne sais pas. Le budget, ce n'est pas mon affaire."
C'est vrai que la répartition des budgets est un casse-tête. Le budget capé, entré en vigueur cette année par la volonté unanime des teams face à la crise, oblige chaque équipe à ne pas dépenser plus de 133 millions d'euros. Et quand on mène deux projets techniques à la fois, ce n'est pas facile de positionner correctement le curseur pour continuer de jouer la gagner sur les deux tableaux. Des écuries outsiders comme Alpine et Ferrari ont tranché depuis longtemps le débat en mettant toutes leurs ressources sur 2022. Mais pour Red Bull et Mercedes, c'est une autre histoire. Quoique. A entendre Lewis Hamilton comme son patron, Toto Wolff, Red Bull continue son développement comme elle l'a toujours fait…

"Nous verrons que c'est la bonne décision"

"Il nous manque en performance. On a arrêté le développement cette saison, et on voit que c'est vraiment difficile de mettre de la performance aujourd'hui, a reconnu le directeur d'équipe et actionnaire de Mercedes F1, au micro de Canal+. Vous allez voir quelque chose dans les prochains Grands Prix, des petits trucs. C'est un règlement complètement nouveau que l'on aura pour trois, quatre ans. Ce n'est pas dit qu'on est en train de perdre."
"C'est très dur à cause d'une situation stratégique : nous aurons une voiture entièrement nouvelle l'an prochain ; un moteur différent, un carburant différent, a insisté le manager auprès de Sky Sports. La voiture répond à un concept totalement différent. Il faut trouver l'équilibre sur les deux saisons, l'une par rapport l'autre. Quand nous regarderons ça dans cinq ou dix ans, nous verrons que c'est la bonne décision."
Et d'ajouter : "Nous devons juste nous concerter pour tirer le meilleur du package. Nous sommes surmotivés. Nous avons manqué de rythme aujourd'hui, il reste quinze courses. Nous ferons de notre mieux. Nous serons en pole, nous gagnerons des courses. Nous n'avion pas les outils pour gagner aujourd'hui."
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