Lewis Hamilton n'est pas devenu médiocre à la veille de son possible septième titre mondial. Samedi, il s'est qualifié sur le sixième emplacement de la grille de départ du Grand Prix de Turquie, à 4"795 de l'auteur de la pole position, le surprenant Lance Stroll, au volant - suprême ironie - d'une "Mercedes rose", copie de sa W10 de la saison passée.

Le film de la qualification

Grand Prix de Turquie
Stroll en pole et "sous le choc"
14/11/2020 À 15:40

La série de 14 pole positions lancée par Mercedes l'an dernier lors de la der du Championnat du monde, à Abou Dhabi, s'est donc refermée sur un échec cuisant puisque son coéquipier, Valtteri Bottas, a plafonné au neuvième rang, à 5"493. Mercedes avait déjà fait beaucoup mieux : 30 présences de Suzuka 2015 à Sakhir 2017. A cinq longueurs du record absolu de Williams, de Kyalami 1992 à Imola 1994.

La série personnelle de l'Anglais de 12 qualifications en 1re ligne, entamée à Spielberg 2 lors de la deuxième manche du Mondial 2020, nommée Grand Prix de Styrie, s'est donc également arrêtée. Il avait encore du chemin pour atteindre les 20 enchaînées de Spa-Francorchamps 2014 à Monza 2015.

Lewis Hamilton (Mercedes) au Grand Prix de Turquie 2020

Crédit: Getty Images

"Pas de grip"

Au-delà de cela, la déception est réelle car le Britannique aimerait y mettre la manière dimanche, éviter de fêter un titre sans victoire comme en 2017, 2018 et 2019.

Qu'est-ce qui a fait que Lewis Hamilton a produit sa plus mauvaise qualification de la saison ? Sa plus mauvaise depuis Hockenheim 2018 (14e) ? A quoi est dû l'écart béant, irréel, qu'il a concédé à la Racing Point du Canadien ?

Toto Wolff a fourni une première explication, après la séance à l'Istanbul Park. "Nous savions que nous avions un problème de température, a exposé le directeur d'équipe de l'écurie sept fois championne du monde en titre, devant la caméra de Sky Allemagne. Ça a joué aujourd'hui. Le plus gros challenge était de monter les pneus en température. Nous n'y sommes jamais vraiment parvenus. Et si on n'est pas dans la fenêtre, on n'a pas de grip."

Lewis Hamilton (Mercedes) au Grand Prix de Turquie 2020

Crédit: Getty Images

"J'ai fait de mon mieux, sans patiner"

"Tout dépend de la façon dont on les chauffe, a-t-il poursuivi. Les températures sont restées basses, surtout à l'arrière, et ça n'a pas été à notre avantage", a-t-il conclu, qualifiant la journée de "bon apprentissage".

Dans son rapport de qualification aux médias, Lewis Hamilton a livré plus de précisions. Une monoplace de Formule 1 suit un design spécifique, radical, optimisé pour certaines conditions. Et celles qui régnaient samedi - pluie, froid (piste à 13°C), grip faible - n'étaient pas faites pour sa W11.

"Nous avons été autant rapides que possible, a-t-il affirmé, à Sky Sports F1. "D'une certaine manière, des équipes peuvent changer les pneus un peu plus facilement que nous. Je pense que tout le monde a eu des problèmes, mais certains plus que d'autres. J'ai fait de mon mieux, sans patiner, sans réellement commettre d'erreurs. Je suis satisfait, en fait."

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