On ne le présentera plus comme le fils du milliardaire Lawrence Stroll, qui a racheté avec un consortium d'investisseurs l'écurie moribonde Force India pour le faire courir en Grand Prix. Et qui avait auparavant dépensé 80 millions d'euros pour mobiliser une équipe de tests chez Williams afin de le faire débuter en Formule 1 au sien de l'écurie anglaise, en 2017. On ne parlera plus, pendant un temps au moins, de son air blasé, de ses réponses bâclées à la Kimi Räikkönen. De ses frustrations face à des pilotes plus solides que lui tel son coéquipier, Sergio Pérez.

Le film de la qualification

Grand Prix de Turquie
Grande première pour Stroll au terme d'une qualification chaotique
14/11/2020 À 13:56

Samedi, à l'Istanbul Park, Lance Stroll, 22 ans, a exulté dans son tour de rentrée couronnant sa première pole position en carrière. Il n'a pas non caché son émotion en sortant de sa controversée "Mercedes rose", copie assumée par l'équipe de Silverstone de la Mercedes de 2019. Il a même lâché un "j'adore mon métier", lui qui faisait douter de sa vocation, de son plaisir d'être là.

Pas compétitif lors du dernier entraînement

Au terme d'un mano a mano avec Max Verstappen (Red Bull), il a donc eu le dernier mot grâce à un choix de pneus "intermédiaire" plus audacieux que celui du Néerlandais. Pour écrire l'histoire de la première pole position de la jeune équipe Racing Point, qui disparaîtra en fin de saison pour mieux renaître sous le nom Aston Martin en 2021. Avec Sebastian Vettel en star sur le déclin mais revanchard.

"Je ne trouve pas les mots, je suis sous le choc, a-t-il déclaré lors de l'interview officielle post-qualification. Je ne m'y attendais pas. Nous n'avons pas été si compétitifs lors du dernier entraînement (10e des essais libres 3 à 8"3 du meilleur temps de Max Verstappen) mais je suis tellement heureux à présent !"

"Ça fait vraiment du bien, là"

"Le dernier tour s'est très bien passé, a-t-il poursuivi. Il y avait beaucoup de pression à la fin. On m'a fait rentrer pour prendre des 'intermédiaire', j'ai eu du trafic, Valtteri (Bottas) est parti en tête-à-queue devant moi... Je ne pouvais faire plus qu'un tour chrono. Mais j'avais foi en la voiture, j'ai réussi à négocier parfaitement chaque virage. C'est sympa de rebondir après plusieurs week-ends difficiles. Ça fait vraiment du bien, là."

Positif au Covid-19, il avait déclaré forfait lors de la première journée du Grand Prix de l'Eifel et reçu un avertissement de la part de la FIA pour violation du protocole sanitaire. Tout cela au milieu de trois abandons. Une bien mauvaise passe après son seconde podium en carrière, cette année à Monza, deux ans après celui de Bakou.

Sainz (McLaren) pénalisé de trois places

"Mon ingénieur me donnait des informations à chaque tour, mais dans ces conditions on n'a pas vraiment le temps de savoir où on en est, où en sont les autres, on se concentre sur le prochain virage, a-t-il ajouté. Quand on est passé en 'inter', j'ai vraiment senti qu'on avait du rythme. Mais c'était vraiment compliqué."

"C'est un moment spécial pour moi, l'un des plus grands de ma carrière", a conclu le Nord-américain, exemplaire dans les catégories juniors avant un passage précipité en Formule 1. Pour s'en convaincre, la lecture de son palmarès suffit : il a été champion d'Italie de Formule 4 en 2014, champion de Toyota Series en 2015 puis champion de GP3 en 2016.

Lance Stroll (Racing Point)

Crédit: Getty Images

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