Grand Prix des Etats-Unis | Comment Laurent Mekies a remis Max Verstappen et Red Bull sur les rails

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Max Verstappen est de nouveau le pilote du moment. Très performant ces dernières semaines, le Néerlandais doit une partie de son retour au premier plan à Laurent Mekies, qui a hérité des commandes de l'écurie Red Bull en juillet dernier. Avec un management plus implicatif, une fibre technique et des prises de risque, le Français a réussi son début de mandat.

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En F1, on peut être français, diriger la plus grande écurie du monde, et s'inquiéter d'être remplacé par quelqu'un qu'une équipe rivale a renvoyé sans ménagement il y a trois mois. Mais on peut aussi être français, diriger l'une des plus grandes écuries du monde, et avoir un impact immédiat sur la dynamique et les résultats.
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Chez Red Bull, Laurent Mekies vit des temps moins tumultueux que son compatriote Frédéric Vasseur, chez Ferrari. Promu comme un pilote depuis Racing Bulls, en juillet dernier, pour remplacer Christian Horner, l'ingénieur a eu une influence considérable sur le retour au premier plan de Max Verstappen. 
Depuis le Grand Prix de Belgique, le premier de Mekies dans le costume de patron de Red Bull, le quadruple champion du monde a cumulé plus de points (108) qu'Oscar Piastri (102) et Lando Norris (88), et s'est ainsi relancé dans la course au titre. Bien sûr, le responsable tricolore n'a pas craqué le code de la F1, où les effets des décisions fortes ne se produisent, bien souvent, qu'après plusieurs mois de compétition.
Mais son profil et son approche ont déjà suffi à remettre l'écurie autrichienne dans le jeu. Sa personnalité tranche avec celle de son prédécesseur ; moins omnipotent, moins clivant aussi, le Tourangeau s'attache au fond plutôt qu'à la forme. C'est sa manière de faire. Tant pis pour les amateurs de punchlines. Tant mieux pour les autres.
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Mekies, bien plus qu'un manager

À son arrivée, Mekies s'était attaché à échanger, rapidement, avec le plus grand nombre possible des 1 500 employés travaillant pour l'écurie. Objectif : "mieux comprendre le fonctionnement de l'équipe, les flux et la structure", comme il l'avait détaillé au mois de juillet, afin de reconstruire un collectif laminé par des départs importants et des affaires internes.
Au contraire d'Horner, qui fut durant près de 20 ans un manager à succès mais qui n'avait que peu de compétences techniques, le Français peut s'adresser à tout le monde. Car il est un ingénieur formé au sein de la réputée ESTACA, un ancien directeur de course au sein de la FIA, et un ex-directeur sportif et responsable de la performance chez Ferrari.
"Nous avions eu beaucoup de courses où nous nous contentions d'aller dans une direction puis dans une autre, opposée, avec les réglages de la voiture, expliquait Verstappen il y a quelques semaines. C'étaient des changements assez extrêmes, qui montraient que nous n'avions pas le contrôle. Nous ne comprenions pas vraiment quoi faire. Laurent ayant une formation technique, il pose les bonnes questions aux ingénieurs - des questions de bon sens - et je pense que ça fonctionne vraiment bien".
Désormais, toutes les influences sont écoutées et c'est ce qui a permis à l'écurie de confirmer ses progrès, à Singapour, sur un tracé bien moins favorable à la RB21. "En deuxième phase, on doit cartographier ensemble ce que nous pouvons débloquer, du point de vue de la performance, pour devenir encore plus compétitifs", détaillait Mekies au début de son mandat.

Le ressenti de Verstappen compte (encore) plus

Le dirigeant, lui, a déplacé le curseur entre la théorie et la pratique. Certaines évolutions, au niveau du plancher ou de l'aileron avant, ont été validées. Mais l'écurie a aussi décidé de se détacher de son simulateur pour accorder plus de crédit au ressenti de Verstappen. En Italie, c'est lui qui a souhaité disputer le Grand Prix avec une voiture radicalement déchargée sur le plan aérodynamique. Pierre Waché, directeur technique, ne croyait pourtant pas en cette solution.
Deux semaines plus tard, à Bakou, le Néerlandais a aussi insisté pour débuter la course avec des pneus "dur". Une fois de plus, et à raison, Mekies lui a accordé le dernier mot. Pour prendre ses décisions, le patron tricolore tient compte du rapport entre la prise de risque et le gain potentiel. Dans son "logiciel", c'est une nouveauté. Mais puisque son poste l'est aussi...
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"On sous-estime à quel point il faut aller à l'extrême avec la voiture - et donc avec l'équipe et l'usine - lorsque l'on recherche la performance ultime, a-t-il expliqué. Il faut se rendre compte à quel point on essaie d’extraire tout ce que l'on peut de la voiture et de l'entreprise. Le retour sur investissement n'est pas très élevé, car les efforts sont colossaux. [...] La plus grande différence entre le milieu de peloton et ce qui se passe à l'avant, c'est que vous visez la performance ultime. Si vous ne l’atteignez pas, c'est que vous n'avez pas fait tout ce que vous pouviez."
Ainsi, et contrairement à beaucoup d'autres écuries déjà complètement tournées vers 2026, Mekies et Red Bull ont choisi d'investir, encore, sur la fin de saison en cours. Là aussi, le risque est élevé. Mais il doit permettre de valider la nouvelle méthode de management avec une fin de saison canon. Même si le Français continue de certifier que "sa contribution est de zéro". "Laurent est trop modeste", estime Verstappen. Et ça aussi, ça tranche avec son prédécesseur.
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