Grand Prix des Pays-Bas - Mauvais timing pour le "coup de bluff" de Hamilton, "insolent" Bottas : Mercedes grimace

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GRAND PRIX DES PAYS-BAS - Impuissant derrière Max Verstappen (Red Bull), Lewis Hamilton a eu la défaite un peu amère dimanche à Zandvoort. Le Britanique s'est fait embarquer dans une seconde tentative d'undercut gâchée par la précipitation de son stand, puis il a essuyé la concurrence déloyale de Valtteri Bottas dans la chasse au point du meilleur tour en course. Ce que l'équipe a convenu.

Lewis Hamilton (Mercedes) au Grand Prix des Pays-Bas 2021

Crédit: Getty Images

Entre frustration et mécontentement, Lewis Hamilton doit se contenter de sa deuxième place. Dominé pendant 72 tours par un Max Verstappen (Red Bull) impérial, porté par une foule orange en fusion, le Britannique a eu du mal à acter sa défaite à Zandvoort, d'où il est reparti dépossédé de sa première place au Championnat du monde par le Néerlandais, pour trois points.
Le Ferrariste Charles Leclerc avait bien résumé l'équation dominicale en estimant que ses chances de résultat, et par extension celle de chacun de ses collègues, dépendrait à 80% du départ et à 20% de la stratégie. Ce fut effectivement le cas. Incapable de reprendre un mètre au départ à la fusée bleu marine n°33, Lewis Hamilton s'en est alors remis à la seule variable à disposition. Etant donné que la voiture de sécurité est restée dans la pit lane, un fait inattendu après des essais libres et une séance de qualification tronçonnés à coups de drapeaux rouges.
Lewis Hamilton et le clan Mercedes ont joué crânement leur chance par deux fois, sans jamais déstabiliser le muret adverse ni son pilote-vedette qui était encore dans un grand jour. Ils jouaient pourtant à deux contre un grâce à Valtteri Bottas, troisième sur la grille et sans la concurrence d'un Sergio Pérez (Red Bull) tenu de partir des stands après des changements sur son moteur, ni même celle qu'aurait pu incarner Pierre Gasly au nom d'AlphaTauri, l'écurie B de l'empire autrichien.

Red Bull salue le fair-play de Mercedes

LH44 a rapidement compris qu'il n'avait rien à faire avant les premiers arrêts au stand. Tenu à distance de la zone DRS de la RB16 n°33, il naviguait malgré tous ses efforts à environ trois secondes lorsqu'il a pris la direction des stands au 20e des 72 tours. Pour une intervention d'une durée de 3"6 - au bas mot une seconde trop lente - à cause de la roue avant droite. Un tour plus tard, MV33 a repris la piste avec ses gommes "dur" 2"6 devant lui.
Propulsé en tête, Valtteri Bottas n'a malheureusement joué aucun rôle utile pour lui. Ses Pirelli à la corde, le Finlandais a cédé devant le Néerlandais assez facilement en dépit du message envoyé dans ses écouteurs - "Tu joues la victoire et tu as le droit de te défendre" -, et bientôt son leader sur injonction de son équipe.
"On a cru que Valtteri pourrait se battre avec Max deux tours de plus, a confié Toto Wolff, à Canal+. Bloquer, ça ne se fait pas. On l'a vu avec Pérez, qui nous a laissé passer pour l'esprit du sport." Ce que son alter ego de Red Bull a dit avoir apprécié en retour. "Nous craignions que Bottas ralentisse Max et qu'ensuite Lewis fasse l'undercut sur les deux, a confié l'Anglais. Qui a salué le "fair-play" adverse en des termes à peine imaginables depuis les crashes de Silverstone et Budapest.
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Lewis Hamilton (Mercedes) au Grand Prix des Pays-Bas 2021

Crédit: Getty Images

Pour cette course, la FIA avait réclamé de la discipline de la part des équipes dans l'étroite pit lane. Ce à quoi Mercedes a répondu en dégageant la trajectoire d'entrée du stand voisin autrichien. "Je dois dire que Mercedes a été fair-play. Ils ont déplacé les tuyaux (pour les pistolets) afin que l'on puisse se positionner facilement devant le box", a remercié Christian Horner, sur Sky Sports. Bref, ses pilotes ont suivi une trajectoire limpide jusqu'à leurs mécaniciens.

"Nous avons tenté notre coup de bluff trop tôt"

Avec ses gommes fraîches, Lewis Hamilton a alors entrepris de retourner au combat, contre des forces obscures. Lancé en premier parmi les retardataires, Max Verstappen traçait sa route sans complexe, au grand dam du Britannique, qui lâcha au 32e passage : "Il est très chanceux avec le trafic !" Il fallait moins y voir un manque de lucidité qu'une façon d'évacuer la frustration.
Très offensif au moment de prendre un tour à Lance Stroll (Aston Martin), le leader en sursis du Championnat du monde a alors joué son va-tout au 40e tour, en rentrant une seconde fois pour un arrêt de bonne facture (2"5). Pas juste pour une nouvelle tentative d'undercut, à laquelle son concurrent n'allait pas manquer de répondre, mais pour abattre son meilleur joker. En effet, Mercedes avait fait les comptes après les essais. Il disposait d'un train de gommes "dur" pour son deuxième relais et un "medium" pour un éventuel dernier relais. Contre deux "dur" pour Max Verstappen.
D'un coup, on venait de comprendre le pourquoi de ce rythme effréné depuis le départ, cette tendance destructrice sur ce tracé réputé usant pour les pneus. Mercedes avait la volonté d'entraîner Red Bull dans une stratégie à deux arrêts.
Ce plan a mis le doute dans les esprits de Red Bull. Mais pas très longtemps. Car ça tourne mal et que c'est râpé, Lewis Hamilton ne tarde pas à le faire savoir, se plaindre de la stratégie, multiplier les commentaires déclinistes sur ses pneus, les conditions de course. Tout. "Ça ne semble pas être un avantage. Nous avons tenté notre coup de bluff trop tôt", a-t-il lancé à la radio au 43e passage. Ce que Andrew Sholvin, l'ingénieur en chef, a reconnu en déclarant à l'arrivée : "Nous avons décidé de rentrer un peu tôt, peut-être de façon optimiste en espérant qu'il mettrait un 'tendre' pour nous couvrir mais ils ont mis le 'dur' qui a bien marché pour eux."

Bottas "s'amusait" avec le meilleur tour

Puis de maugréer cinq boucles plus tard : "Je ne vais pas aller au bout avec ces pneus." Mais dans ce registre aussi, il reste prévisible. Et le coup de bluff finit par arriver, lui aussi. Deux tours plus tard, son nom était associé au nouveau meilleur tour en course… Avant le coup de déprime ultime réservé à son ingénieur Peter Bonington, au 50e tour : "Ils sont tout simplement trop rapides." Puis un tour plus tard : "Il (Verstappen) me tue mes pneus !"
La messe dite, il ne lui restait plus qu'à défendre son meilleur tour de la convoitise - on ne savait jamais - de Max Verstappen. Tout paraissait simple mais ça ne l'était pas. Un peu de rififi l'attendait au tournant avec le meilleur tour de Valtteri Bottas, malgré les appels à la modération de Mercedes.
"Je savais que Lewis avait besoin de ce point car il joue le titre. Je m'amusais juste", a justifié le Nordique. Dont le numéro a été qualifié d' "insolent" par Toto Wolff au micro de Sky Sports.
Bientôt officialisé pilote Alfa Romeo en 2022, le Finlandais venait de jouer sa carte perso, sous le coup de la "frustration" selon Wolff. Un gros coup de stress pour un Lewis Hamilton dans l'angoisse quand même. "J'ai besoin de ce point !", a supplié le pilote du bolide frappé du n°44 avant de passer lui aussi chausser des "tendre" au 71e tour et s'emparer du bonus dans le tour final.

Hamilton : "J'ai hâte de revenir"

"Quelle course, quelle foule ! Honnêtement, c'était un week-end formidable, s'est exclamé Lewis Hamilton. Max a fait un super boulot, félicitations à lui ! J'ai tout donné mais ils étaient juste trop rapides pour nous. Je pense que même si nous avions tout fait parfaitement avec le trafic, les pit stops et la stratégie, cela aurait été difficile de s'en sortir. Nous n'avons pas bien géré ces éléments, mais d'un autre côté nous avons attaqué au maximum et nous allons débriefer ça entre nous."
"Nous nous sommes battus jusqu'au bout, a-t-il détaillé. C'était une course incroyablement difficile, physiquement et mentalement et je pense que ce fut l'une des courses les plus dures. La chasse au meilleur tour a été l'une de mes parties préférées de la course. Cette piste est sensationnelle avec peu d'essence et c'est désormais l'une de mes préférées et j'ai passé un super moment aux Pays-Bas. J'ai hâte de revenir."
Sur un plan sacrificiel à un arrêt, Valtteri Bottas a qualifié sa course de "calme". "Nous sommes partis sur un arrêt assez vite et ça demandait trop de gestion des pneus et c'était compliqué, a regretté le pilote originaire de Nastola, dépossédé de son volant par George Russell (Williams) l'an prochain. Ce n'était assurément pas aussi rapide que deux arrêts. Nous avons fini par stopper par précaution (à cinq tours de la fin) parce que j'avais de l'avance (sur Pierre Gasly) et que mes pneus commençaient à avoir des vibrations."
"Quelle que soit la stratégie, cela aurait été dur de se battre avec Red Bull, a reconnu Toto Wolff. Nous avons tenté l'undercut plusieurs fois avec Lewis et il a attaqué au maximum."
La perte prévisible des commandes du championnat Pilotes dès samedi, Mercedes a en revanche réussi à prendre quatre points à Red Bull pour porter son avance à 12 longueurs chez les constructeurs.
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