Grand Prix du Canada - L'ultimatum de Ferrari à Vasseur : à contre-temps et dépourvu de sens
Mis à jour 12/06/2025 à 17:07 GMT+2
À la tête d'une Scuderia qu'il devait remettre sur le devant de la scène, Frédéric Vasseur a trois courses pour redresser la situation selon la presse italienne. Une menace témoignant d'une impatience en plus haut lieu, sans pertinence vu l'absence de candidat évident au poste et du timing, à six moins d'un chambardement technique majeur.
"Du désarroi pour Hamilton chez Ferrari et de l'inquiétude pour l'année prochaine"
Video credit: Eurosport
Le principe de réalité vaut aussi pour Ferrari et Frédéric Vasseur commence à en faire la dangereuse et paradoxale expérience. En place depuis le début de l'année 2023, le directeur d'équipe de la Scuderia affronte sa première campagne de presse venue d'Italie, alors que le paddock plante son décor sur le circuit Gilles-Villeneuve de Montréal, site du Grand Prix du Canada.
Le manager français pensait avoir tracé les contours des succès futurs en recrutant Lewis Hamilton, s'être acheté du temps en donnant rendez-vous après les cinq Grands Prix pour jauger les chances des Rouges de s'accrocher au rêve d'un premier titre depuis 2008. Le patron de Maranello s'est finalement gardé de faire ce bilan et la presse s'en charge pour lui aujourd'hui. En passant au temps du jugement et de ses conséquences puisqu'elle pointe l'échec sportif et relaie la rumeur grandissante de son remplacement.
Le refus de Horner offre un répit
C'est un fait, les deux podiums signés Charles Leclerc en neuf courses ne correspondent pas aux ambitions affichées. Et objectivement, il est déjà trop tard pour viser autre chose que la deuxième place au championnat du monde des constructeurs. A ce stade de la saison, l'an dernier, les Rouges avaient déjà gagné deux fois. Pire, les arguments rabâchés depuis des mois par le manager français - "Ferrari a tout ce qu'il faut pour réussir" - se retournent à présent contre lui.
Sous forme d'ultimatum : Ferrari lui a donné trois Grands Prix pour redresser la situation, selon la presse transalpine. Et on parle d'une institution comme la Gazzetta dello sport, généralement bien informée. Une rumeur qui fait écho à l'information propagée par Bild, autre publication faisant autorité, lors du précédent rendez-vous espagnol, relayant un l'intérêt prononcé du président John Elkann pour Christian Horner.
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Et si c'était déjà trop tard pour Ferrari ?
Video credit: Eurosport
Depuis, le patron d'équipe de Red Bull a rejeté tout projet de s'établir en Italie, et aucun autre nom ne circule pour passer les Alpes. Et c'est peut-être là le pourquoi du sursis de trois Grands Prix donné à Frédéric Vasseur, histoire de prospecter d'autres pistes. Mais une telle échéance n'a pas vraiment de sens à l'échelle de la Formule 1, où tout va très vite certes, mais où tout développement réclame du temps, surtout.
En somme, Ferrari n'aurait plus comme recours que sortir de ses cartons un pack d'améliorations capable de combler l'écart avec la McLaren, la machine de référence. Ce qui n'a quasiment aucune chance d'arriver d'ici la fin de la saison, venant de Ferrari ou de toute autre formation. Pour s'en convaincre, il faut se référer aux récents propos de Helmut Marko, le conseiller de Red Bull, qui a confié qu'il fallait trois semaines pour fabriquer un aileron avant. A partir d'études et de plans élaborés en amont…
Risque majeur pour 2026
Sur la question technique, Frédéric Vasseur a admis que la voiture créée par son staff de 2025 se situait en retrait par rapport celle de l'an dernier. Car pour l'heure, Loïc Serra n'a pas fait oublier Enrico Cardile. Et le Français n'a pas fait oublier l'échec des négociations avec Adrian Newey, le plus grand technicien sur le marché début 2024, qui a filé chez Aston Martin.
Et sur le volet réglementaire, il n'a pas non plus obtenu la redistribution des cartes espérée - à l'instar de Red Bull et Mercedes - quant au durcissement des tests de contrôle de flexibilité des ailerons, qui devait rogner l'avance de McLaren. Il n'en a rien été et les effets se sont même retournés contre lui puisque la publication AutoRacer affirme que Maranello a perdu 0"1 à cause de son aileron avant remis aux normes.
Non seulement pas réaliste, hormis une victoire dans des circonstances particulières (météo, coup de stratégie avec une voiture de sécurité…), l'ultimatum qu'aurait lancé Ferrari à son manager serait surtout un risque majeur face aux enjeux de 2026, année marquée par un nouveau règlement dont personne ne semble avoir percé tous les ressorts ; à tout le moins un signal négatif envoyé au bureau d'études, au moment de finaliser le design de la présumée SF26. Plutôt qu'aller au-devant d'une période d'instabilité, Ferrari serait plus inspiré de voir ce que donnera la prochaine "rossa".
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