Grand Prix du Canada - Monoplace limitée, Yuki Tsunoda fracassant : Red Bull a "fait un trait sur le titre"
Mis à jour 10/06/2025 à 15:30 GMT+2
Pour Red Bull, le Grand Prix d'Espagne a été le premier tournant de la saison. Celui de l'évidence à laquelle il faut se rendre : McLaren ne faiblit pas et ses pilotes sont sous contrôle. La marque autrichienne a acté qu'elle ne reprendra pas la couronne à Woking. Quant à Max Verstappen, il a un peu plus perdu de vue Oscar Piastri et Lando Norris au championnat des pilotes.
Verstappen, une faute vraiment intentionnelle sur Russell ?
Video credit: Eurosport
"Actuellement, il n'est pas réaliste d'envisager de gagner les deux titres. C'est à l'équipe de proposer beaucoup de changements sur la voiture, parce qu'en gros, nous sommes passés d'une voiture très dominatrice à inconduisible, en l'espace de six à huit mois." Le 1er septembre dernier, Max Verstappen tirait la sonnette d'alarme. Le champion néerlandais venait de terminer 6e du Grand Prix d'Italie, à 37 secondes de Charles Leclerc. Au cœur d'une bataille mêlant Red Bull à Ferrari, Mercedes et McLaren, il sentait un ordre nouveau s'établir, substituant son équipe à celle papaye en haut des podiums. Il n'y avait rien d'une vision pessimiste là-dedans. Juste la réalité de plus en plus perceptible d'un pouvoir rogné par le temps et l'inéluctable.
Si McLaren avait pris le pouvoir huit jours plus tard au championnat des marques, définitivement, le champion batave était parvenu à sauver le titre pilotes, en traversant une période de dix week-ends sans victoire, entamée au soir du Grand Prix d'Espagne. Un an après (les dates de Montmelo et Montréal ont été inversées au calendrier), le Batave pourrait tenir les mêmes propos, sans vouloir convaincre personne que ni lui ni la firme de Milton Keynes ne seront champions du monde cette année. L'affaire est quasiment entendue jusque dans son propre camp, tant le déclassement subi par la base autrichienne dans l'intervalle saute aux yeux.
Si McLaren avait pris le pouvoir huit jours plus tard au championnat des marques, définitivement, le champion batave était parvenu à sauver le titre pilotes, en traversant une période de dix week-ends sans victoire, entamée au soir du Grand Prix d'Espagne. Un an après (les dates de Montmelo et Montréal ont été inversées au calendrier), le Batave pourrait tenir les mêmes propos, sans vouloir convaincre personne que ni lui ni la firme de Milton Keynes ne seront champions du monde cette année. L'affaire est quasiment entendue jusque dans son propre camp, tant le déclassement subi par la base autrichienne dans l'intervalle saute aux yeux.
Au plus bas depuis 10 ans
Sur les neuf premières manches de 2025, le total de Red Bull s'est effondré, passant de 301 à 144 points ; une baisse de 52%. Une dépréciation de sa valeur due à la raréfaction des victoires : six en 2024 contre deux cette année sur la même période. Conséquence directe, Milton Keynes - qui a remplacé sans succès Sergio Pérez par Liam Lawson puis Yuki Tsunoda dans sa seconde machine - pointe à la 4e place du championnat actuel, un rang plus atteint depuis 2015.
Alors oui, l'équipe dirigée par Christian Horner peut se targuer d'être la seule marque victorieuse en dehors de McLaren (hormis les sprints), mais sa politique de la star unique trouve aussi ses limites au championnat des pilotes. Où Max Verstappen, déjà sur la corde raide en termes de compétitivité, a décroché en perdant littéralement les pédales à Montmelo. Leader en trompe-l'œil dans la peau de "Super Max", il a poursuivi en mode dégradé façon "Mad Max", avec force tampon dans la Mercedes de George Russell.
Passé dans l'affaire de 5e à 10e à l'arrivée, son retard a enflé au Mondial : 49 unités sur Oscar Piastri (McLaren), 39 sur Lando Norris (McLaren). Ce, sans qu'aucun facteur objectif ne semble pouvoir le remettre dans le jeu. Parce que Red Bull a abattu la carte du règlement (les ailerons flexibles), que sa RB21 reste inconstante, que son pilote n°2 n'est pas au niveau d'un Carlos Sainz dont Verstappen a refusé la venue, et que McLaren reste en ordre de bataille. Loin de la version auto-destructrice de 2007 qui avait laissé Fernando Alonso et Lewis Hamilton s'écharper au profit d'un troisième larron.
Tsunoda plombe les dernières chances
"Nous avons déjà fait un trait sur le titre Constructeurs, nous n'avons plus aucune chance, écrit Helmut Marko, le conseiller de l'écurie, dans sa chronique sur Speedweek. Tsunoda a marqué un point lors des trois dernières courses, ce n'est évidemment pas satisfaisant." Un problème pas seulement sportif, mais financier et matériel : le crash monumental du Japonais à Imola a entamé le budget capé et créer une différence entre les RB21. "Il a détruit le nouveau plancher et d'autres pièces, il n'utilise donc pas les mêmes réglages que Max, appuie l'octogénaire autrichien. Il faut trois semaines pour faire un nouveau plancher. Nous travaillons dur pour nous assurer que les nouvelles pièces seront sur la voiture au Canada."
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Lawson débarqué ? "Si tu mets Tsunoda chez Red Bull, c’est seulement pour cette année…"
Video credit: Eurosport
Cependant, ça n'est pas le fond du problème car Yuki Tsonada n'a jamais été en mesure de dompter la RB21 dans sa version primaire. Et c'est ce que le staff de Milton Keynes attend encore. Si le patron, Christian Horner, veut encore donner du temps au pilote nippon, Marko met les pieds dans le plat avant le rendez-vous québécois. "Ce n'est pas le facteur déterminant (les évolutions). Le gros problème est que Yuki est souvent un dixième de seconde derrière en essais libres, et que l'écart grandit en qualification. Puis la pression monte, et il galère contre ça. En plus, il ne s'adapte pas aussi rapidement que Max. Il a besoin d'une période d'adaptation."
Un effet parmi d'autres d'une spirale négative que l'équipe ne semble pas pouvoir inverser. Et qui ouvre sur la vraie question du moment, qui taraude les équipes : quand faudra-t-il abandonner le développement de la monoplace actuelle pour se concentrer sur le grand virage du règlement 2026 ? Si dans un passé récent l'équipe, alors dominante, s'est permise de le faire par luxe, elle le fera cette fois par résignation.
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