Grand Prix du Japon - "On l'a vraiment échappé belle aujourd'hui" : Kimi Antonelli (Mercedes), beaucoup de talent et un zeste de chance
Mis à jour 31/03/2026 à 17:58 GMT+2
Kimi Antonelli (Mercedes) le reconnaît volontiers : sa victoire du Grand Prix du Japon repose en grande partie sur la sortie providentielle de la voiture de sécurité au 22e tour d'une course dont il venait de reprendre les commandes grâce à l'arrêt de Piastri et Russell, et ce, après avoir complétement raté son départ. Chez les Flèches d'argent, le pouvoir pourrait avoir changé de camp...
Comment Ferrari a pu laisser passer un prodige comme Antonelli
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Il va falloir compter sur lui. Deux semaines après avoir débloqué son compteur lors du Grand Prix de Chine, Kimi Antonelli (Mercedes) a encore converti sa pole position en victoire au Japon, dimanche, avec un brin de chance. Rien n'était joué d'avance : victime de patinage à l'envol, il a perdu cinq places dès le premier virage puis a profité des circonstances de course pour reprendre les commandes de l'épreuve. Et devenir, à 19 ans et 216 jours, le plus jeune leader du Mondial, qu'il mène avec neuf points d'avance sur son coéquipier et désormais rival pour le titre, George Russell.
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Russell-Antonelli, rivalité pour le titre: "Au fond d'eux, ils savent que cette échéance va arriver"
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"Ça fait plaisir ! Il est trop tôt pour penser au Championnat, mais nous sommes sur la bonne voie", a réagi le vainqueur dans le parc fermé, avant de revenir avec une certaine clairvoyance sur son "point faible" jusqu'à présent : "J'ai pris un départ catastrophique. (...) Je dois m'améliorer parce qu'on peut facilement gagner ou perdre des courses comme ça."
"Ces gamins apprennent à conduire avec des automatiques à l'auto-école ! Nous devons leur apprendre à relâcher l'embrayage lentement, progressivement et pas trop vite", préférait plaisanter Toto Wolff, patron de Flèches d'argent invaincues en 2026. Il n'en reste pas moins que l'erreur est récurrente chez son protégé, et qu'elle avait également failli lui coûter la victoire en Chine.
Une aide providentielle...
A Shanghai, l'Italien avait récupéré sa première place dès le troisième tour en doublant Lewis Hamilton, avant de profiter d'un arrêt sous voiture de sécurité et de s'envoler en tête. A Suzuka, le destin, décidément bienveillant avec le Bolonais, lui a encore tenu la porte grande ouverte... en même temps qu'il l'a claquée au nez de son voisin de garage. De nouveau premier à la fin du 21e tour avec les passages aux stands des leaders, il a profité d'une sortie providentielle de la voiture de sécurité une boucle plus tard pour s'arrêter gratuitement et conserver sa position avec un train de pneus durs neuf.
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"Hamilton a retrouvé le plaisir de piloter, il est parti pour s'amuser pendant 4-5 ans"
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"J'ai été chanceux avec le timing de la Safety Car, je ne sais pas comment les choses se seraient déroulées sans elle. Cela m'a rendu la vie plus facile", reconnaissait dans un premier temps Antonelli. "On l'a échappé belle aujourd'hui", lui glissait d'ailleurs Peter Bonnington, son ingénieur de course, durant le tour de décélération. "Mais ensuite, reprenait le vainqueur, le rythme de course était incroyable. Je me sentais très bien avec la voiture et j'ai pu m'échapper devant."
Russell, le grand perdant de l'affaire, accusait le coup. Celui qui venait de changer de gommes avant la neutralisation, a assez peu goûté à ce coup du sort. "C'est incroyable ! Waouh. Notre chance lors des deux dernières courses..." réagissait-il en direct. Il faut dire que le natif de King's Lynn, quatrième au Japon, assiste à l'émergence de son jeune coéquipier en même temps qu'il enchaîne les déconvenues depuis sa victoire inaugurale en Australie. En Chine, déjà, il avait dû jouer sa Q3 sur une seule tentative à cause de divers problèmes sur sa W17, laissant la pole puis la victoire à Antonelli.
... et une prise de pouvoir ?
Rebelote à Suzuka où il a rencontré de nouveaux soucis. Deuxième des qualifications derrière "Kimi", samedi, il avait critiqué l'instabilité d'une monoplace sujette au survirage. Wolff avait alors reconnu une "erreur de réglages" au niveau du train arrière, qui allait fatalement affecter le Britannique durant la course.
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Andrea Kimi Antonelli (Mercedes) après sa victoire au Grand Prix du Japon 2026
Crédit: Getty Images
Et pourtant, c'est un tout autre problème qui l'a empêché de résister à Leclerc après son dépassement du 51e tour, privant Russell d'un troisième podium en autant de Grands Prix. Wolff, toujours : "Il a connu un bug dans le système électrique, au niveau du logiciel censé lui donner un avantage. Un super-clip a ralenti la voiture, et c'est à ce moment-là qu'il a perdu la position face à Leclerc de manière inattendue."
Toutes proportions gardées, la situation peut renvoyer les Flèches d'argent à la saison 2016, lors de laquelle Nico Rosberg avait slalomé entre les avaries mécaniques et autres aléas rencontrés par Lewis Hamilton (notamment en Chine, en Russie et en Malaisie) pour décrocher le titre suprême. L'histoire serait-elle en train de se répéter dix ans plus tard ?
George sera là
"Le Championnat est encore très long, il reste beaucoup de courses. C'est une bonne chose d'être leader, mais je ne veux pas me concentrer sur ça. Nous devons augmenter notre niveau, car nos adversaires vont se rapprocher et George sera là. Quant à moi, je dois tout faire de manière parfaite", a balayé Antonelli au micro de Canal+. "Nous devons le protéger des gens qui parlent de titres de champion du monde", avertissait de son côté Wolff, le patron prédisant une lutte "serrée" entre ses deux pilotes "à voitures égales".
C'est précisément là que le bât blesse pour Russell, qui a de quoi s'inquiéter. C'est bien l'Italien, en état de grâce depuis deux manches, qui dominera le Championnat jusqu'à la prochaine course à Miami dans cinq semaines. Et si la dynamique de ce début de saison tend à se confirmer dans les rangs allemands, le Britannique sentira de plus en plus la pression de ce jeune à qui tout sourit.
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