Tout le monde y pense, le redoute, sans vouloir trop l'évoquer car ce serait tellement décevant. Après deux accrochages avec force fracas, polémiques et indignations réciproques à Silverstone et Monza cette saison, une fin de championnat soldée par un accident entre Lewis Hamilton et Max Verstappen reste malheureusement possible, même si la tension est retombée entre les deux hommes ces derniers temps comme l'a montré leur check à l'arrivée du récent Grand Prix des Etats-Unis d'Amérique.
Vendredi, sur l'antenne de Canal+ Sport, Jacques Villeneuve, couronné champion du monde en 1997 en dépit d'une charge féroce de Michael Schumacher, a même jugé l'hypothèse d'un règlement de compte "fort probable", un clash "pratiquement" inévitable entre les deux candidats au titre 2021.
Le Canadien refuse d'être naïf devant ce risque manifeste et son expérience parle effectivement pour lui. Il fait preuve d'une précaution que n'avait par exemple pas eue Alain Prost par rapport à Ayrton Senna en 1990 à Suzuka, un an après le premier des deux plus célèbres accrochages de l'histoire de la Formule 1 ayant conclu le duel suprême entre le Brésilien et le Français.
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Hamilton et Verstappen devant leurs responsabilités

Remettre le sujet sur la place médiatique, c'est finalement placer chacun devant ses responsabilités, et c'est peut-être ce qu'a voulu faire Toto Wolff, le patron de Lewis Hamilton chez Mercedes. Malheureusement, pour un sujet aussi tendu, l'Autrichien aurait été mieux inspiré que se confier à un tabloïd anglais.
"Quiconque sera devant essaiera de faire absolument la même chose que dans les années Senna - Prost", a lâché le directeur d'équipe de Mercedes AMG au Daily Mail, le week-end dernier, à propos du dernier Grand Prix de la saison, à Abou Dabi.
Et de se défendre de toute malfaçon en précisant : "Je ne donnerai jamais l'instruction de se crasher dans quelqu'un d'autre, mais s'ils sont à la dernière course, quiconque sera devant gagnera le championnat. Ils feront la course à la dure."
Dans le propos, il faut bien saisir que Toto Wolff a pris ses précautions en sous-entendant que Lewis Hamilton comme Max Verstappen pourrait se rendre coupable d'une imprudence aux conséquences fâcheuses pour le morale sportive. Ce que le Britannique comme le Néerlandais ont désapprouvé, évidemment.

"Je cours à la dure"

"Je doute grandement qu'il insinue que ça pourrait être le cas, a réagi le septuple champion du monde, lors de la conférence de presse FIA. Je n'ai jamais gagné un championnat de cette façon et nous ne l'avons jamais voulu. Je suis ici pour gagner de la bonne manière."
Insensible comme il le dit au "mind game" du manager autrichien, Max Verstappen s'est senti obligé de s'inscrire en faux devant cette hypothèse. "Je ne pense pas à ce qui est arrivé par le passé. Je veux remporter le titre mondial en marquant le plus de points que mes rivaux et la meilleure façon d'y parvenir est de gagner, a assuré le n°1 mondial. Pour y parvenir, je cours à la dure. Contre tout le monde, pas juste Lewis, mais je vais piloter aussi de façon propre."
"J'ai été déçu de lire ces commentaires, a avoué Christian Horner, le patron de Red Bull Racing à Motorsport-Magazin.com. Nous voulons une bataille équitable jusqu'à la fin du championnat. Je pense que chaque pilote veut gagner sur la piste. C'est serré depuis le première course. C'est intense et il (Verstappen) a géré ça de façon totalement froide."
La semaine dernière encore, Helmut Marko désignait Max Verstappen comme le grand perdant des incidents ayant frappé la Red Bull n°33 cette saison. Hormis les 25 points promis à son pilote à Bakou, à cause d'une crevaison, il en a laissé échapper autant aux dires du conseiller autrichien lors de ses deux accrochages avec des Mercedes, cet été : celle de Lewis Hamilton à Silverstone et celle de Valtteri Bottas à Mogyrod. "Si l'on calcule soigneusement le nombre de points perdus, c'est du 50 sur ces trois courses", a assuré le vainqueur des 24 Heures du Mans 1971.

"Il est encore très jeune"

Loin du spectre d'une rechute finale, Lewis Hamilton s'est concentré sur le moment présent en titillant encore une fois à Max Verstappen à propos de ce qui le séparait de lui. A savoir l'expérience irremplaçable de neuf campagnes mondiales dont sept victorieuses. Une façon de se comporter, aussi. "Max n'a pas gagné un championnat depuis très longtemps, a-t-il même insisté. Je sais ce que ça fait de se battre pour son premier titre. Je connais cette pression. Je ne m'attends donc à rien de différent avec lui, parce qu'il est encore très jeune", a-t-il soufflé à Motorsport-Magazin.com.
"Le respect devrait toujours être le but en tout, a-t-il ajouté. Des choses ont été dites qui ne sont pas bonnes pour jeunes enfants. J'essaie de rester calme et respectueux envers mes rivaux, mais je ne vais pas dire de mauvaises choses sur lui." Une allusion aux jurons et au doigt d'honneur qui lui avaient été adressé à Austin ?
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