Six champions en piste

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La saison 2012 s'annonce comme celle de tous les superlatifs avec six champions totalisant 14 titres mondiaux. Michael Schumacher, Fernando Alonso, Kimi Räikkönen, Lewis Hamilton, Jenson Button et Sebastian Vettel : voici la sensationnelle galerie de portraits.

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Crédit: Eurosport

Michael Schumacher – 7 titres : 1994, 95, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004
Le principe du changement unique de ligne a été introduit pour ne plus voir ses manœuvres défensives déloyales. Plus de dix ans après, la FIA s'est résolue à faire entrer la règle dans le code sportif en voyant qu'il n'avait toujours pas "compris", l'an dernier à Monza. A 43 ans, il vend toujours aussi chèrement sa peau. Pour le reste, ses sept couronnes imposent le respect mais ne font plus de lui un pilote spécial. Son dernier titre remonte à huit ans, sa dernière victoire à six ans. Il n'est plus le meilleur en tout, comme à l'époque de Ferrari. Il conserve un bagage technique hallucinant mais il est moins saignant en qualif, moins décisif en stratégie aussi.
Fernando Alonso – 2 titres : 2005, 2006
L'Espagnol a choisi Ferrari pour parachever sa carrière. L'ennui est qu'il n'a finalement connu qu'une demi-saison d'exaltation en rouge, dans la seconde moitié de 2010. Autrement, il a souvent agi en lobbyiste effréné à Maranello, pour pousser à rattraper Red Bull. Il est finalement le roi nu chez Ferrari. A son époque, Schumacher avait déplacé Byrne et Brawn de Benetton. Chez Red Bull, Vettel aura pour lui le génie de Newey jusqu'en 2014. Difficile de lutter… Côté piste, c'est toujours le même tempérament de feu – ce qui lui a valu des démêlés avec la FIA - et la même capacité à transcender une charrette…
Kimi Räikkönen – 1 titre : 2007
"Iceman" avait quitté la F1 écœuré. La confrontation avec Alonso aurait été sensationnelle, mais Ferrari préféra garder Massa... La suite ? Une galère nommée WRC en 2010 et 2011 ; un boulot de bagnard pour reconnaître les spéciales, prendre des notes précises... "Le sport le plus dur", a-t-il dit. Il n'a pas voulu gâcher ses dernières belles années et est revenu à ce qu'il savait faire. Fin 2009, il n'y avait pas le DRS et tout le monde roulait en Bridgestone… Il a découvert les Pirelli en tests, mais réagir en temps réel en course sera une autre affaire. Le Finlandais fait peu d'erreurs dans le feu de l'action et n'a jamais eu d'histoire avec ses coéquipiers. Le paddock le voit revenir avec plaisir.
Lewis Hamilton - 1 titre: 2008
Le Britannique n'aime pas spécialement les polémiques mais il les accumule. En 2011, il a été le plus puni ou rappelé à l'ordre : 4 drive through, deux fois 20 secondes de pénalité à l'arrivée, deux réprimandes et un recul de trois places sur la grille ! Après une fin de saison 2010 décousue, il a récidivé toute l'année 2011, avec en fil rouge des accrochages et un dialogue de sourd avec Massa. La paix scellée l'an dernier au Brésil, il a promis de ne plus se disperser. Capable de sortir un tour venu de nulle part en qualif, doué de ressources sans égales lorsqu'il s'agit de dépasser, il a vu l'an passé à quel point Button pouvait renverser la vapeur le dimanche. Son défi reste le même : flamber mais juste ce qu'il faut.
Jenson Button – 1 titre : 2009
Il possède le pilotage le plus coulé du peloton. Pour vous en persuader, regardez en caméra embarquée comment il tourne le volant. Le mouvement est progressif, jamais brusque. Presque imperceptible. Button au volant, c'est de l'art, de la précision au kilomètre. Jamais impulsif non plus : quand les conditions varient, quand la course s'emballe, il ne s'affole pas et évite les options les plus extrêmes. C'est à ce petit jeu qu'il a souvent compensé en course son retard aux essais sur Hamilton l'an passé. Champion en 2009 avec une voiture supérieure (la Brawn) et un coéquipier sans génie (Barrichello), il s'est fait dominer d'entrée chez McLaren. 2011 a marqué un tournant, consacré comme le moins éloigné de Vettel. Il attaque 2012 avec une machine plus proche de la Red Bull mais un coéquipier revigoré.
Sebastian Vettel - 2 titres : 2010, 2011
L'Allemand est d'une exceptionnelle maturité technique pour ses 23 ans et 81 Grands Prix. A Monza, en 2011, il a pris une nouvelle envergure en poussant RBR à le suivre dans ses conclusions à contre courant : le manque de puissance du Renault et le moindre rendement de la RB7 à haute vitesse imposaient de sacrifier la Vmax avec des rapports de boîte courts. Pour quoi ? Pour mieux s'échapper en sortie de virages et éviter d'être une proie facile par DRS interposé. Bingo ! En essais aussi, il est prodigieux, presque excité de devoir tout mettre sur un tour, en Q3. Son autre petit jeu favori est de parfois pousser sa mécanique dans le dernier tour. Pour un chrono, rappeler qu'il en avait sous la semelle. Une folie pour les ingénieurs, un coup de bambou assené aux adversaires. Son sens de l'humour en fait un personnage intéressant mais pas un phénomène charismatique comme Schumacher, Hamilton ou Alonso.
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