Formule 1
Saison 2020

Départ de Ricciardo, questions sur son avenir : Renault face à la remise en cause de son projet

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Daniel Ricciardo (Renault) lors des essais de pré-saison, à Barcelone, le 19 février 2020

Crédit: Getty Images

ParJulien Pereira
26/05/2020 à 21:51 | Mis à jour 27/05/2020 à 13:36
@Jap_Pereira

SAISON 2020 – Le Losange tourne-t-il en rond ? Le départ acté de Daniel Ricciardo à la fin de la saison et les différentes conséquences liées à la pandémie de Covid-19 ont remis en cause le projet de Renault en F1. Désormais le constructeur doit redonner du sens à son engagement.

Nous sommes en 2020 et Daniel Ricciardo est là, perché tout en haut du podium, le sourire en banane. L'Australien a rempli de champagne l'une de ses bottines ; il s'apprête à partager le "Shoey" avec son directeur d'écurie, Cyril Abiteboul, pour symboliser une union victorieuse en laquelle beaucoup n'osaient croire.

Il n'y a, aujourd'hui, plus la moindre place pour cette fiction-là, que Renault avait imaginée tourner au réel à son retour en tant qu'écurie, en 2016. Les victoires et les titres constituaient un objectif à moyen-terme et le Losange devait redevenir la référence du sport-roi de l'automobile au début de la nouvelle décennie. D'ici quelques mois, il sera donc déjà l'heure de faire les comptes. A moins d'un miracle absolument unique dans l'Histoire de la F1, ils ne seront pas bons.

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Qu'on se le dise, l'arrivée de Daniel Ricciardo ne s'était accompagnée d'aucune garantie de succès. Mais elle avait eu le mérite de crédibiliser cette ambition. A vos yeux, aux nôtres, et surtout, à ceux de ces centaines d'employés de Viry-Châtillon ou d'Enstone mobilisés pour renvoyer le constructeur vers les sommets qu'il avait atteints en 2005 et 2006, avec Fernando Alonso.

"Daniel devrait nous aider à compresser le temps, expliquait Cyril Abiteboul à nos confrères de Motorsport.com il y a un an et demi. Parce que tout le monde est plus intéressé par Renault. Si je parle des postes disponibles, peut-être que plus d'ingénieurs ou plus de gens seront intéressés par le fait de nous rejoindre, parce que nous avons envoyé un message."

Le départ de Ricciardo n'est pas un simple coup d'arrêt

L'analyse avait du sens. Il faut donc imaginer que le départ du pilote de Perth ait l'effet inverse. Qu'il réussisse ou non à faire des miracles au volant de la R.S.20 cette saison, "Banana Dan" partira avec l'enthousiasme suscitée par son arrivée - dont l'importance pour un projet de cet ampleur n'est pas quantifiable, mais réelle.

Ce constat suffit à justifier l'amertume d'Abiteboul : "Dans notre sport, et particulièrement dans la situation actuelle, la confiance réciproque, l’unité et l’engagement sont, plus que jamais, des valeurs essentielles pour une équipe", avait-il déclaré lors de l'annonce du divorce.

Cyril Abiteboul, directeur de Renault F1, lors des essais de pré-saison de Barcelone, le 19 février 2020

Crédit: Getty Images

Cette rupture ne serait qu'un "coup d'arrêt" si elle était isolée. Problème, la saison dernière avait déjà dissipé quelques illusions : après trois exercices de progression linéaire qui lui avaient permis de devenir la 4e écurie du plateau, Renault a rechuté d'un rang en 2019, battue par McLaren dont les monoplaces étaient pourtant animées du même moteur que le sien.

Le Losange comptait sur la refonte totale du règlement technique, dont l'instauration était initialement prévue pour 2021, pour revoir en profondeur l'adaptation de son moteur castelvirois à son châssis, mis au point à Enstone, et hérité des cendres de Lotus sur lesquelles Renault a bâti son retour.

Renault et la question de sa crédibilité

Cette contrainte constitue un vrai plafond de verre pour l'écurie et il est difficile d'imaginer que ses changements d'organigramme, et l'arrivée de Pat Fry à la tête de la direction technique, suffisent à le briser. La nouvelle réglementation lui aurait offert une vraie chance de rebond mais la crise liée à la pandémie de Covid-19 a repoussé l'échéance d'un an. D'ici-là, l'écurie devra faire de la survie.

Car cela ne vous a probablement pas échappé, le constructeur automobile est en grand danger et a dû mettre en place un plan d'économie. Si, pour l'heure, cela ne remet pas directement en cause ses activités en F1 - dont les coûts sont de toute façon marginaux pour une entreprise d'une telle ampleur - Renault devrait accorder beaucoup plus d'importance à ses résultats. Pour une question d'éthique, bien sûr. Mais aussi d'image.

Daniel Ricciardo (Renault) en piste sur le circuit de Barcelone, le 19 février 2020

Crédit: Getty Images

En 2015, le Losange avait acté son retour car il n'avait pas supporté que Red Bull, écurie qu'il motorisait, le critique publiquement avant la fin de leur collaboration. De la même manière, il lui sera difficile de poursuivre son aventure en F1 sans obtenir de meilleurs résultats, tant les répercussions sur le plan marketing seraient importantes.

Là aussi, le contraste est saisissant. Il y a deux ans, Renault s'offrait un énorme coup de pub en signant Ricciardo, ce qui avait même permis à Cyril Abiteboul de s'offrir l'une des meilleures répliques de la série promotionnelle "Drive To Survive", qui cartonne sur Netflix. "Maintenant, tu as besoin d'un moteur et d'un pilote", avait-il glissé à Chris Horner, le boss de l'écurie Red Bull. Désormais, à Renault de se chercher un pilote... et redonner du sens à son projet.

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