Grand Prix d'Azerbaïdjan 2017 : Le coup de roue

Sebastian Vettel est enfin là où il veut être. En 2017, Ferrari lui fournit une machine gagnante et après les sept premières manches de la saison, l'Allemand devance Hamilton au Mondial. Mais à Bakou, le rival britannique va lui faire perdre ses nerfs. Sous le régime de la voiture de sécurité, le pilote Mercedes multiplie les coups de frein. Vettel craque. Il percute son devancier une première fois, déboite et récidive, cette fois-ci volontairement, avec un nouveau coup de volant. Même pénalisé, le leader de la Scuderia ne perd pas les commandes du championnat mais il perd une première bataille psychologique. Hamilton s'en donne à coeur joie : "Voilà comment se comporte un quadruple champion du monde."

Saison 2020
Entre Vettel et Ferrari, le divorce est acté !
12/05/2020 À 06:21

Grand Prix de Singapour 2017 : Le mauvais calcul

En Italie, Vettel a cédé la tête du classement à Hamilton pour la première fois de la saison. Qu'importe. À Singapour, Ferrari a largement l'avantage sur les Flèches d'Argent et l'as d'Heppenheim le démontre en qualification. En pole, il colle 6 dixièmes à son rival. Problème, le quadruple champion du monde a déjà montré des signes de faiblesse au départ. Max Verstappen (Red Bull) en profite. L'Allemand veut s'épargner une lutte avec le prodige batave et décide de le tasser sur la gauche de la piste, là même où son coéquipier Kimi Räikkönen avait tenté de s'infiltrer. Le crash est inévitable, les trois pilotes sont éliminés. Hamilton s'impose et file vers le titre.

Grand Prix du Mexique 2017 : Le constat

A Mexico, Vettel vit un week-end symbolique. Sa 50e pole position doit lui permettre de repousser le sacre de Hamilton. Cet espoir-là est une nouvelle fois dissipé d'entrée : obsédé par Verstappen, l'Allemand laisse aussi filer le Britannique et fait des dégâts sur son aileron avant, après avoir percuté le pneu du Britannique. Malgré une crevaison, le pilote Mercedes s'adjuge le titre et rejoint l'Allemand au palmarès. "Si je compte bien, il est à égalité avec moi, concède le N.1 de la Scuderia. Je ne le crains pas, j'aime courir contre lui mais j'aurais aimé le faire plus longtemps. Dans l'ensemble, ils (Hamilton et Mercedes) étaient juste meilleurs."

Lewis Hamilton (Mercedes) et Sebastian Vettel (Ferrari) en 2017

Crédit: Getty Images

Grand Prix de France 2018 : Même quand ça va…

Comme en 2017, Vettel a à sa disposition les moyens techniques de rivaliser avec Hamilton. En France, il démontre même que les problèmes qu'il rencontrait au départ sont résolus. Troisième à l'extinction des feux, il fond sur Hamilton mais se retrouve coincé, avec Bottas à sa droite. Au premier virage, il manque son freinage et percute la monoplace du Finlandais. Il concède 15 nouveaux points à son rival, vainqueur. "Mon départ a été trop bon, confie-t-il. Valtteri a essayé de reprendre sa position et je l'ai percuté. C'est dommage pour lui car il n'avait vraiment rien fait de mal."

Grand Prix d'Autriche 2018 : L'opportunité manquée

Une fois n'est pas coutume, Mercedes vacille. A Spielberg, les deux Flèches d'Argent s'éliminent sur des avaries. Vettel en profite... moyennement. Certes, l'Allemand monte sur le podium mais il est battu par son coéquipier, Räikkönen, et Verstappen, vainqueur. La raison ? La veille, en qualification, le pilote d'Heppenheim avait décroché le troisième temps mais il a finalement été sanctionné d'un recul de trois places sur la grille après avoir gêné Carlos Sainz (Renault) durant la séance. L'Allemand quitte l'Autriche avec un petit point d'avance en tête du Mondial. Dommage...

Sebastian Vettel (Ferrari) au Grand Prix d'Autriche 2018

Crédit: Getty Images

Grand Prix d'Allemagne 2018 : Le tournant

Pour Vettel, l'été est bien celui des occasions manquées. En Allemagne, Vettel file vers une victoire qui doit confirmer qu'il a bel et bien repris l'ascendant sur Hamilton. Devant son public, il mène. Avec de la marge. Il ne le sait pas encore mais à 16 tours du drapeau à damier, il s'apprête à vivre le tournant de la saison. Peut-être même de sa carrière. Au virage N.13, dans le stadium, il manque complètement son freinage et envoie sa monoplace dans le mur de pneumatiques. "C'est une énorme erreur, concède-t-il. Pour autant, ça ne va pas m'empêcher de dormir ce soir." On peut en douter. Vettel cède la tête du Mondial ce jour-là. Et ne la récupèrera plus.

Grand Prix de Hongrie 2018 : L'impuissance

Le Hungaroring peut remettre Vettel sur le bon chemin. Le tracé de Mogyorod est favorable à Ferrari et, dès le vendredi aux essais, Hamilton semble perdu dans les réglages de sa monoplace. L'Allemand est favori pour la pole. Oui mais voilà, le ciel s'obscurcit et la pluie rebat les cartes en qualification. Le champion du monde en titre s'offre la pole et relègue l'Allemand, seulement quatrième, à cinq dixièmes. Le lendemain, le Soleil est de retour mais le mal est fait. "King Lewis" et Mercedes gèrent pour contenir la Scuderia. Impuissant, le pilote d'Heppenheim échoue au 2e rang, derrière le favori au titre. "Notre position sur la grille ne reflétait pas notre rythme, avoue-t-il. Mais ce fut une course difficile."

Grand Prix d'Italie 2018 : Le coup de massue

Cette fois-ci, c'est la bonne. Avec deux Ferrari en première ligne, les Tiffosi n'attendent rien d'autre qu'une victoire à domicile. Pour Hamilton, c'est l'occasion de réussir un tour de force. Dès le premier tour, le Britannique titille les rétroviseurs de l'Allemand. A la deuxième chicane, il s'infiltre avec culot. Vettel ne peut éviter le contact. Tête-à-queue. "J'ai laissé de la place à Lewis et puis j'ai été celui qui a pivoté, ce qui est une farce. Il ne m'a laissé aucun espace. J'ai n'avais pas de solution, je suis entré en contact et en tête-à-queue." L'Allemand fait la moue. Le pilote Mercedes gagne. Et jubile devant le peuple italien.

Grand Prix des Amériques 2018 : Le symbole

Austin n'est qu'un symbole. Mathématiquement, Vettel peut empêcher Hamilton d'être sacré. Psychologiquement, il a lâché prise. A la lutte avec Ricciardo dans le premier tour, le pilote de la Scuderia remet les gaz trop tôt et part en tête-à-queue. Sa remontée est remarquable mais les yeux sont rivés vers le duel qui anime la lutte pour le podium, entre Hamilton et Verstappen. Le titre de "King Lewis" est retardé. Mais l'Allemand a encore flanché.

Sebastian Vettel (Ferrari) au Grand Prix des Etats-Unis d'Amérique 2019

Crédit: Ferrari S.p.A.

Grand Prix de Bahreïn 2019 : Le complexe

Nouvelle saison, nouveau coéquipier, nouveau départ ? Laminée en Australie, Ferrari tape du poing sur la table en sécurisant la première ligne sur la grille, à Bahreïn. En course, le prodige de la Scuderia, Charles Leclerc, lutte avec Mercedes, puis satellise son coéquipier pour prendre la tête. Après la deuxième salve de ravitaillement, Vettel se retrouve menacé par Hamilton mais refuse de craquer une seconde fois. Débordé par son plus grand rival, il perd le contrôle dans un tête-à-queue révélateur. "J'ai vite compris que ce serait très compliqué, avoue-t-il après la course. La voiture était extrêmement difficile à piloter pour moi. Mais pas pour Charles."

Grand Prix du Canada 2019 : La bourde

Les sept premiers grands prix de la saison ont dessiné un scénario que personne n'avait imaginé. Mercedes a raflé tous les succès. Ferrari et Vettel vont enfin mettre fin à cette série au Canada. C'est ce qu'on pense jusqu'au 48e tour. Poleman et irréprochable jusque-là, l'Allemand plie sans rompre, alors que le Britannique approche. Il coupe le virage N.4 mais garde les commandes de justesse devant le Britannique. Son retour en piste est jugé dangereux par les commissaires sportifs et une pénalité de cinq secondes le prive de ce premier succès saisonnier, au profit du champion en titre. Furieux, l'Allemand échange les panneaux désignant les positions dans le parc fermé.

Sebastian Vettel (Ferrari) après l'arrivée du Grand Prix du Canada 2019

Crédit: Getty Images

Grand Prix de Grande-Bretagne 2019 : Le crash

À Silverstone, Hamilton et Bottas font le show. Leclerc et Verstappen font lever les foules. Vettel, lui, s'épargne les duels jusqu'au dernier tiers de course. Pour monter sur le podium, il doit à tout prix dépasser le génie néerlandais. Au lieu de cela, il le percute, l'envoie dans le bac à graviers et l'y accompagne. Pénalisé, il ne se trouve pas d'excuse. "C'était mon erreur, évidemment", reconnait-il.

Grand Prix d'Italie 2019 : La bascule

Vettel ne le sait pas encore mais son destin va basculer à Monza, sur les terres de la Scuderia. Régulièrement battu en qualification par son surdoué de coéquipier, Leclerc, l'Allemand subit le plus gros revers de sa carrière en course. Alors que le Monégasque enlève son deuxième succès consécutif en se mettant les tifosi dans la poche, l'Allemand, lui, grignote encore son crédit. Au sixième tour, le quadruple champion du monde se met encore à l'envers et oublie qu'il n'est pas seul au moment de son retour en piste. Relégué en fond de grille puis pénalisé, l'Allemand passe la ligne 13e, dans l'anonymat, pendant que Ferrari fête sa victoire à domicile.

Grand Prix de Russie 2019 : Le refus

A Sotchi, Ferrari joue avec le feu. La Scuderia décide de passer des consignes, sachant pertinemment que Vettel n'a jamais été enclin à les respecter, et alors que la rivalité entre des deux pilotes ne cesse de grimper. En qualification, le Monégasque s'est offert la pole et l'écurie veut que l'Allemand, troisième, profite de son aspiration pour se débarrasser de Hamilton, intercalé. Sans surprise, le pilote d'Heppenheim n'obtempère pas et prend la tête. Ferrari profitera des ravitaillement pour inverser les positions mais le mal est fait. En position de force, Leclerc dévoile la stratégie initiale au grand jour. En interne, Ferrari doit trancher. Vettel n'est plus le N.1.

Sebastian Vettel et Charles Leclerc (Ferrari) au Grand Prix de Russie 2019

Crédit: Getty Images

Grand Prix du Brésil 2019 : Le fiasco

Dans une fin de course complètement folle à Interlagos, Leclerc fait la leçon à son coéquipier au virage N.1. Dans la ligne droite opposée, Vettel active son DRS, déboule sur la droite puis se déporte légèrement sur la gauche après avoir attaqué le Monégasque. Le contact est inévitable. Double abandon. Nouvelle humiliation pour Ferrari. A leur retour en Europe, les deux pilotes sont convoqués à Maranello. Quelques semaines plus tard, Ferrari annonce avoir prolongé le contrat de Leclerc jusqu'en 2024. Pour Vettel, le message est clair. Il sera officialisé en mai.

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