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Saison 2020

"Personne ne lève le petit doigt dans mon sport" : Hamilton fait bouger les lignes en F1

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Lewis Hamilton

Crédit: Getty Images

ParAFP
02/06/2020 à 15:02 | Mis à jour 02/06/2020 à 15:41

SAISON 2020 - Que ce soit dans le paddock ou en dehors, Lewis Hamilton n'a jamais la langue dans sa poche lorsqu'il s'agit de défendre une cause. Le week-end dernier, le sextuple champion du monde a pointé du doigt le monde de la F1 qui ne s'est pas mobilisé après la mort de l'Américain George Floyd.

"Personne ne lève le petit doigt dans mon sport qui est bien sûr dominé par les blancs. J'y suis l'une des seules personnes de couleur, je reste encore seul." Sur son compte Instagram, le week-end dernier, Lewis Hamilton n'a pas pris de gants pour dénoncer le silence des "plus grandes stars" de son sport après la mort de George Floyd aux Etats-Unis. "J'aurais cru que vous verriez maintenant pourquoi cela arrive et réagiriez, mais vous ne pouvez pas vous dresser à nos côtés. Sachez juste que je sais qui vous êtes et que je vous vois", a encore écrit le sextuple champion du monde de F1.

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Ce n'est pas la première fois qu'il utilise sa notoriété pour défendre des causes allant au-delà du sport. L'écologie, la défense des animaux, le réchauffement climatique l'ont vu "monter au créneau". Mais à 35 ans et fort d'une extraordinaire carrière, son aura est énorme avec 16,3 millions de personnes qui le suivent sur Instagram et 5,7 millions sur Twitter. Il jouit aussi d'une très bonne réputation chez ses pairs, notamment auprès d'une jeune génération de pilotes rodés aux techniques médiatiques de communication avec leurs fans.

Plusieurs d'entre-eux ont immédiatement réagi à l'appel de leur aîné. "Pour être complètement honnête, je ne me sentais pas à ma place et pas à l'aise de partager mes pensées sur les réseaux sociaux. Mais j'avais complètement tort", a répondu sur Twitter le pilote monégasque de Ferrari Charles Leclerc, 22 ans. Un point de vue partagé par le Britannique George Russell (Williams), aussi âgé de 22 ans, et également par Alex Albon (Red Bull), 24 ans, dont la mère est thaïlandaise.

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Le Britannique Lando Norris (McLaren), l'un des plus actifs à 20 ans sur les réseaux sociaux, a reconnu que son audience lui donnait un rôle particulier à tenir pour "défendre ce qui est juste". Mais cet activisme n'est pas unanimement partagé. Le contre-exemple est Sebastian Vettel, qui court encore jusqu'à la fin de la saison pour Ferrari. Le quadruple champion du monde allemand a fait le choix d'être absent des réseaux sociaux et garde un silence total sur sa vie personnelle et ses opinions.

Cela ne joue pas nécessairement en sa faveur alors qu'il est pour le moment sans volant en 2021. Une source proche de la F1 faisait ainsi observer à l'AFP qu'un éventuel futur patron ne pouvait ignorer le fait que le double champion du monde espagnol Fernando Alonso, désireux à 38 ans de revenir dans la catégorie, pèse plus lourd de 7 millions de "followers". Mercedes, pour qui Hamilton court depuis 2013 et a remporté cinq de ses six couronnes mondiales, lui a en tout cas immédiatement apporté son soutien dimanche. "Nous sommes avec toi Lewis, la tolérance est l'un des principes élémentaires de notre équipe", a affirmé sur Instagram l'écurie allemande.

Avant le GP d'Australie, Hamilton dénonçait "l'argent roi"

Devenu un des porte-voix de ses pairs lors des récentes négociations sur le nouveau règlement de la F1, quitte à critiquer les propositions des instances dirigeantes de son sport, le Britannique n'est pas le premier pilote à "l'ouvrir". L'Ecossais Jackie Stewart, dans les années 1960 et 1970, avait mené une campagne pour la sécurité des circuits et des pilotes qui lui avait aliéné beaucoup de monde. L'Autrichien Niki Lauda, décédé l'an dernier à 70 ans, était également réputé pour son franc-parler et son caractère frondeur.

Mais la plupart de leurs prises de position restaient dans le cadre de la F1 et du sport automobile, dont n'hésite pas à sortir Lewis Hamilton. Il avait été ainsi le premier à dire publiquement, en plein début de pandémie du coronavirus mi-mars, que le "cirque" de la F1 n'avait rien à faire en Australie où allait se disputer le premier Grand Prix de la saison, dénonçant au passage "l'argent roi". Moins de 36 heures après, tout le monde avait plié bagage suite à un premier cas positif sur le paddock.

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