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Opportunité, pression et 10e saison : focus sur les trois Français du paddock

Opportunité, pression et 10e saison : focus sur les trois Français du paddock

Le 11/03/2020 à 13:51Mis à jour Le 11/03/2020 à 13:52

FORMULE 1 - Trois des vingt volants du paddock sont entre les mains de pilotes français, au départ de la saison 2020, qui débute cette semaine en Australie. Esteban Ocon (Renault) se voit pour la première fois confier une monoplace d'équipe usine, Pierre Gasly (AlphaTauri) espère confirmer son bon résultat acquis au Brésil l'an passé, tandis que Romain Grosjean (Haas) avance dans le brouillard.

Esteban OCON (Renault, 23 ans) : Deux ans pour s’affirmer

  • Numéro permanent : 31
  • Débuts en Formule 1 : 2016
  • Nombre de GP : 50
  • Nombre de podium : 0
  • Meilleur résultat : 5e (2 fois)
  • Meilleur placement sur la grille : 3e
  • Meilleur classement pilote : 8e (2017)
  • Sous contrat jusqu’à la fin de la saison 2021

Il est de retour. Après une saison à ronger son frein en tant que pilote d’essai chez Mercedes, Esteban Ocon retrouve un volant en Formule 1, chez Renault, à partir de cette semaine en Australie. Le Français a fait ses classes dans la catégorie reine avec Manor Racing puis Force India, des clients de Mercedes. Il pouvait espérer être un jour promu au sein de la prestigieuse écurie des Flèches d’argent. Mais face à l’immense concurrence représentée par Valtteri Bottas, sans même parler de Lewis Hamilton, Ocon risquait de terminer dans une impasse.

" Jusqu’au dernier moment, il y a eu des discussions (avec Mercedes, ndlr)"

En janvier, le pilote français a confié à ESPN qu’il avait été "très proche" d’obtenir un baquet chez Mercedes pour cette saison, aux côtés du sextuple champion du monde. Mais Bottas a été reconduit. "Jusqu’au dernier moment, il y a eu des discussions. Mais c’est fait maintenant, je dois regarder de l’avant" ajoute Ocon, dont l’avenir à moyen terme a été scellé le 29 août 2019.

En rejoignant Renault dans le cadre d’un deal de deux ans, il a l’opportunité de faire ses preuves dans une équipe usine, pour la première fois de sa carrière, et ce sans être sous la menace du couperet d’une fin de contrat imminente. En revanche, il s’éloigne du giron de Toto Wolff et de Mercedes, avec qui il n’a pas coupé toute relation puisque l’écurie allemande "manage" encore sa carrière. Dans l’optique de décrocher un premier Grand Prix, dire au revoir à la firme à l’étoile complique la tâche.

Un objectif collectif ? "Se battre pour la quatrième place au championnat constructeur (Renault a terminé 5e la saison dernière, ndlr)", avance prudemment Ocon. Individuellement, il susurre tout juste le but "de pousser" Daniel Ricciardo, son expérimenté coéquipier (30 ans, 7 victoires). Une ambition mesurée dans les mots qui ne devra pas transpirer dans son pilotage. Il a l'occasion de s'étalonner face à un pilote reconnu du circuit et pour cela, rien de mieux que de tenter de le devancer.

Vidéo - Ocon : "Se battre pour la 4e place constructeurs"

01:25

Pierre GASLY (AlphaTauri, 24 ans) : Surfer sur le Brésil... et vite !

  • Numéro permanent : 10
  • Débuts en Formule 1 : 2017
  • Nombre de GP : 47
  • Nombre de podium : 1
  • Meilleur résultat : 2e
  • Meilleur placement sur la grille : 4e
  • Meilleur classement pilote : 7e (2019)
  • Sous contrat jusqu’à la fin de la saison 2020

L’an dernier, il est passé par toutes les émotions. Promu de l’écurie Toro Rosso (depuis devenue AlphaTauri) à Red Bull à l’occasion de la saison 2019… il a fait le chemin inverse dès la trêve estivale. Un camouflet accompagné d’une critique acerbe du responsable de la filière pilotes de Red Bull, Helmut Marko. "Il (Gasly) a des problèmes dans le trafic, il n’aime pas doubler" avait asséné ce dernier dans les colonnes d’Auto Bild, pour justifier le remplacement du pilote français par Alexander Albon, qui avait alors pris l’ascenseur dans l’autre sens.

Le coup était dur à encaisser. Mais Gasly l’a fait avec brio, décrochant le meilleur résultat de sa carrière durant la deuxième partie de saison. Une 2e place au Grand Prix du Brésil, au volant d’une Toro Rosso, donc, alors qu’il n’avait pas fait mieux que 4e en tant que pilote Red Bull. "J’avais dit : 'ma réponse sera sur la piste'. Je ne pensais pas qu’elle serait de cette manière-là !", avait-il réagi, incrédule, au micro de Canal +, à l’issue de ce premier podium en carrière, décroché à Sao Paulo dans un final chaotique.

" Nous avons très bien terminé la saison, avec plusieurs bonnes courses, un podium au Brésil (...) l’objectif est de reproduire ce type de performance autant que possible"

Voilà pour la réaction d’orgueil. Place maintenant à un tout autre défi : pérenniser les bons résultats. "Nous avons très bien terminé la saison, avec plusieurs bonnes courses, un podium au Brésil, a rappelé Gasly mi-février, lors de la présentation de sa monoplace. Il faut continuer sur cette lancée, l’objectif est de reproduire ce type de performance autant que possible." En ligne de mire : le Top 5 constructeurs, objectif fixé par le directeur de l'équipe, Franz Tost. Mission conférée à Pierre Gasly, donc, et Daniil Kvyat, qui a lui aussi un temps évolué dans la maison-mère (2015-2016).

En filigrane, l'objectif est de remonter d’un cran dans la hiérarchie des pilotes affiliés à la firme Red Bull. C'est l'enjeu de l'exercice 2020 de Gasly, qui est déjà sous pression. Le tremplin AlphaTauri (ex-Toro Rosso) est une antichambre pour les jeunes pousses, y rester plus de trois saisons revient à y végéter. Le pilote normand a débuté en Formule 1 en son sein en 2017 et il bénéficie d’un contrat d’une seule saison. Il n’a que 24 ans, mais déjà plus beaucoup de droit à l’erreur.

Vidéo - Hamilton peut-il perdre le titre ? On en a parlé dans Les Fous du Volant

42:37

Romain GROSJEAN (Haas, 33 ans) : Sans certitude ni lassitude

  • Numéro permanent : 8
  • Débuts en Formule 1 : 2009
  • Nombre de GP : 164
  • Nombre de podiums : 10
  • Meilleur résultat : 2e (2 fois)
  • Meilleur placement sur la grille : 2e
  • Meilleur classement : 7e (2013)
  • Sous contrat jusqu’à la fin de la saison 2020

Romain Grosjean est dans une situation différente de celle de ses deux compatriotes. Il va entamer sa dixième saison de Formule 1 et il y a bien longtemps qu'il n'est plus le jeune aux dents longues qu'il était en 2012 et 2013 chez Lotus. Il a intégré l'écurie Haas en 2016, sans doute dans l'espoir de briguer un volant Ferrari, mais il n'a pas obtenu de résultat significatif depuis (aucun de ses dix podiums en carrière, notamment). Et cette perspective n'est plus du tout d'actualité.

La saison dernière a même ressemblé à un calvaire pour Grosjean. Il l'avait qualifiée d'"année de misère" au micro de Canal + après le Grand Prix du Brésil, à deux doigts de choisir un mot plus grossier, avant de fustiger "(son) char à voile." Il débute 2020 avec la volonté d'enfouir 2019 dans une faille temporelle : "C'est sûr que l'on part dans la continuité de ce que l'on a fait en... 2018", a-t-il expliqué à Motorsport en février.

"Je suis encore trop amoureux de la Formule 1"

Grosjean n'affiche pas une grande ambition. Mais cela lui octroie, aussi, peu de pression, à l'aube de ce qui pourrait être sa dernière danse en F1. "On va faire cette année, on va voir comment ça se passe, répond-il concernant son futur, alors que son maintien dans l'équipe pour 2020 - comme celui de Kevin Magnussen - faisait l'objet de doutes l'été dernier. Les objectifs dépendent énormément de comment la voiture va performer."

Mais s'il est évasif sur son avenir, le Français de 33 ans se montre limpide sur son absence de lassitude : "Je n'ai pas envie de quitter la Formule 1, même si elle est frustrante, même si elle est injuste, même si parfois on rentre chez soi en se disant qu'on préférerait être dans une autre catégorie, pour pouvoir gagner des courses (…) Je suis encore trop amoureux de la Formule 1." Un amour dont la réciprocité est moins évidente que lors des débuts prometteurs de Grosjean. Son défi est d'en raviver la flamme.

Vidéo - "Chez Ferrari, on ne cache pas son jeu, il y a vraiment un problème"

08:07