De loin, il est un ado comme tous les autres. Il a, lui aussi, eu droit à la petite boule au ventre avant de passer son grand oral du baccalauréat, qu'il a finalement obtenu - avec mention. Il n'échappe pas, non plus, à l'appréhension d'une période estivale charnière au cours de laquelle il tentera de passer l'examen du code de la route avant de fêter ses 18 ans le 20 août prochain, puis le permis de conduire. Mais de près, le quotidien de Théo Pourchaire n'a en réalité pas grand-chose à voir avec celui des autres jeunes adultes de son âge.
Comme beaucoup avant lui, le Grassois rêve de devenir champion du monde de Formule 1. Et s'il n'existe pas de chemin tout tracé pour y parvenir, Pourchaire semble au moins sur la bonne route. Il a même pris la voie rapide. À 17 ans, donc, Pourchaire a déjà gagné (presque) partout où il est passé.
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Champion de France de Formule 4 junior en 2018, sacré dans le très réputé championnat d'Allemagne l'année suivante, il a sauté dans le grand bain la saison dernière, en F3, et vite sorti la tête de l'eau : avec deux succès et 161 points, il n'a échoué qu'à trois petites unités du pilote titré, le très réputé Oscar Piastri, dont la carrière est gérée par un certain Mark Webber.
Ne lui parlez donc pas d'âge, ni du vieil adage certifiant qu'il faut une année pour apprendre et une autre pour gagner, dans chaque catégorie. "Pour moi, c'est normal de progresser d'année en année, nous assure-t-il. Je ne voyais pas les choses autrement. D'un côté, je veux tout gagner. D'un autre, je ne me mets pas de pression parce que je suis jeune et que j'ai encore beaucoup de choses à apprendre." Le voici maintenant un échelon plus haut, en F2, l'antichambre de la Formule 1. Où il a déjà brillé.

Dans la fabrique à champions

Le 22 mai dernier, le Français y décrochait son premier succès, à Monaco. "Ça devait arriver, glisse-t-il. Pas forcément à Monaco, puisque c'est un circuit difficile sur lequel je n'avais jamais roulé auparavant. C'était extraordinaire. Mais ça faisait partie du plan car je ne m'imaginais pas ne pas gagner de course cette année. C'est l'état d'esprit que j'ai toujours eu." Gagner en Principauté est toujours particulier. Le faire à 17 ans, 9 mois et 2 jours, encore plus : il n'y avait jamais eu un vainqueur plus jeune en F2.
Le précédent record de précocité était détenu par Lando Norris, un autre talent pressé qui avait sauté quelques classes avant de débarquer en F1 et d'y devenir, cette saison, l'un des hommes forts. Le Britannique a lui aussi profité de "l'effet Verstappen", dont les succès hâtifs en catégorie reine ont poussé toutes les écuries majeures à dégoter le meilleur pilote d'avenir.

Théo Pourchaire (ART Grand Prix) avant le 3e rendez-vous de Formule 2, à Bakou

Crédit: Getty Images

Pourchaire, lui, a intégré le giron Sauber, engagé en Formule 1 sous la dénomination commerciale d'Alfa Romeo. En F2, il est engagé par la structure ART, une fabrique à champions fondée par l'actuel directeur de l'écurie Alfa, Frédéric Vasseur, qui a accompagné Lewis Hamilton et Nico Rosberg à leurs débuts.
Auteurs de débuts convaincants dans l'antichambre, Pourchaire occupe la 6e place du championnat malgré un week-end difficile en Azerbaïdjan, où une manœuvre trop agressive d'un autre pilote a provoqué son abandon et causé, indirectement, une fracture de son radius gauche. "Un Top 5 à l'issue de la saison serait super, note-t-il. Mais il y a aussi certaines circonstances. Être accroché deux fois à Bakou m'a coûté beaucoup de points. J'aurais pu être 2e du championnat, je me retrouve 6e. Mais Sauber regarde toutes mes courses."
J'ai toujours eu un plan de carrière
Pour l'heure, Alfa Romeo n'a pas encore tranché l'avenir de ses deux pilotes, Kimi Räikkönen, bientôt 42 ans, et Antonio Giovinazzi. L'écurie n'a pas toutes les cartes en mains. Et Ferrari pourrait profiter de son partenariat technique pour mettre en couveuse les jeunes pousses de son académie. L'équation comporte donc plusieurs inconnues. L'horizon n'est pas encore totalement dégagé.
"J'ai toujours eu un plan de carrière, assure le Grassois. Mais tout ne se passe pas toujours comme on l'imagine. Honnêtement, je ne pense vraiment pas à la F1. Ça me paraît encore loin, même si la F2 en est l'antichambre. Je donne tout pour y arriver mais je n'en fais pas une obsession. Le plus important est que je donne tout maintenant car il n'y a que les résultats qui comptent."
Cette fois, il pourrait donc prendre son temps. D'autant que Vasseur, lui, n'est pas pressé. "J'ai été impressionné par Théo, tout comme je l'avais été l'année dernière, confiait-il en marge du Grand Prix de France. Pour autant, je ne veux pas faire de comparaison avec Lewis [Hamilton], Nico [Rosberg] ou Charles [Leclerc]. Ils étaient beaucoup plus âgés et avaient beaucoup plus d'expérience. Je pense que ce serait une erreur de le pousser trop tôt. Nous devons garder à l'esprit qu'il n'a que 17 ans."
Pour l'heure, Pourchaire n'a donc pas de quoi se faire des nœuds au cerveau pour sa carrière de pilote. Pour sa vie d'automobiliste, un peu plus : "Je stresse un peu pour le code... Je vais devoir m'y mettre sérieusement cet été."

Théo Pourchaire (ART Grand Prix)

Crédit: Getty Images

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