Formule 1 - De jeune loup à taulier : en un an, Max Verstappen (Red Bull) a changé de style

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GRAND PRIX DU JAPON - Impérial sous la pluie, Max Verstappen (Red Bull) était dans une classe à part sous la pluie, dimanche à Suzuka, et son titre n'en revêt que plus de valeur. Mais c'est surtout un pilote différent que l'on a vu émerger, spécialement au fil des difficultés cette saison. Les abandons de Sakhir et Melbourne ont même semble-t-il accéléré sa mue vers un pilotage plus réfléchi.

"Ce qu'il s'est passé au Japon est un camouflet majeur pour ce sport"

Video credit: Eurosport

Défaite sans obstruction, peur de l'abandon, profil bas dans le money time, Max Verstappen a modifié son ADN de pilote dans sa quête de deuxième titre. Il l'a fait de façon parfois flagrante, en acceptant des concessions surprenantes vu le tempérament sanguin qu'on lui connaissait. Et ce sont peut-être ses deux abandons lors des trois premières courses de la saison, qui l'ont amené à avoir cette nouvelle approche, et dessiné le Verstappen 2.0. implacable de 2022.
Au soir de Melbourne, il a deux abandons et les 25 points de sa victoire en Arabie saoudite au compteur. Un maigre butin par rapport aux 71 unités amassées par Charles Leclerc (Ferrari), qui fait figure de grand favori au titre. Pourtant, chez Red Bull personne ne perd ses moyens, comme le raconte le principal intéressé.
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Max Verstappen (Red Bull) et Charles Leclerc (Ferrari) au Grand Prix du Japon 2022

Crédit: Getty Images

Savoir gérer les temps faibles

"Nous étions sonnés, a-t-il avoué, dimanche. Et nous savions aussi que nous devions solutionner ça rapidement. Pour être honnête, ça allait, ce n'était pas comme si nous étions démoralisés. Tout le monde était en mode : 'C'est une longue saison, beaucoup de choses peuvent arriver.' Nous avons essayé de régler ça au plus vite (les problèmes de moteur) et nous étions super motivés pour renverser la situation." Et Charles Leclerc et toute la Scuderia Ferrari ont vu ce que ça a donné : un triptyque victorieux plus tard, à Imola, Miami et Montmelo, "Super Max" est de retour au pouvoir, définitivement.
C'est là que l'as à la RB18 n°1 aurait pu se remettre en mode "tout ou rien" face à une Scuderia Ferrari brouillonne, mais on voit rapidement que la tactique a changé. #MV1 subit les événements à Monaco et c'est son père Jos qui monte au créneau pour se plaindre de la stratégie "Tout Pérez" de Red Bull Racing. Il remet un coup d'accélérateur au championnat à Bakou et à Montréal avant deux nouveaux trous d'air. A Silverstone, la monoplace autrichienne est juste hors du coup (6e), et à Spielberg, c'est carrément la douche froide après le survol de la course Sprint. La métamorphose est même sidérante car il laisse passer trois fois la F1 75 n°16 sans rechigner.
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Max Verstappen (Red Bull) au Grand Prix d'Autriche 2022

Crédit: Getty Images

"Un pilote qui ne fait qu'un avec la voiture"

On ne reconnaît plus le combattant pugnace. Aurait-il changé ? L'hypothèse devient une certitude en l'écoutant après ses qualifications à Budapest (10e) et à Spa-Francorchamps (14e). Rétrogradé en milieu de grille pas des pénalités techniques, il avoue redouter l'abandon. C'est vrai, il a déjà donné, et ses 63 points d'avance sur Charles Leclerc ne sont pas une raison pour faire n'importe quoi. Et non, il n'ira pas au contact même s'il adore ça ; ou adorait. "C'est difficile de doubler ici et se faire un chemin dans le trafic, donc nous devrons être patients", assure-t-il. Ses propos seront à peu près les mêmes dans les Ardennes et le résultat identique : une remontée victorieuse.
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Max Verstappen (Red Bull) au Grand Prix de Belgique 2022

Crédit: Getty Images

Le voilà avec ses premières remontées fantastiques, lui qui n'avait jamais gagné en partant au-delà du top 4. Le style a changé. C'est Max Verstappen en mieux, c'est écœurant pour la concurrence et Christian Horner se pâme. "On est témoin d'un pilote qui ne fait qu'un avec la voiture, qui est en état de grâce", commente le directeur de Red Bull Racing après Spa.

"Il était hors catégorie"

Pour autant, Singapour va apporter la preuve ultime que l'as des Pays-Bas a changé de logiciel. Qualifié huitième, il joue sa première balle de match dans la course au titre sans se laisser griser par ses exploits hongrois et belge. Au premier virage, c'est lui qui lève le pied dans la bataille à quatre de front. Ça ne lui ressemble pas, à moins de se dire qu'on se trompe en regardant l'ancien Verstappen. Piégé par une bosse en attaquant Lando Norris (McLaren), il reprend Lewis Hamilton (Mercedes) et Sebastian Vettel (Aston Martin). Le timing est maîtrisé : c'était les seuls qu'il pouvait doubler dans les trois derniers tours pour P7.
Avec ces six points, le Hollandais va avoir une nouvelle chance de se couronner à Suzuka. Mieux, il a son destin en main et un adversaire avec qui il n'a eu aucune friction cette saison. Il remontre pour l'occasion ce pilotage "à la dure" qu'il l'aime et préserve l'avantage de sa pole position dans le virage n°1 puis s'envoler vers un succès pluvieux impressionnant, à raison d'une seconde par tour plus vite que le pilote de Monte-Carlo en bagarre avec son coéquipier. "Il était hors catégorie, apprécie son manager, Raymond Vermeulen. On l'a vu dans ses chronos par rapport à ceux de Charles et Checo."
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Max Verstappen (Red Bull) au Grand Prix du Japon 2022

Crédit: Getty Images

"Pas nécessairement devenu un pilote plus rapide"

"Max a conduit de manière incroyable toute la saison, sans aucune erreur, et a montré au monde entier une fois de plus quel talent incroyable il a, juge Stefano Domenicali, le PDG de Formula 1. Rien à voir effectivement avec les incidents qui avait émaillé son duel avec Lewis Hamilton en 2021. "Max a été vraiment, vraiment dominant. Nous sommes revenus de quelques difficultés dans les deux premières courses, mais honnêtement, lui et l'équipe ont élevé le niveau à un autre palier", ajoute Christian Horner.
De son côté, Helmut Marko, qui l'a enrôle en 2014, gagne de la hauteur pour déclarer : "Max est bien plus relax et plus mûr. C'est un gros step. Je ne pense pas que ce soit la fin de ce que nous avons vu de ses performances."
"Bien sûr, les gens attendent probablement un peu plus de moi, confie le nouveau double champion du monde. Mais au final pour moi, ça ne change pas vraiment. On se regarde toujours et se disant : 'Que puis-je faire de mieux ?' Je ne pense pas être nécessairement devenu un pilote plus rapide, car je ne pense pas qu'à ce stade de notre propre carrière on trouve soudainement un dixième ou deux dixièmes dans le pilotage. Il s'agit d'apprendre des saisons précédentes et d'essayer simplement de l'appliquer. Et probablement que parfois, certaines situations peuvent rendre un peu plus rapide parce que qu'on sait un peu mieux comment faire." La concurrence peut déjà redouter le Max Verstappen 3.0.
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