Pierre Gasly n'a pas signé un contrat avec AlphaTauri mais avec la maison mère Red Bull, ce qui avait d'ailleurs permis à Helmut Marko, qui fait la pluie et le beau temps en matière de contrat, de le rétrograder dans l'équipe B, Toro Rosso, lors de l'été 2019. Le Français est surtout en fin de contrat à l'issue de cette saison, avec des options sur les saisons 2022 et 2023, sur lesquelles son employeur a très probablement la main. Bref, le Normand, sensationnel vainqueur du Grand Prix d'Italie en 2020, sent que le moment est venu de passer à autre chose. Il ne s'en est de toute façon jamais caché : cette saison 2021 avec AlphaTauri doit être sa dernière.
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Alors, quelles sont ses solutions pour 2022 ? Revenir chez Red Bull, viser un baquet dans un autre team de pointe comme Mercedes ou Ferrari ? Ou tenter l'aventure Alpine ? A l'entendre, il n'a engagé de négociation avec aucun entités, et si cela devait être le cas, ce devrait d'abord être son actuelle équipe. "Les opportunités viendront avec les résultats. Surtout si je poursuis sur la lancée de fin 2019 et 2020, prévient-il dans L'Equipe, samedi. C'est ça qui fera monter ma cote dans le paddock. On verra alors les projets qui se présenteront."
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On peut déjà le corriger : sa cote est au firmament. Depuis sa deuxième place au Grand Prix du Brésil en 2019, sa victoire à Monza et sa saison 2020 conclue à dixième place du Championnat du monde avec 75 points, devant des pilotes mieux équipés comme Lance Stroll (Racing Point), Esteban Ocon (Renault) et surtout Sebastian Vettel (Ferrari).

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Red Bull : Une tentation et un piège

Pierre Gasly a prouvé que le recruteur Helmut Marko avait eu tort de le renvoyer chez Toro Rosso en gagnant à Monza et rêve d'une deuxième chance chez Red Bull. Max Verstappen est sous contrat jusqu'en 2023, et le respectera à moins que Lewis Hamilton ne viennent à libérer un baquet chez Mercedes. La seconde solution serait de remplacer Sergio Pérez, sous contrat uniquement en 2021. Pour autant, ses chances sont extrêmement faibles car dans les deux cas, Helmut Marko estime que Pierre Gasly a atteint son plafond de verre chez Red Bull Racing et qu'il serait de tout façon moins rapide que les deux actuels titulaires. A raison de 0"8 vis-à-vis du Batave et de 0"4 par rapport aux Mexicains, selon ses propres estimations.
A Sakhir, rappelle L'Equipe, l'Autrichien, qui tient son autorité de son statut d'ancien pilote de Formule 1 et de vainqueur des 24 Heures du Mans, n'avait pas non plus été impressionné par la cinquième place qualificative du pilote de Faenza, et par son rythme de course après un contact avec l'Alpine de Esteban Ocon. Il avait jugé que Max Verstappen "aurait tourné deux ou trois dixièmes plus vite" que lui.
Son seul espoir est donc que Sergio Pérez échoue dans les grandes largeurs, ce qui n'est pas impossible tant son style de pilotage ne convient pas à la Red Bull, construite pour Max Verstappen. Pierre Gasly doit aussi se souvenir que tout peut vite mal tourner chez Red Bull, et que même le directeur d'équipe, Christian Horner, ne l'a jamais soutenu. En 2019, Pierre Gasly avait entamé la confiance de l'équipe de Milton Keynes en détruisant la nouvelle monoplace en essais de pré-saison, et il n'avait ensuite été qu'un faire-valoir. Des preuves ? Ces tests de pièces le vendredi au service de Verstappen, ces stratégies désavantageuses, des "plan B" sans issue en course et cette privation d'évolutions techniques accompagnées d’une interdiction de communiquer avec la presse française. Tout un arsenal sournois qu'il pourrait retrouver et qui détruirait le crédit qu'il s'est reconstitué.
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AlphaTauri : Le risque de la stagnation

L'écurie a apprécié toute la promotion faite pour ses produits - une ligne de vêtements - après la victoire à Monza, et elle ne le conserverait que dans cette optique, outre maintenir son standing d'équipe de première moitié de grille - sans volonté d'aller plus haut - et accélérer la formation de Yuki Tsunoda.
Pierre Gasly a toujours dit qu'AlphaTauri était une famille pour lui mais il est franchement temps de la quitter.
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Mercedes, Ferrari, McLaren : Voies sans issue

De ces équipes, la seule qui aurait un baquet à proposer est l'allemande. Mais la cause est entendue : Max Verstappen remplacerait Lewis Hamilton, et George Russell (Williams) prendrait la suite de Valtteri Bottas.
Ferrari a contracté Charles Leclerc jusqu'en 2024 et Carlos Sainz jusqu'en 2022, avec des options pour la suite. McLaren a enrôlé Daniel Ricciardo pour trois ans et Lando Norris sera encore à Woking en 2022.

Alpine : La touche française

A la tête du Losange, Luca de Meo s'est lancé dans un projet marketing de grande ampleur en renommant Renault et en faisant d'Alpine une équipe de France de la Formule 1, avec un côté bleu-blanc-rouge revendiqué. Pierre Gasly a une énorme cote d'amour depuis Monza et serait la dernière pièce à cette édifice.
La première victime en serait Esteban Ocon, mais il fait reconnaître que le pilote d'Evreux tarde à percer. Ultra dominé par Daniel Ricciardo en 2020, il ne se démarque pas du revenant Fernando Alonso et n'apparaît pas encore comme le successeur de l'Espagnol, capable d'être à terme champion du monde.
Reste à savoir quel sera le potentiel de la monoplace de 2022. Sera-t-elle à la pointe de la nouvelle réglementation marquant le retour de l'effet de sol ? Impossible à dire avant les premiers essais de 2022. C'est le risque que Pierre Gasly doit prendre pour passer un nouveau cap dans sa carrière.
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