Max Verstappen champion du monde | "Super Max" et les détails qui ont fait la différence

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Si Max Verstappen est un pilote à part, c'est aussi parce qu'il ne laisse rien au hasard. Le Néerlandais, sacré champion du monde pour la 3e fois samedi lors du Sprint au Qatar, a démontré tout au long de la saison qu'il était capable de raisonner stratégiquement, de se surpasser au bon moment ou d'imposer ses idées à son écurie. Retour sur trois moments qui illustrent cette facette du pilote.

Verstappen triple champion du monde : 2023, pas son plus beau titre

Video credit: Eurosport

Grand Prix de Miami : Plan osé, exécution parfaite

C'est la première grosse claque infligée par Max Verstappen à Sergio Pérez. Alors que les deux pilotes Red Bull sont au coude à coude au championnat, le Néerlandais s'impose en Floride, en s'élançant depuis le neuvième rang sur la grille de départ et en dépassant en piste "Checo", pourtant parti en pole.
La veille, en qualification, "Super Max" s'est retrouvé piégé par le crash de Charles Leclerc l'ayant empêché d'établir un chrono. Il doit trouver un plan pour se refaire. Et ne pas laisser son voisin de garage reprendre la main en tête du Mondial.
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Max Verstappen (Red Bull) et les petits détails qui font la différence

Crédit: Marko Popovic

Après la qualification, le double champion du monde s'enferme avec son ingénieur Gianpiero Lambiase pour jauger les différentes options. Deux possibilités se dégagent : s'élancer avec des pneus "medium" et les troquer pour des "dur" autour du 20e tour. Ou l'inverse. Sur les simulations établies par Red Bull, la première option est plus rapide d'environ trois secondes. C'est celle que s'apprête à choisir Pérez, en toute logique, puisqu'il est le poleman.
Verstappen, lui, est plutôt attiré par l'autre plan. Et, une fois n'est pas coutume, Lambiase est du même avis. "Nous avions une opinion très arrêtée sur le sujet, racontera plus tard le Néerlandais. Le risque était plus élevé parce qu'en cas de crevaison ou de voiture de sécurité, la course peut devenir beaucoup plus difficile. Mais j'étais content de prendre ce pari."
Christian Horner, lui, n'est pas convaincu. Mais il finit par accorder sa confiance au binôme : "Si c'est ce que vous voulez, alors d'accord." Juste avant la course, le dirigeant britannique est interrogé sur le choix de pneus adopté par Verstappen en vue du départ. "Il part en Pirelli", blague-t-il. Aucun autre membre du Top 10, hormis Esteban Ocon, n'a pris ce risque.
Mais le pari est gagnant. En course, Verstappen emmène ses pneus "dur" jusqu'au 45e tour avec un rythme métronomique, tandis que les pilotes partis en "medium", y compris son coéquipier, ne parviennent pas à les faire fonctionner. Et même lorsque Pérez les délaisse pour des gommes neuves dures, Verstappen demeure le plus rapide en piste. À la 47e boucle, il efface le Mexicain avec une supériorité déconcertante. Une leçon.

Grand Prix de Monaco : "Le meilleur secteur de l'histoire de la Principauté"

C'est le Grand Prix que tout le monde a coché. En particulier Aston Martin. Poil à gratter de Red Bull depuis le début de la saison, l'écurie emmenée par Fernando Alonso voit dans ce rendez-vous monégasque une occasion unique de se payer Max Verstappen et Sergio Pérez. Pour une simple et bonne raison : le si particulier circuit de la Principauté apparaît, sur le papier, bien plus favorable à la monoplace de l'Espagnol qu'à celle du Néerlandais. Mais pour concrétiser cette théorie, battre le pilote oranje en qualification est, pour des raisons évidentes, un impératif.
A 52 secondes de la fin de la séance, Alonso accomplit sa mission. Du moins, c'est ce qu'il pense après avoir battu le local Charles Leclerc (Ferrari) avec un tour épatant bouclé en 1'11"449. Le garage Aston Martin exulte déjà. D'autant que pendant ce temps-là, Verstappen accuse un retard de 0"204 après deux secteurs. Combler un tel écart dans la dernière portion ressemble à une mission impossible. Même pour le double champion du monde en titre…
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Vandoorne : "Verstappen n'a pas forcément l'objectif d'aller chercher 8 titres de champion"

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Pour le leader de Red Bull, il ne reste qu'une solution : atteindre un état de flow, faire corps avec sa machine et appliquer, à l'extrême, la formule gagnante à Monaco. A savoir, flirter avec les rails. Le plus possible. Et devinez quoi ? C'est tout ce qu'il va faire. Dès l'entrée dans le virage de la Piscine, Verstappen arrache une petite partie de la bâche d'un sponsor avec sa roue avant-droite. A la sortie, il effleure les barrières de protection tant et si bien qu'on ne pourrait y glisser une feuille de cigarette. A La Rascasse, rebelote. Et à la sortie du dernier virage, il frotte carrément les panneaux publicitaires.
Sur la ligne, c'est un miracle. Le Néerlandais s'empare de la pole position pour 84 millièmes. Dans le paddock, plusieurs pilotes (Bottas, De Vries, Albon) assistent, ébahis, à ce moment de magie. "Oh mon dieu", souffle l'un d'eux. "Un tour sympa", sourit simplement le poleman à la radio. "Je savais que j'étais derrière après les deux premiers secteurs, raconte-t-il face à la presse. J'ai donc donné tout ce que j'avais. J'ai effleuré quelques rails, mais je suis très content".
Pedro de la Rosa, ancien pilote devenu ambassadeur pour Aston Martin, n'en croit pas ses yeux. "J'ai regardé les données de télémétrie parce que ça me paraissait incroyable de gagner trois dixièmes dans le dernier secteur, confie-t-il, quelques jours plus tard, dans le podcast F1 Nation. C'était surréaliste. […] Max a utilisé chaque centimètre de la piste."
"C'est probablement l'un de ses meilleurs tours de qualification", assure Christian Horner à Sky Sports. Jolyon Palmer, consultant pour la F1, va plus loin. "C'est tout simplement le meilleur secteur de l'histoire de ce circuit".

Grand Prix d'Autriche : Têtu pour un point

Que vaut un point pour un pilote comptant 69 unités d'avance après seulement huit Grands Prix ? Probablement pas grand-chose à vos yeux. Mais très cher à ceux de Max Verstappen. A Spielberg, le Néerlandais apparaît encore intouchable. Du moins, jusqu'à l'avant-dernier tour…
Visiblement non satisfait d'avoir dominé la qualification, la qualification sprint, le sprint et la course, le Néerlandais a une autre idée en tête : il veut à tout prix récolter le point du meilleur tour en course.
Sur le muret Red Bull, tout le monde a bien conscience que le double champion du monde va s'y atteler. Chacun imagine, y compris son ingénieur Gianpiero Lambiase, que le pilote est en mesure d'y parvenir avec ses pneus actuels, des "medium" qu'il a chaussés au 49e des 71 tours de course.
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"Air Max" et Oranje army, le business caché de Verstappen

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Mais il y a tout de même un risque. Depuis le début du week-end, la FIA se montre intransigeante avec les limites de piste. Et faire un "tour de qualification" pour arracher un point supplémentaire, c'est aussi augmenter les chances de franchir les lignes blanches…
Qu'importe. Verstappen, lui, a même une idée plus ambitieuse en tête. Et la fait savoir en toute fin d'épreuve à la radio : il veut de nouveaux rentrer aux stands pour troquer ses pneus "medium" pour des "tendre". Ce, alors que son avance sur son dauphin Charles Leclerc (Ferrari) est de 24 secondes. Et qu'un passage dans la pitlane en fait perdre… 20.
"Nous pensons que ça n'en vaut pas la peine", lui rétorque Lambiase. "Nous avons 24 secondes d'avance, insiste le leader du Mondial. Ces pneus n'apporteront rien de mieux, il se dégradent." L'ingénieur italien, après discussion avec les patrons de l'écurie, s'incline.
A la fin du 69e tour, Verstappen pénètre dans la voie des stands en mettant, donc, ses mécaniciens sous pression. L'arrêt est parfaitement exécuté. Le Néerlandais reprend la piste avec tout juste 4 secondes d'avance sur son rival monégasque. Dans la foulée, il s'adjuge en toute logique le meilleur tour en course. Un point de plus dans la besace. Et une nouvelle preuve qu'il est l'incontestable patron de l'écurie.
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"Verstappen n'a pas besoin d'apprendre, il comprend tout directement" : Waché subjugué

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Interrogé sur cette prise de risque en conférence de presse, le pilote oranje se justifie : "Pour moi, ce n'en était pas une. L'équipe était peut-être un peu plus nerveuse. […] Quand on a l'occasion de le faire, il faut le faire. De l'extérieur, ça ressemblait peut-être à un gros risque. Mais quand on est dans la voiture, ce n'est pas le cas."
Et lorsque son interlocuteur lui demande si ce tour signifie plus qu'un simple point au Championnat du monde, il répond de manière énigmatique : "Peut-être." De son côté, le conseiller spécial de l'écurie Helmut Marko admet que le muret a passé quelques instants sous tension. "Nous l'avons laissé faire parce que nous voulons que nos pilotes soient heureux, sourit-il. Sinon, Max n'aurait pas bien dormi."
Retrouvez les autres épisodes de la série "Verstappen, champion trois étoiles" :
(Visuel : Marko Popovic)
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