La France n'accèdera pas à une première finale olympique. La faute à un homme nommé Lavrov qui a mis sous l'entonnoir l'attaque tricolore tout au long de la seconde période. Pourtant, tout avait si bien commencé. Dès le coup d'envoi, les Français rentraient tambour battant dans la rencontre, à l'image d'un Bertrand Gilles hargneux et rageur en défense ou d'un Jérôme Fernandez fusillant le but russe des neuf mètres, ce qu'ils ne parvenaient pas à faire souvent depuis le début du tournoi.
Rapidement, les Russes étaient menés au score 5-2, puis 7-4, subissant les velléités offensives de leurs adversaires du soir. La Russie, certes championne olympique en titre, mais vieillissante, ne tenait pas le rythme imposé par les Bleus. Malheureusement, la France retomba très vite dans ses travers. Fébrile en attaque dans sa préparation, elle enchaînait les pertes de balle, dont trois successive qui permirent aux Russes de revenir à hauteur.
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Maudite 26e minute
Dès lors, les deux équipes ne se lâchaient plus , prenant tout à tour les devants sans jamais être séparées par plus d'un but d'écart. A la mi-temps, les Français viraient en tête (14-13) sans que l'emblématique capitaine des Bleus Jackson Richardson n'ait mis un pied sur le terrain. Au retour des vestiaires, le Réunionais faisait enfin son apparition mais uniquement lors des phases défensives. Jouant à la perfection son rôle de voleur de ballon, il regagnait systématiquement le banc sur les phases d'attaque.
Les Français se détachaient encore en début de seconde période pour retomber finalement dans leurs fautes coutumières. Perte de balle en attaque, défense en zone occasionnant des penaltys, tels étaient les ingrédients du revers à venir. La France n'arrivait plus à prendre l'avantage mais ne se laissait jamais distancer de plus d'un but jusqu'à cette 26e minute où ils encaissaient deux tirs en une minute trente (22-24). Le break était fait, il fut définitif.
"J'avais rêvé des Jeux"
"Ils n'ont rien lâché ; on a tenu bon mais nous n'arrivions pas à transformer en attaque. Ils n'ont pas raté grand chose et nous beaucoup. Nous n'avons pas réussi à les perturber, ils ont l'expérience", ne pouvait que constater Claude Onesta, l'entraîneur français. Le bourreau des Bleus dans cette partie porte un nom. Il s'agit d'Andrey Lavrov. Multipliant les arrêts, trois penalties consécutifs pour ne citer qu'eux, le gardien de but russe a réussi à rendre muette l'attaque française pendant dix minutes. Un bien long moment.
Grégory Anquetil, grave à l'issue de la rencontre, a annoncé sa retraite internationale : "J'avais rêvé des championnats du monde, je les ai eus. J'avais rêvé des Jeux, je ne les ai pas eus. C'est comme ça". La déception était perceptible chez tous les Tricolores. "On n'a pas de mot. On était tous plein d'ambition et on savait que cela allait être difficile. Sûrement que l'enjeu a mis un peu d'anxiété dans le match", a déclaré Jérôme Fernandez. "Nous sommes tristes mais nous sommes encore plus tristes pour ceux qui vont nous quitter. Je voulais cette médaille, pour eux."
La fin d'une génération
Car outre Greg Anquetil, Jackson Richardson devrait lui aussi tirer rapidement sa révérence et signer la fin d'une génération. Le porte-drapeau de la délégation française à Athènes ne sera jamais champion olympique, mais sera à jamais double champion du monde et médaillé de bronze aux Jeux de Barcelone, là où est né le handball français. "Cela fait partie de la vie. Un athlète doit savoir gagner et perdre. Je ne serai jamais champion olympique mais ce n'est pas mon dernier match, on doit encore jouer l'Espagne en match de classement", a-t-il dit. "Je suis déçu, surtout pour mes partenaires qui n'ont jamais connu le podium olympique."
Le mot de la fin revient à Grégory Anquetil résumant en quelques mots son amertume à l'issu de la partie "Les grandes équipes gagnent. L'équipe de France n'est pas encore une grande équipe".
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