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Montpellier amorce l'après-Guigou dans le flou

Montpellier amorce l'après-Guigou dans le flou
Par AFP

Le 03/09/2019 à 22:10Mis à jour Le 03/09/2019 à 22:14

LIDL STARLIGUE - Pragmatisme : Montpellier n'affiche guère d'espoir de perturber le Paris Saint-Germain pour reconquérir le titre de champion de France, qui lui échappe depuis 2012 et l'affaire des paris, et prépare dans le flou l'après-Guigou, parti à Nîmes après vingt ans de vie commune.

Budget en faible augmentation depuis plusieurs saisons (8,2 millions d'euros), effectif chamboulé à l'intersaison avec le départ de sept joueurs, dont Michaël Guigou, et concurrence affûtée : Montpellier regarde autant derrière que devant à l'heure d'aborder sa 27e saison dans un championnat, dominé six fois sur sept par Paris et son budget hors-norme (17,5 millions d'euros).

"Le premier objectif est de se qualifier pour la prochaine Ligue des champions, qui va changer de formule et se fermer un peu", annonce le nouveau et jeune président Julien Deljarry. Ce chef d'entreprise, fils de l'un des 18 actionnaires et patron de la CCI de Montpellier, affiche clairement ses ambitions, mais ne parle pas du titre. "Ensuite, pour redorer notre blason, nous devons sortir de la poule européenne et gagner une Coupe nationale, poursuit-il. Quand on porte le maillot du MHB, c'est pour gagner des titres".

Le double champion d'Europe (2003 et 2018), qui a talonné le PSG à deux reprises (2015 et 2018) pour échouer à la 2e place, n'exclut pas de contrarier le champion en titre, mais connaît l'ampleur du défi.

PSG "pas inaccessible sur un match"

Pour l'entraîneur et manager Patrice Canayer, "Paris n'est pas inaccessible sur un match. Mais peut-on être compétitif face au PSG sur la durée d'un championnat en jouant deux fois par semaine ? Je m'interroge. Je ne suis pas sûr qu'il n'y ait pas un écart sur la durée"."Paris connaît des trous d'air. Mais il est le plus constant en Europe comme le prouve sa première place en poule de Ligue des champions deux ans de suite", justifie le technicien.

Patrice Canayer, entraîneur du Montpellier Handball

Patrice Canayer, entraîneur du Montpellier HandballGetty Images

Montpellier, qui a mis trois ou quatre saisons à se relever de l'affaire des paris, a perdu du temps, de l'argent et son hégémonie, au point qu'il se concentre sur la menace qui se presse à ses trousses depuis quelque temps avec la montée en puissance de plusieurs clubs comme Nantes, Aix, Chambéry ou le voisin Nîmes.

Le nouveau président Deljarry, qui a succédé à Serge Granger, est porteur d'un nouveau projet pour restaurer la stature du club français le plus titré (43 trophées) et garder surtout une longueur d'avance sur la meute des ambitieux. "Je veux moderniser l'image du club, reprendre la marque à l'échelle locale ou nationale, et enclencher une phase de développement au regard de la concurrence de clubs comme Aix, Nantes, Nîmes, qui est de mieux en mieux..." explique le dirigeant.

Priorité : une nouvelle salle

Pour lui, "la priorité est le dossier des infrastructures, qu'il faudra porter face aux collectivités. Bougnol (salle historique de 3.000 places, NDLR) n'est pas aux normes de l'EHF et nous avons du mal à exister dans l'agenda de l'Arena", détaille Julien Deljarry, à huit mois des prochaines élections municipales.

L'Arena, inaugurée en 2010 et d'une capacité de 8.500 places, est une salle multi-spectacles, destinée autant aux concerts qu'au rendez-vous sportifs."On vend depuis deux ans l'Arena, mais on ne va y jouer que deux des sept rencontres de Ligue des champions. Cela ne passera plus auprès de l'EHF sauf si une solution pérenne pour l'avenir se dessine", s'inquiète Canayer, faisant référence à la construction projetée en 2018 d'une nouvelle salle, d'une capacité de 5.000 places.

Montpellier, qui a recruté cinq joueurs, devra vite faire la preuve de sa cohésion et de son ambition. Le 11 septembre, il défiera son voisin Nîmes, conduit par Michaël Guigou, avant d'entamer la Ligue des champions quatre jours plus tard devant le champion d'Europe, le Vardar Skopje.

Deux tests pour une première évaluation. "Notre préparation a été intéressante", note le capitaine Valentin Porte, mais il attend surtout "de voir comment on va gérer" ces deux matches-là, avec "la pression du résultat". Le MHB en saura alors un peu plus sur ses ambitions.

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