Après les trophées, l'heure du clap de fin pour Michaël Guigou. Le match entre son équipe de Nîmes et Limoges mercredi soir (20h30) dans la mythique salle de Beaublanc sera le tout dernier de sa carrière, à 40 ans. Guigou, c'est un des visages emblématiques du handball français, rarement la tête de gondole, mais toujours un pilier indéfectible de l'équipe de France et pendant près de 20 ans de son club de Montpellier.
L'ailier restera à jamais comme une référence à son poste, entre talent et capacité à toujours faire briller le collectif. Ce qui l'a rendu indispensable tant en Bleu, où il restera comme une des vertèbres essentielle des Experts, qu'en club, pour un palmarès triple XL, dont il ne manque aucun trophée majeur. "Mika fait partie des plus grands. Il est le meilleur ailier gauche de l'histoire et laissera une trace indélébile d'autant qu'il pouvait jouer demi-centre", loue l'ancien capitaine des Bleus Jérôme Fernandez.
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Un des plus beaux palmarès du sport français

Très discret loin des parquets, Guigou, qui a fait l'essentiel de sa carrière à Montpellier (1999-2019), laisse la trace d'un style épuré, esthète même, d'un attachement viscéral au jeu et d'un goût de la victoire marquée par un palmarès vertigineux. "Ce qui rendait Michaël au-dessus de tout le monde, c'est sa capacité à comprendre le jeu et à apporter les réponses adéquates par sa technique. Quand il ne restait plus de solutions, on s'en remettait à son talent. Comme c'est une qualité qui traverse le temps, il a débuté très tôt et conclut tardivement sa carrière", juge l'entraîneur et manager Patrice Canayer, à la tête de Montpellier depuis 1994.
Avec le MHB, le prodige a remporté deux fois la Ligue des champions aux bornes de sa carrière : la première en 2003 face à Pampelune, la seconde en 2018 face à Nantes. Avec les Bleus, Guigou a été de toutes les campagnes et de tous les succès depuis 2002. Triple champion olympique à Pékin en 2008, Londres en 2012 et donc Tokyo il y a moins d'un an, quatre fois champion du monde et trois fois champion d'Europe, l'ailier gauche a inscrit plus de mille buts pour accompagner la mainmise des Experts (2006-2017) sur la planète du handball, au côté de son éternel complice Luc Abalo.

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Arrivé à Montpellier en 1999, Guigou, originaire d'Apt (Vaucluse), est resté fidèle au MHB jusqu'en 2019, refusant les offres des plus grands clubs espagnols ou allemands comme Barcelone ou Kiel, pour préserver un équilibre de vie. "Quand Niko (Karabatic) est parti à Kiel (en 2005, NDLR), il m'a demandé si je voulais le suivre. Il y a eu aussi des contacts avec Pampelune, Ciudad Real, Barcelone... Ma priorité n'a jamais été d'être le meilleur joueur du monde, ni d'être dans le meilleur championnat. La vie est faite de beaucoup de choses et pas seulement d'une carrière sportive. Si tu parviens à concilier ton bonheur, et celui des gens autour de toi, c'est top", avait-il expliqué à l'AFP.
L'élégance sur les parquets n'a pas de barrière. En 2012, dans l'affaire des paris, où une dizaine de joueurs montpelliérains ont été condamnés, Guigou a été toujours au-dessus de tout soupçon, et avait été appelé à la barre par la partie civile en qualité de témoins.

La fin avec Montpellier, l'accroc après une fidélité sans faille

Guigou a surfé sur les années folles de Montpellier, dominateur durant plus de quinze ans, mais il a aussi ramé pour restaurer l'image ternie du club et conquis un second titre européen en 2018, comme symbole de sa fidélité et de sa constance, avant d'en être écarté. "Rester plus de quinze ans dans un club, c'est rare. Mika, c'est Montpellier, et Montpellier c'est Mika", résume le gardien international Vincent Gérard, vainqueur de la C1 en 2018 à ses côtés.
Au bout de relations compliquées avec Patrice Canayer, qui s'est opposé à une prolongation de contrat en 2019, il a rejoint le voisin languedocien, Nîmes, où il va finir sa carrière et y tenir un rôle d'ambassadeur. "Je n'ai pas peur de l'après, mais je serai un peu triste. La fin de carrière de joueur sera un déchirement, tant elle ressemble à un petit deuil", avouait ce titulaire d'un diplôme d'entraîneur.
Projeté chez les Bleus dans la foulée du premier titre européen de Montpellier, l'ailier gauche a toujours accordé une place majuscule à l'équipe de France pour mieux marquer l'histoire. "Le Mondial 2009 en Croatie et les Jeux Olympiques à Londres en 2012, m'ont marqué. Le premier titre européen en 2006 aussi...", rappelait-il récemment, avant de boucler son épopée bleue par un 3e titre olympique. Pour sa cinquième présence aux JO, au bout du jeu.
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