Rock Feliho, vous avez repris la saison de Lidl Starligue ce week-end avec une victoire à Ivry (30-24). C’est le début d’un calendrier infernal (10 matches d’ici début novembre). Vous vous sentez prêts physiquement ?
Rock Feliho : On entame un gros bloc de matches en effet, et pas de la meilleure manière au niveau de l’effectif car on a eu pas mal de pépins physiques qui concernent en plus des joueurs majeurs. Il nous manque Aymeric Minne mais aussi nos deux arrières gauches titulaires, Cavalcanti et Nyokas, ainsi que notre meilleur buteur David Balaguer. Ce n’est pas l’idéal, mais on n’a pas le choix. Et encore, pour l’instant on n’a pas encore eu trop de cas de Covid-19 (depuis fin août, où un cas avait été détecté chez un joueur du centre de formation, aucun joueur du groupe professionnel n'a été testé positif, NDLR).

Un kung-fu et des lucarnes, Nantes a tout fait à Kiel : Le top des buts

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Redoutez-vous que la coupure de six mois sans match officiel vous pénalise dans les semaines à venir ?
R.F. : Ce qui est bizarre, au sortir de cette période spéciale, c’est que personne ne sait ce que ça va donner. On a adapté notre préparation physique afin d’être prêts pour affronter cette grosse charge de travail. On espère que ça va aller, mais à l’heure actuelle je n’ai pas la réponse, on va le voir avec l’enchaînement des matches. Il peut toujours y avoir des blessures sur des faits de jeu, un joueur qui retombe mal sur une action par exemple, cela arrivera, qu’il y ait eu une coupure ou pas parce que le hand reste un sport de contact. Personnellement, je préfère qu’on enchaîne des matches, parce qu’on n’a pas trop le temps de cogiter, c’est quand même bien plus intéressant et excitant que des entraînements, aussi bien mentalement que physiquement.
L'objectif minimum en Ligue des champions : sortir des poules
Cela fait plusieurs années que le HBC Nantes grandit. Quelles sont vos ambitions cette saison sur le plan national et sur le plan européen ?
R.F. : L’objectif clair et net, c’est de retourner en Ligue des champions tous les ans. Sinon, comme toutes les équipes, à partir du moment où on entre dans une compétition, on ambitionne d’aller le plus loin possible. Y arriver c’est autre chose, mais cette exigence, c’est le minimum. En championnat, ça fait plusieurs années qu’on est sur le podium ou qu'on va titiller Paris, ce serait bien qu'on arrive une fois en haut du podium ! Sur le plan européen, le minimum, c’est de sortir des poules. Après, quand on est allé aussi loin qu’on l’a été (finale en 2018), on ne pense qu’à y retourner. Mais on sait à quel point c’est difficile, des clubs qu’on pourrait dire plus huppés que nous le veulent et n’y arrivent pas tout le temps.
La victoire à Kiel la semaine dernière a donné lieu à de grandes scènes de joie. Cela vous donne-t-il plus de confiance et de certitudes avant de recevoir Barcelone ?
R.F. : A Kiel, on avait un plan et on a fait notre match. Sans vous mentir, on aurait préféré y aller avec notre équipe au complet, pour se sentir un peu plus armés. Je ne vais pas faire le malin et vous dire qu’on était sûrs de gagner non plus. On était tout sauf favoris, on savait qu’on avait une petite chance et on ne voulait pas le regretter. On a été sérieux, on a fait un bon match, on a essayé de les faire déjouer le plus possible et ça nous a réussi. Pour faire une bonne campagne en Ligue des champions, il faut prendre des points "bonus" contre des très gros. Ça sert toujours en fin de campagne, on l’a déjà expérimenté, et c’est bien car ce sont des points que d’autres n’iront peut-être pas prendre.
Ce match contre le Barça est un immense défi, face à l’un des grands favoris de la compétition et un mastodonte européen. Comment arrive-t-on à se convaincre qu’on peut renverser cette montagne ?
R.F. : Se motiver contre Barcelone, il n’y a pas plus simple. C’est ce qui se fait de mieux en Europe, c’est un match à domicile, en Ligue des champions, on a donc envie de tout faire pour assurer, montrer qu’on n’est pas là par hasard et saisir l’opportunité si elle se présente. Comme Veszprem ou Kiel, c’est un candidat à la victoire finale, et après ce match on aura quand même affronté trois des quatre participants au Final Four (de l’édition 2019-2020, qui se jouera en décembre, avec le PSG, NDLR). L’idée c’est surtout de se concentrer sur nous, continuer à être solides en défense, faire le moins d’erreurs possible parce que c’est ce qui nous mettra en difficulté face à ce genre d’adversaire.
Vous lui voyez une faiblesse à cette équipe ?
R.F. : Toutes les équipes ont des failles ! On a une séance vidéo tout à l’heure (l’entretien a eu lieu l’avant-veille du match), on va analyser leur jeu et mettre en place un plan. C’est la troisième saison où on les affronte, on les connaît, on les a aussi déjà battus (29-25 en décembre 2017), donc je pense qu’ils ne nous prennent pas à la légère, encore moins après notre victoire à Kiel. On veut faire un bon match, essayer de les regarder dans les yeux. C’est un match de hand, tout peut se passer, encore plus chez nous ! On aura du public (près de 4 000 spectateurs sont attendus à la H Arena, NDLR), c’est une bonne chose dans cette période-là et dans ces conditions, on a la chance de pouvoir en profiter donc on va faire en sorte de prendre du plaisir et de donner de la joie à ceux qui viennent nous supporter dans ces moments difficiles.

Fernandez : "Voilà ce qu’il se passe quand on prend Nantes de haut !"

Notre consultant Jérôme Fernandez s’est dit, après le match face à Kiel, bluffé par la jeunesse nantaise. Peut-elle surprendre le Barça aussi selon vous ? On pense notamment à Thibaud Briet...
R.F. : (Il hésite) Il faut toujours rester mesuré après de telles performances. Thibaud a fait un très bon match, ce n’est pas simple pour lui parce que tenir le poste d’arrière gauche du HBC Nantes, que ce soit en attaque ou en défense, il faut un certain niveau. Mais il nous aide de belle manière et tant mieux. Sinon nous, à vrai dire, on n’est pas trop dans cette logique d’âge, on ne parle que de performances. "Me parle pas d’âge" quoi (rires) ! A partir du moment où un joueur est sur le terrain avec nous, ce n’est pas parce qu’il est jeune qu’il doit se cacher. On est quelques-uns à avoir un statut qui fait qu’on doit assumer, mais c’est l’équipe qui doit faire en sorte qu’on pallie les absences de la meilleure des manières. Et puis les jeunes ne sortent pas de nulle part non plus, certains s’entraînaient déjà avec nous l’an dernier comme Baptiste Damatrin ou Thibaud.
Votre ancien compère en défense Nicolas Tournat (pivot, parti à Kielce) ne vous manque pas trop ? Comment se passe l’adaptation avec Mathieu Bataille et Adrià Figueras, les deux pivots arrivés cet été pour le remplacer ?
R.F. : Nicolas, c’est un des meilleurs pivots du monde, le meilleur pivot français, en tout cas selon moi. Après mon avis est peut-être biaisé parce que c’était mon coéquipier ! Il est parti, c’est comme ça, il faut passer à autre chose, on ne peut pas rester dans les regrets sinon on n’avance pas. Pour l’instant j’ai surtout défendu avec Dragan Pechmalbec, avec qui on joue depuis 3-4 ans, donc on avait une base. Mathieu Bataille est aussi un bon défenseur, Adrià Figueras évolue dans un style différent, mais il n’a pas été élu meilleur pivot en Espagne pour rien. Les automatismes sont bien revenus, on a bien travaillé pour que, lorsqu’il manque tel ou tel joueur, ça continue de tourner.

Nicolas Tournat (à gauche) et Rock Feliho en garde rapprochée sur Luka Karabatic (au centre) lors de Nantes PSG, le 27 février 2020

Crédit: Getty Images

Juste après notre entretien, vous allez faire un test PCR en vue du match de jeudi. Le protocole sanitaire autour de cette saison ne vous pèse pas trop ?
R.F. : Comme on joue deux matches par semaine, on est au rythme de deux tests par semaine. On ne vit pas vraiment dans une bulle mais on évite à tout prix la moindre négligence. Mais en réalité, on peut l’attraper partout. Personnellement, et plusieurs de mes coéquipiers sont dans ce cas-là aussi, j’ai des enfants, et s’ils ramènent le Covid-19 en rentrant de l’école… On se doit de ne pas être négligents, mais si ça doit arriver, ça arrivera. Nous sommes habitués à ce protocole parce que c’est entré dans notre quotidien, même si on ne sait pas combien de temps on va réussir à rester loin de ça. C’est très bizarre, là j’y vais, je fais mon test, je touche du bois en attendant les résultats. Déjà qu’on a des mecs en moins, si en plus de ça on a des cas de Covid…
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