JO Pékin 2022 - Hockey sur glace - Avant Canada - USA, que vaut le tournoi olympique sans les stars de la NHL ?

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JEUX OLYMPIQUES D’HIVER – La Ligue nord-américaine capte toute la lumière mais les Etats-Unis et le Canada, qui s'affrontent samedi 12 février, ne sont pourtant pas les grands favoris pour l'or à Pékin. Privés de leurs stars par la NHL, les deux géants comptent sur des universitaires et des joueurs évoluant en Europe pour l'emporter. Se pose alors la question de la valeur de ce tournoi olympique.

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Promis, cette fois c’est la bonne. Voilà ce que se promettaient les suiveurs de hockey sur glace après l’annonce d’un accord tripartite en septembre 2021 entre la NHL, l’association des joueurs de la ligue nord-américaine et la Fédération internationale de hockey. L’objet de cette concertation, creuser un sillon au milieu du calendrier dense de la NHL et permettre aux têtes d’affiche de concourir pour leur pays aux Jeux Olympiques de Pékin.
Malheureusement, quatre ans après l’affront de Pyeongchang, les JO 2022 doivent composer avec les mêmes tares. Malgré de bonnes intentions, un invité de dernière minute a bouleversé les plans de la Fédération internationale. Le Covid-19 et son variant Omicron ont redistribué les cartes et rendu caduc l’accord prononcé. Le couperet est tombé officiellement le 22 décembre dernier, lors d’une annonce de Gary Bettman. Le commissioner (président) de la NHL a annoncé que les rencontres reportées en raison de cas positifs se joueront lors de cette trêve initialement prévue en vue des JO.

La jeunesse au pouvoir

Sans surprise, l’annonce n’a pas été du goût des hockeyeurs, frustrés de devoir tirer une croix sur leur rêve d’olympisme. Ailier gauche des Bruins de Boston, le Canadien Bradley Marchand n’a pas manqué d’exprimer son mécontentement sur les réseaux sociaux : "A tous ceux qui veulent revenir aux amendes en cas de participation aux compétitions internationales, pas de problème. Mais laissez les joueurs faire leur propre choix."
Des hockeyeurs maîtres de leur situation, un axiome loin d’être évident au sein du sport américain, où, à l’instar de la NBA, les franchises opèrent en toute puissance et n’hésitent pas à verrouiller leurs éléments. Dans les faits, aligner une équipe bis a coûté cher aux États-Unis. Avec seulement deux titres olympiques (1960, 1980) et un total famélique de deux médailles d’argent (2002, 2010) lors des dix dernières olympiades, le bilan est maigre pour la nation de l’Oncle Sam. Le Canada s’en sort mieux, avec quatre médailles (dont trois titres) sur les cinq derniers tournois.
Et la tendance n’est pas près de s’inverser, puisque pas moins de 15 hockeyeurs américains évoluant dans la ligue universitaire (NCAA) font partie du groupe pékinois. Ils n’étaient que quatre à Pyeongchang. Alors oui, sept d’entre eux ont connu les patinoires de la NHL, mais difficile de s’en contenter lorsque l’on vise l’or. Le voisin flanqué de la feuille d’érable a lui choisi de déplacer son curseur de l’autre côté de l’Atlantique. En ciblant le vivier européen, le Canada espère bien limiter la casse.

Des airs de tournoi olympique de football

Mais imaginez-vous quand même. S’il est complexe de décliner l’analogie à tous les sports, on peut néanmoins comparer la désertion des stars de la NHL à la paupérisation des équipes du tournoi olympique de football. Certes, il subsiste encore un quota de trois joueurs de plus de 23 ans par nation, mais souvenez-vous du casse-tête auquel s’est frotté Sylvain Ripoll avant Tokyo, contraint d’essuyer les refus en nombre des clubs. En dépit d’un réservoir envié par le plus grand nombre, la France n’avait pas fait illusion, à l’image de la décevante 7e place de Team USA sur la patinoire sud-coréenne (2018).

Génération sacrifiée et cartes rebattues

L’affaire a eu un tel écho de l’autre côté de l’Atlantique que ESPN s’est lancé dans une comparaison des chances de victoires des principales nations avec ou sans les joueurs évoluant en NHL. Selon les calculs du média nord-américain, la probabilité de voir les États-Unis rafler l’or est en chute libre (de 17% avec à 6% sans) en l’absence de ses éléments de la ligue locale. L’écart est même vertigineux chez le voisin canadien (de 35% à 11%).
Steven Stamkos (32 ans) est un homme qui compte et une voix qui porte en NHL. Capitaine du Lightning de Tampa Bay avec qui il a remporté la Coupe Stanley en 2020 et 2021, le Canadien s’était déjà emporté en accusant le CIO (Comité international olympique) d’avoir parasité le départ des hockeyeurs en 2018 en refusant de prendre en charge les frais de transport et d’assurance. Si le contexte sanitaire a allégé le ressentiment de certains joueurs, une génération de talents a sans doute dit adieu à la scène olympique. Un véritable déchirement vécu par Stamkos, pour qui "les Jeux sont les Jeux, et il n’y a vraiment rien de comparable avec cette expérience."
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Stamkos

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