Ciryl, Nassourdine, William, Fares et Benoît. Certains de ces prénoms vous sont peut-être inconnus, et pourtant ce samedi ils ont mis la France sur la carte du MMA. Cinq français au menu des combats, cinq victoires, presque toutes éclatantes. Le public français, qui avait dévalisé les tickets de l'Accor Arena en dix petites minutes et qui a explosé le reccord de billetterie de la salle, ne pouvait pas rêver mieux. Cerise sur le gâteau, Ciryl Gane, désormais autant personnalité publique que combattant, a écrasé Tai Tuivasa au terme d'une joute d'anthologie.

Une star et une étoile

UFC
Gane revient sur sa victoire : "Jamais on ne m'a coupé l'électricité comme ça"
07/09/2022 À 06:33
Sur l'air de "Haine et Sex" de Gazo, acclamé par une foule en délire, Ciryl Gane a débarqué dans l'octogone en rockstar. Il n'a pas eu d'autre choix que de gagner. Il a pourtant démarré timidement. Il savait très bien que la puissance de feu de Tai Tuivasa pouvait lui faire perdre le fil du duel sur un seul coup. Il y a d'ailleurs goûté en début de deuxième round et le public a bien cru perdre son champion. La lumière était clairement éteinte chez le "Bon Gamin" après un crochet dont l'Australien a le secret. Jamais on n'avait vu Gane dans cette posture, mais il est revenu d'entre les morts pour montrer qu'il était le meilleur dans cette cage.

Tai Tuivasa a subi la foudre de Ciryl Gane.

Crédit: Getty Images

Meilleur boxeur, meilleur combattant tout simplement, il a fini par installer sa supériorité. Mais dieu que Tai Tuivasa a mis du temps à s'écrouler. Il a fallu une bonne grosse salade de phalanges, un high kick à la Van Damme et un crochet final pour l'envoyer au tapis, ensanglanté par les dizaines de frappes qui ont précédé. Une victoire qui a scellé le sort de notre pays : nous sommes désormais une nation qui aime le MMA.

Gane : "Faire du MMA ne t'oblige pas à être méchant"

Son compère d'entraînement, Nassourdine Imavov, passé juste avant sous les hourras parisiens, a brillé aussi. D'habitude si calme, le Franco-Daghestanais a laissé parler sa rage, résultat d'un trashtalk de Joaquin Buckley, son adversaire du soir, qui l'avait laissé en rage. Colère qu'il a laissé parler dans les deux premières reprises où il a roulé sur l'Américain et l'a fait saigner abondamment. Buckley se savait derrière au score et s'est déchaîné en fin de dernier round pour aller chercher le KO. Il a fait passer quelques frissons dans l'assemblée, mais Imavov n'est pas tombé. Les juges l'ont déclaré unanimement vainqueur du combat. Classé douzième mondial chez les poids moyens, il peut désormais regarder très loin devant pour chercher son prochain adversaire.

Des carrières relancées…

En début de soirée, Bercy a eu besoin d'un petit coup de jus pour démarrer, d'une étincelle. Benoît Saint-Denis lui a donné un feu d'artifice. Il a ouvert le bal tricolore avec sa spécialité : la bagarre pure et simple. Avec un coup de pied au corps dont le bruit a résonné dans toute la salle, il a donné le ton dès les premières secondes. Puis il a fait goûter le sol à trois reprises à Gabriel Miranda dans le premier round. Pas d'impatience, la quatrième était la bonne. Une droite plus tard, Miranda était au sol et ne s'est pas relevé une quatrième fois. Un seconde victoire spectaculaire de rang à l'UFC pour "God of War", de bon augure pour la suite.

William Gomis a remporté son premier combat à l'UFC.

Crédit: Getty Images

Pas le temps d'aller chercher un rafraîchissement, Fares Ziam a pris la relève. Son contrat résilié après un premier passage moyen à l'UFC, il avait été repêché de justesse pour participer à la soirée parisienne. Et l'organisation américaine ne s'est pas trompée. Loin de là. Il a littéralement dominé le Polonais Michal Figlak de la tête et des épaules. Ou plutôt des poings et des coudes, qu'il a distribués en quantité pour s'imposer par décision unanime.

… et un acte de naissance

Si un combat français a été un peu moins électrique que les autres, c'était celui de William Gomis. Mais comment le lui reprocher ? Une signature surprise à l'UFC à 25 ans un premier combat dans la cage des très grands. Sa performance, par moment un peu terne mais suffisante pour battre Jarno Errens, ne restera pas dans les esprits. Mais plus que décrocher la victoire, il a créé une image qui restera dans l'esprit du public français.
A quelques secondes de la fin, sa tête a été prise dans un triangle de jambes de son adversaire. Gomis a eu le souffle coupé, l'Accor Arena a retenu le sien, il a finalement réussi à s'en sortir par un trou de souris. "J'ai entendu les cris du public. Plutôt mourir que d'abandonner. Ici on est à Paris !", s'est époumoné "le Jaguar" après l'annonce des résultats des juges (victoire par décision majoritaire). Un combattant français est né.
A Paris, la France a frappé fort. Très fort. Quatre des cinq combattants tricolores qui ont fait le spectacle ce soir s'entraînent dans l'Hexagone. Avec des entraîneurs français, dans des structures françaises. On savait qu'il y avait du talent, mais entre le dire et le voir dans un octogone, il y a un monde. Un monde a été franchi ce samedi 3 septembre.
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