Si un vrai duel implique forcément des dépassements, alors il faudra encore patienter pour assister à la bataille que l'on imaginait vivre dès le Grand Prix du Qatar. Mais l'attente ne devrait plus être très longue : à Jérez de la Frontera, ce dimanche et pour la première fois de la saison, Francesco Bagnaia (Ducati Team) et Fabio Quartararo (Yamaha Factory) ont tous deux évolué à leur meilleur niveau, c'est-à-dire dans une cour à part.
Il n'y avait rien de surprenant à voir le Français, vainqueur à Portimao la semaine dernière, candidater à un nouveau succès sur un circuit qui, jusqu'ici, était considéré comme son jardin. En revanche, la pole position et plus encore la cadence de l'Italien furent beaucoup plus inattendues. "Je pensais que le rythme que nous avions aujourd'hui était incroyable, a justement admis "El Diablo" au micro officiel après coup. Mais ce n'était pas suffisant."
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Impressionnant au warm-up ce dimanche matin, le champion du monde en titre a moins apprécié la forte hausse de la température de la piste en début d'après-midi. "C'était une course très difficile, a avoué le Niçois. Pecco a fait un superbe départ. J'ai essayé de le passer dans le premier tour parce que je m'attendais à avoir des soucis avec le train avant. Mais il était super rapide et je ne pouvais pas freiner plus fort !"

Bagnaia, Quartararo et les autres

Jérez n'a jamais été un circuit favorable aux dépassements. Mais entre ces deux-là, le niveau était de toute façon trop similaire pour déboucher sur un ou plusieurs échanges de positions. Durant une grande partie de la course, l'écart a oscillé entre 0"4 et 0"9 tout au plus. Pour finir à 0"285 sous le drapeau à damier. Le premier poursuivant, Aleix Espargaro (Aprilia) a lui passé la ligne 10"977 plus tard. À l'échelle de cette compétition, toujours plus homogène, et sur un circuit si étroit, c'est une éternité.

Fabio Quartararo (Yamaha) à la poursuite de Francesco Bagnaia (Ducati) lors du Grand Prix d'Espagne, le 1er mai 2022

Crédit: Imago

"Ce n'était pas vraiment une bagarre parce qu'on ne s'est pas dépassés, a confié Quartararo. Mais c'était une course très intense." C'est effectivement ce qui s'est dégagé du langage corporel des deux hommes, ainsi que de leur poignée de mains franche à l'arrivée. Et si le Français a véritablement lancé sa saison au Portugal, "Pecco" a peut-être enfin retrouvé ce qui avait fait de lui le meilleur pilote de la fin de saison dernière. Y compris une machine performante, après un mauvais choix de Ducati sur le plan de la performance du moteur.

Quartararo a bien fait de prendre de l'avance

Il y a une semaine, l'Italien avait pourtant frôlé le forfait pour la course après avoir subi une méchante chute en qualification. "J'ai eu la chance de pouvoir rouler à Portimao malgré la douleur, a observé l'ancien élève de Valentino Rossi. J'ai retrouvé un bon feeling avec la moto. Tout s'est bien passé depuis. Je sais qu'on a un très bon potentiel. L'année dernière, sur ce circuit, on avait beaucoup plus souffert et Fabio était imbattable. Nous avons fait un superbe boulot."
Et puisque Marc Marquez (Honda HRC) a, lui aussi, semblé retrouver ses habitudes félines - il a sauvé une perte de l'avant en fin de course, ce qu'il n'était plus capable de faire depuis son opération du bras - la suite de la saison pourrait devenir particulièrement alléchante. Au contraire de ces deux autres têtes d'affiche, Quartararo a, lui, eu la bonne idée d'exister avant le début des Grands Prix européens. Leader du Mondial, il peut donc se réjouir d'avoir construit une marge de 33 points sur Bagnaia, et 45 sur Marquez. Le tout avant Le Mans...
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