Fabio Quartararo pourra se remettre en selle sans appréhension au Grand Prix de France, la cinquième manche du Championnat du monde de MotoGP disputée les 14, 15 et 16 mai sur le circuit Bugatti du Mans.
Mardi, le pilote de l'usine Yamaha s'est fait opérer avec succès à Aix-en-Provence du syndrome de loges et d'un souci voisin, un "piège" au niveau de l'artère cubitale, qui lui avaient tétanisé l'avant-bras dimanche au Grand Prix d'Espagne. Perclus de douleur, le Niçois n'avait plus eu la force de freiner aussi fort que voulu, ni même bien sentir la poignet de l'accélérateur. En tête, il avait dégringolé à la treizième place finale.
Désormais, ce problème est derrière lui. "Je l'ai opéré ce matin, ça s'est bien passé, et Fabio est retourné chez lui en Andorre, nous a déclaré son chirurgien, le Dr Olivier Dufour. L'intervention a duré 30 minutes. C'est normal : je fais cette opération toutes les semaines depuis trente ans. Si on n'a pas l'habitude, ça peut être beaucoup plus long."
Grand Prix d'Espagne
Quartararo n'est pas un cas isolé : le syndrome des loges menace tous les pilotes
03/05/2021 À 21:34

Quartararo devait se faire opérer

"El Diablo" avait appelé le Dr Dufour après sa course, et l'examen qu'il avait passé lundi avait corroboré la thèse que "le flux artériel ne passait plus."
"Il y avait un 'piège' dans l'avant-bras, au niveau de l'artère cubitale et un syndrome de loges, a détaillé le chirurgien orthopédiste basé à Aix-en-Provence. Le piège, c'est le muscle cubital antérieur qui est trop important ; quand il force trop, il supprime le flux (sanguin) dans l'artère cubitale. Et le syndrome de loges, ce sont les muscles, trop volumineux par rapport à l'aponévrose (la membrane inextensible qui entoure chaque muscle), qui sont comprimés et donc se retrouvent en hyperpression (dans leur enveloppe). Il fallait libérer tout ça."
Physiologiquement, les individus sont différents, mais la membrane (aponévrose) qui enveloppe chaque muscle n'est généralement pas très épaisse. Elle mesure généralement 0,2 millimètre, ce qui suffit à contenir le muscle sans enfler. "Ses aponévroses étaient très épaissies. Elles faisaient facilement 3 millimètres, a constaté le docteur Dufour. Quand j'ai incisé (la membrane), le muscle est sorti de suite alors que Fabio était endormi. Ce signe était terrible."

Un risque de récidive important

Le syndrome était donc d'ampleur et Fabio Quartararo aurait risqué la récidive au Mans s'il n'avait pas été opéré. "Depuis quelques temps, il avait mal et ça s'est exagéré", observe son chirurgien. Qui s'est assuré que seule la contraire physique avait accéléré cette dégradation, car le stress peut aussi jouer un rôle néfaste.
"Je lui ai demandé s'il était crispé sur la moto, raconte le Dr Dufour. Il m'a répondu que non, qu'il était 'fluide' alors qu'il roulait en tête, avec une seconde d'avance. Mais le circuit de Jerez demandait beaucoup d'efforts, sans période de relâchement. Le syndrome s'est donc déclaré. S'il n'avait pas été opéré, il aurait risqué d'avoir de nouveau ça la semaine prochaine au Grand Prix de France. De toute façon, ça allait se reproduire tôt ou tard, en fonction du circuit."

Quartararo sera là au Mans

A présent, la pilote de la M1 n°20 est au repos "deux-trois jours pour éviter de saigner", explique l'ancien chef de clinique des hôpitaux de Paris.
La suite passera par une reprise du sport assez rapide, avant de penser à la moto. "Puis, une semaine après, il faut rouler. Faire du vélo à défaut de moto, mais rouler. Pour la prochaine manche du Championnat du monde, il a dix jours devant lui. Il n'y aura aucun problème". Quartararo sera donc bien au Mans. Et en pleine forme.

Fabio Quartararo a souffert du bras à Jerez

Crédit: Getty Images

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