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Marquez, champion de l'ennui ou de l'embarras ?

Marquez, champion de l'ennui ou de l'embarras ?

Le 09/10/2019 à 16:48Mis à jour Le 09/10/2019 à 16:49

GRAND PRIX DE THAÏLANDE - Marc Marquez (Honda HRC) a tué le suspense très tôt en s'adjugeant un sixième titre MotoGP, dimanche à Buriram. Cette saison, l'Espagnol a laissé un peu plus de place à l'ennui. Ou à l'embarras, selon les points de vue.

Circulez, il n'y a plus rien à voir. Marc Marquez (Honda HRC) a baissé le rideau. En Thaïlande, alors qu'il reste quatre manches à disputer, l'Espagnol a sécurisé un sixième titre en catégorie reine, et, à vrai dire, personne n'aurait pu décemment imaginer une autre issue, avant même le début de saison. Mais la manière, presque outrancière, avec laquelle il a dominé l'exercice était, elle, moins envisageable. Le pilote Honda n'a laissé que quelques miettes en chemin. Et, surtout, une impression de facilité. Au point de devenir ennuyeux ? Certainement pas.

Marquez n'est pas devenu lassant. Il est devenu embarrassant. A bien des égards. En fin de saison dernière, le Catalan s'était fait une promesse : changer. Ou essayer, au moins. Après avoir gagné à Motegi, il avait confié vouloir "trouver une autre façon de piloter" afin de réduire le paquet de chutes qu'il a cumulées au fil des ans. Le défi paraissait impossible, tant ces pertes de contrôle semblaient étroitement liées à son style, lui-même attaché à sa nature. Mais il l'a relevé. A une ou deux exceptions près, aucun autre pilote n'aurait été capable de modifier ainsi sa manière de rouler, même sur l'ensemble d'une carrière.

Marc Marquez (Honda HRC) au Grand Prix de Thaïlande 2019

Marc Marquez (Honda HRC) au Grand Prix de Thaïlande 2019Getty Images

Marquez et les autres

Détrompez-vous. Le Continental Circus n'est pas devenu monotone. Surtout pas durant une saison où quatre constructeurs différents ont gagné (Honda, Ducati, Suzuki, Yamaha), et où le peloton n'a cessé de se resserrer. Au Qatar, en mars dernier, 15"093 ont séparé le vainqueur, Andrea Dovizioso, du quinzième, Johann Zarco. Jamais, dans toute l'histoire de la catégorie reine, quinze pilotes ne s'étaient tenus dans un écart aussi réduit.

Le spectacle a changé car Marquez ne peut plus en être le garant : sur les circuits qui ne sont pas favorables à ses rivaux, le différentiel de niveau qu'il a creusé est devenu trop grand. Lui peut s'en réjouir. Certaines de ses folies en piste sont aujourd'hui réclamées.

Marc Marquez (Honda HRC) au Grand Prix de Thaïlande 2019

Marc Marquez (Honda HRC) au Grand Prix de Thaïlande 2019Getty Images

Il ne serait d'ailleurs pas surprenant qu'il ait intimement lié son changement de style à une volonté de rendre compte de l'attractivité (et donc de la légitimité) des prises de risque qui lui ont valu réprimandes et critiques ces dernières années. Même s'il l'a fait contre-nature. "Le public se souvient du show, a souligné le Catalan en conférence de presse, à Buriram, après avoir été interrogé sur la trace qu'il aimerait laisser dans l'histoire de son sport. Les gens n'ont pas oublié Mamola, même s'il n'a pas été champion."

Marquez, c'est Houdini

L'Espagnol embarrasse même jusqu'au sein de son propre box. Honda aimerait avoir un peu plus de reconnaissance pour son travail mais le constructeur est confronté à une dure réalité. Crutchlow est son deuxième pilote le mieux classé au championnat mais il n'est que neuvième, à 223 points du Catalan. Et, au même titre que le triple champion du monde Jorge Lorenzo, il n'a pas décroché le moindre succès au guidon de la RCV, cette saison.

Marc Marquez (Honda HRC) fête son huitième titre, toutes catégories confondues

Marc Marquez (Honda HRC) fête son huitième titre, toutes catégories confonduesGetty Images

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