Fabio Quartararo a vu ses rêves de titre s'envoler. Si la tendance ne lui était pas favorable depuis plusieurs semaines, sa chute au 9e tour du Grand Prix de Valence a placé Joan Mir sur la voie royale de son premier sacre de champion du monde de MotoGP. "Ila fait une saison fantastique, très régulière et c'est pour cela qu'il a gagné le championnat qu'il mérite totalement", a applaudi le Français, beau joueur au sujet de son rival espagnol. Mais il s'est montré beaucoup plus critique ou piquant envers sa moto et ses ingénieurs. "Je ne suis pas heureux car je pense qu'avec une moto plus régulière, on aurait pu se battre davantage", lance-t-il d'emblée.

Le Niçois ne s'en cache pas : il n'a pas apprécié les sensations sur sa moto depuis quelques semaines. "Le feeling depuis Le Mans (le Grand Prix de France début octobre ndlr.) n'est plus là", a-t-il reconnu. "Pendant le confinement, je me suis beaucoup entraîné et je n'ai pas été surpris d'être compétitif dès les premières courses. Mais quand nous sommes arrivés sur les pistes où nous étions déjà un peu en difficulté l'an dernier, cela n'allait plus. Sur ces pistes où on lutte plus, on est vraiment en retard. C’est très étrange car l’année passée, on se battait pour les premières places. Et là, on se bagarre pour la 10e ou 12e place".

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Fabio Quartararo (Yamaha Petronas SRT) lors des essais libres du Grand Prix de Valence, le 13 novembre 2020

Crédit: Getty Images

L'ancienne moto est plus régulière

Parti sur des chapeaux de roue avec deux courses remportées pour débuter cette saison atypique en raison de la pandémie du Covid-19, Fabio Quartararo a en effet marqué le pas en fin d'année. Régulièrement placé jusqu'à son troisième succès de 2020 en Catalogne, il n'a alors plus réussi à lutter pour les premières places dès le début du mois d'octobre. Sur les cinq dernières courses, il a même dû s'employer pour rentrer dans le Top 10 (8e au Mans et 8e au GP d'Europe). Un manque de compétitivité flagrant et indigne d'un postulant au titre. "Nous ne sommes pas assez rapides et il faut savoir pourquoi", a lancé le pilote Yamaha, frustré. "Il faut trouver une solution pour être compétitif sur tous les tracés, comme l'an dernier".

Malgré les dernières évolutions dont il profite en tant que futur pilote d'usine et "tous les changements" effectués ces derniers temps, Quartararo n'a pas vu d'améliorations ("Rien n’a fonctionné," lâche-t-il) et n'a pas pu se battre avec les Suzuki, tout comme les pilotes de l'équipe officielle Yamaha, Maverick Viñales et Valentino Rossi. Ce constat est d'autant plus inquiétant que Franco Morbidelli s'est lui montré beaucoup plus en vue sur la même période en signant deux de ses trois succès de la saison sur les trois dernières courses. Or, son coéquipier italien dispose d'une Yamaha de l'an passé… "Quand on travaille autant sur la machine 2020, elle doit être meilleure. Mais l'ancienne moto est plus régulière", a avoué Quartararo.

Aujourd'hui seulement cinquième du championnat avant le dernier GP de l'année du Portugal, Quartararo se projette déjà sur la saison prochaine, qui marquera ses premiers tours de roue avec l'équipe officielle Yamaha, où il remplacera la légende Valentino Rossi. Et il ne compte pas débarquer en simple spectateur. "Nous devons décider quelle configuration nous aurons l'an prochain.Pour l'instant, je serais plus pour partir avec la moto de l'an dernier que celle de cette année", a-t-il indiqué, soulignant qu'il avait fait sept podiums en 2019 pour sa première saison en MotoGP, contre seulement trois cette année. Ses trois victoires…

(Avec AFP)

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