Emilio Alzamora, le catalyseur de talent

Champion du monde 125cm3 en 1999 sans la moindre victoire, l'Espagnol s'est reconverti en découvreur de talents, au premier rang desqueles Alex Rins. Et puis, Alzamora c'est une filière, une connexion au HRC (l'usine Honda) qui ne laisse personne insensible. En 2014, le manager ibérique prend en charge la destinée du jeune loup lors de sa dernière année en CEV, dernière marche avant le Mondial de Moto 3, et donne une dimension pro à son approche de la compétition. "Chez nous, Fabio a appris la méthodologie, explique-t-il dans la récente biographie "L'ascension d'un prodige" *, signée par le journaliste Michel Turco. On avait mis en place un système de travail calqué sur ce que nous faisions en Grands Prix. Pendant les essais, il ne prenait jamais la piste sans avoir un plan rigoureux. Il savait toujours ce qu'il avait à faire, le nombre de tours qu'il devait boucler… Le fait d'essayer de nouvelles pièces que le HRC confiait ensuite à (Alex Marquez) et Rins en Grands Prix lui a aussi permis de développer ses commentaires et son sens technique."
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14/11/2021 À 18:44
Bref, un bond de géant. Qui en attendait un autre, plus compliqué, par-dessus le règlement du Moto3. Car si Fabio Quartararo a le palmarès (deux titres en CEV) pour débuter en Championnat du monde de Moto3 en 2015, il n'en a pas encore l'âge. Pour le faire débuter avant les 15 ans obligatoires, Emilio Alzamora va aller frapper à la porte du boss du Mondial de vitesse. "Je suis allé voir (Carmelo) Ezpeleta pour évoquer le cas de Fabio. J'ai insisté sur son talent et ce qu'il pouvait représenter pour la France." Banco : le règlement est amendé et "El Diabo" va pouvoir courir les trois premières épreuves de Moto3 avant ses 15 ans.
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Eric Mahé, le négociateur

Ancien champion de France, l'ex-manager de Randy de Puniet a attendu que Fabio Quartararo et sa famille viennent le chercher pour faire décoller la carrière du Provençal. Et d'emblée, le choix de la première équipe de Moto2 ne lui a pas plu et explique rétrospectivement pourquoi ça ne pouvait pas le faire. "Signer chez Pons, je n'étais pas pour, confie-t-il*. Mais à ce moment-là, j'étais trop neuf dans le système pour faire entendre ma voix. Fabio était convaincu que le team Pons était sa meilleure opportunité. L'équipe avait été championne du monde… Moi, je sentais ce qui avait manqué par le passé, c'était le manque de support affectif. Et là, Pons, ça n'était pas le truc adapté. Sito (Pons), ça peut marcher pour un mec qui est prêt à jouer le titre, pas pour un môme en phase de construction, voire de reconstruction. C'est quelqu'un qui a gardé son égo de pilote, et quand ça se passe mal, il charge."
"Je fais très peu de bord de piste", résume Eric Mahé, qui s'occupe plus de border les contrats et créer un climat autour de son protégé dans le box. C'est pour ça qu'il l'oriente dans une équipe moins ronflante mais tellement bienveillante, la team de Luca Boscoscuro, seule à opposer sa Speed Up à l'armada de Kalex. La Vmax manque mais la victoire arrive à Montmelo. C'est un tour de force et une opportunité à ne pas laisser passer.
Pour ça, Eric Mahé est là et deale avec Sepang Racing Team, à la recherche d'un jeune talent pour monter en MotoGP avec Yamaha. Banco ! "El Diablo" va arriver débarquer dans l'élite plus vite qu'il ne l'imaginait.
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Johan Stigefelt, le patron poule

L'ex-pilote suédois était le patron dont Fabio Quartararo avait besoin pour débuter dans les meilleures conditions en MotoGP. Créer autour de lui un groupe dans une ambiance familiale, détendue et néanmoins studieuse comme il les aime. Le timing était aussi propice à cet épanouissement puisque le Sepang Racing Team a accédé à la MotoGP en 2019, en même temps que le Niçois au sortir d'une saison de Moto2 plus faite de bas que de hauts. "Sans douter de mes capacités, je ne savais pas trop à quoi m'attendre, se souvient Fabio Quartararo. Beaucoup disaient que c'était trop tôt, que j'aurais dû rester en Moto2..."
Mais Johan Stigefelt était là pour veiller sur la pépite. "Permettre à Fabio de débuter dans notre équipe, c'était lui faire partager l'harmonie que nous avons su créer. Chez nous, il n'y a ni pression ni tension", explique le nouveau boss.
"J'ai désormais autour de moi un entourage où je me sens en confiance", confiait le Français l'an dernier, qui insiste sur le fait que si le courant n'est pas toujours bien passé avec ses patrons, il a toujours gardé le respect de sa garde rapprochée. "On a constitué une bulle de laquelle nous essayons de ne pas sortir. J'ai changé très souvent d'équipe mais, à chaque fois, j'ai entretenu de très bonnes relations avec mes techniciens et mes mécaniciens, confirmait-il. Je ne suis pas le gars prétentieux qui rentre dans le garage juste pour monter sur la moto. J'aime passer du temps avec mes gars, m'amuser avec eux, je m'intéresse à leur travail."
Le SRT, ce fut pendant deux ans tout ça et plus encore grâce à Johan Stigefelt.
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Thomas Maubant, l'aide de camp et indéfectible soutien

Il se destinait à être moniteur en sport nautique lorsqu'il fait la connaissance de Fabio en 2015, sur la plage de Saint-Laurent-du-Var où il exercice. Les deux jeunes gens ont des amis et commun et se retrouvent bientôt régulièrement pour s'amuser. Thomas est de cinq ans plus âgé que Fabio et le prend bientôt sous son aile, en veillant à lui faciliter la vie. En 2016, l'Antibois répond à l'appel de l'espoir français pour les trois derniers Grands Prix et va dès lors l'accompagner autour du monde. Cette deuxième saison de Moto3 est très décevante et Thomas Maubant est là pour l'aider à ne pas perdre pied. "Il s'énervait souvent et je passais beaucoup de temps à le calmer", confiera-t-il à moto-station.com.
Au fil du temps, la confiance grandit et Thomas Maubant saura toujours trouver sa place dans l'aréopage du Niçois. L'année 2018 (première année de Moto2 chez Pons) est même un déclic. "Cette année-là, Fabio a énormément changé, explique-t-il. Avec le team, sa façon de travailler a beaucoup évolué. Il a aussi structuré sa vie avec des personnes de confiance comme Eric (Mahé) et moi. Cela lui a permis de se concentrer sur le pilotage. Je gérais l'intendance pour lui éviter de se disperser." *
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* Fabio Quartarari, L'ascension d'un prodige (Edition Solar)
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