Marc Marquez était encore à Austin comme chez lui. Et comme à la belle époque. Le sextuple champion du monde a profité d'un nouveau passage sur l'un de ses circuits fétiches pour se refaire une santé, au Grand Prix des Amériques, trois mois et demi après avoir décroché, en Allemagne, son premier succès depuis sa triple opération de l'humérus.
Comparable à la première sur le fond, cette deuxième victoire l'est un peu moins sur la forme. À l'époque, le "King" du Sachsenring doutait encore de tout. Dimanche, "Captain America" avait un peu plus de certitudes. "C'est la première course sur laquelle je suis venu avec l'intention de lutter pour la gagne et je l'avais dit dès jeudi, en conférence de presse", a-t-il rappelé.
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Physiquement, Marquez a tenu le choc

Car avant de retrouver le Texas, le shérif espagnol avait aligné deux prestations consistantes, en Aragon (2e) et surtout à Misano (4e). "Petit à petit, je suis capable de mieux piloter et de mieux gérer, a-t-il expliqué. Mais je suis encore loin, je dois continuer à travailler car je n'ai pas encore retrouvé ces sensations spéciales avec la moto."
Le Catalan a pu profiter de sa supériorité technique dans les virages à gauche, majoritaires à Austin (11/20), alors que peu de courbes à droite y réclament de gros freinages... et de fortes douleurs pour son bras meurtri. "Sur les virages à gauche, je peux tourner correctement et pousser avec mon bras, a-t-il détaillé. À droite, je ne peux pas faire la même chose. Piloter de cette manière est difficile, c'est pourquoi il m'arrive souvent de tomber. Mon train avant se dérobe et je ne peux pas me rattraper avec le coude. Mais nous y travaillons."

Marc Marquez (Honda) à l'arrivée du Grand Prix des Amériques, le 3 octobre 2021

Crédit: Getty Images

Il n'empêche, l'organisme du multiple champion du monde a passé un sacré test. La chaleur (32° dans l'air), les bosses d'un asphalte reposant sur un ancien terrain marécageux et le rythme très élevé que le pilote de 28 ans a soutenu durant 15 tours furent autant de circonstances aggravantes pour la condition physique du Catalan, encore franchement déclinante en fin de course ces dernières semaines.
Maintenant, je rentre dans les courbes comme les autres
Un vrai bon signe pour Marquez, dont la souplesse et les aptitudes musculaires constituent une part plus importante que les autres dans le style de pilotage. "Pour certains mouvements, je suis encore loin d'être à 100% par rapport au bras gauche, a-t-il nuancé. Mais c'est sûr que je suis maintenant capable de maintenir ma position au point de freinage, même si entre le freinage et le point d'entrée du virage, je ne me sens pas toujours à l'aise et je ne peux pas glisser et tourner, ce qui était une de mes forces. Maintenant, je rentre dans les courbes comme les autres."
Finalement, le prochain Grand Prix, à Misano, devrait être un autre révélateur. D'abord parce qu'il n'aura lieu que dans trois semaines, ce qui va permettre à l'Espagnol d'accentuer sa récupération. Ensuite parce que la première course disputée sur ce même circuit, mi-septembre, servira de valeur étalon. Et enfin parce qu'il n'y aura pas, cette fois, d'avantage naturel.
"Il reste trois courses et Misano sera difficile. Ici, j'avais des possibilités parce que j'avais de la vitesse, a-t-il souligné. Sur d'autres circuits, je dois beaucoup plus forcer. Et même en poussant, je reste loin de "Pecco" et Quartararo parce qu'ils sont très forts." Au Grand Prix de Saint-Marin, ces deux-là avaient effectivement roulé sur une autre planète. Marquez pourra-t-il les rejoindre ?

Fabio Quartararo, Marc Marquez, Jenny Anderson et Francesco Bagnaia sur le podium du Grand Prix des Amériques, le 3 octobre 2021

Crédit: Getty Images

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