Deux sourires radieux, des regards en coin pleins de complicité, une légère danse pour suivre le rythme et deux voix qui s’entremêlent pour reconnaître la supériorité française. Ce dimanche, à Doha, ce n’est pas une simple Marseillaise qui a retenti pour accompagner la victoire de Fabio Quartararo. Ce fut aussi, et surtout, la récompense ultime pour tous les amoureux de moto français, déjà gâtés ces dernières saisons mais privilégiés d’assister à ce grand moment d’histoire. Car au côté de Fabio, c’était bien Johann Zarco qui agissait en chef d’orchestre en agitant son bras pour célébrer un peu plus un doublé français inédit dans la discipline.
Il y avait eu 1954 et ce tandem formé par Pierre Monneret (1er) devant Jacques Collot (3e) lors du GP de France. Mais ce dimanche 4 avril gardera une place à part dans les annales du sport français. Car un gamin de 21 ans et un vieux briscard de 30 ans ont réalisé l’impossible, dans une course excitante au scénario renversant. Histoire d’ajouter du panache à la légende.
Encore tout bouleversé par ses émotions, Fabio Quartararo s’est attardé sur ce moment suspendu, comme un rêve que personne n’osait espérer à haute voix. "C’est incroyable parce qu’on a fait une interview ensemble entre les tests, a expliqué le Niçois. Claude Michy nous a demandé ce qu’il se passerait si on était premier et deuxième au dernier virage. Ce n'était pas exactement ça mais c’était fou d’avoir Johann en deuxième position et nous la victoire alors félicitations à lui. Il y a eu beaucoup d’émotions sur la Marseillaise sur le podium".
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Zarco leader du général

Battu, Zarco n’avait pourtant que des mots positifs à la bouche après coup, conscient que le moment était à la joie. "Je suis content parce que c’est une victoire française, parce que je partage le podium avec mon coéquipier et parce que je mène le championnat, il ne faut pas l’oublier", a-t-il glissé dans un grand sourire. Il n’a pas tort. Récemment débarqué chez Ducati-Pramac, le Français n’en finit plus de surprendre avec son bolide rouge. C’est bien dans le costume de leader au général qu’il débarquera au Portugal dans deux semaines.
El Diablo, lui, aura le costume qu’il préfère : outsider avec le vent dans le dos avec sa deuxième place. Ce dimanche, son récital offensif a encore ébloui, prouvant que les nombreuses comparaisons avec son idole Valentino Rossi n’avaient rien de surjouées. Pour lui, comme pour les spectateurs, ce fut un régal de bout en bout. "Est-ce que c’est la plus belle victoire de ma carrière ? C’est facile à dire parce que je n’ai pas gagné tant de courses que ça mais c’est une victoire très spéciale, a-t-il soufflé au micro de Canal +. J’étais 8e à un moment donné dans la course, j’ai essayé de préserver mon pneu pour la fin de course, j’ai vu que Maverick revenait donc ça m’a poussé à reprendre du rythme".

"J’ai réussi à me battre avec des avions"

Le principal motif de satisfaction pour le pilote Yamaha réside dans son analyse de course et dans sa faculté à mieux se relever après sa légère déception de la semaine passée (5e après une mauvaise gestion de son pneu arrière) : "C’était vraiment une course incroyable, a-t-il poursuivi. On avait prévu une stratégie différente avec le team et les conditions de pistes n'étaient pas au top. C’est une course où j’ai fait tout le contraire de la première, où j’ai bien joué avec les maps, avec les pneus".
Et ce n’est pas un débris, présent sur la piste lors de son dernier tour qui l’a privé d’une explosion de joie ô combien méritée. "J’ai eu vraiment peur, j’ai eu une sensation bizarre parce que, comme par hasard, je regarde ce que c’est et bien sûr je roule dessus. Je me suis dit ‘j’espère ne pas avoir une crevaison’ parce que c’était vraiment un impact assez fort mais j’ai réussi quand même à faire 55’1 dans mon dernier tour et j’ai fait quelques petites erreurs. Donc j’ai vraiment fait tout le contraire de la première course".
Le tout avant de conclure, extatique : "Celle-là, elle était vraiment spéciale. J’ai réussi à me battre avec des avions. Quand on me dépassait en ligne droite, j’arrivais à repasser dans les virages. C’est ma plus belle victoire et de loin". Sûrement parce qu’elle se partage avec un pays entier…
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