Il y a mieux pour entamer la défense de sa couronne. Qu'il semble loin l'été indien 2021 de Fabio Quartararo. Le Français affichait encore son sourire juvénile à chacune de ses sorties, jamais loin d'une Yamaha M1 perfectible à souhait mais suffisante, couplée au talent du Niçois, pour aller chercher le titre suprême. Après avoir pris le temps de réaliser la portée de son exploit à l'échelle du sport français, "El Diablo" a travaillé très dur durant l'intersaison, bien décidé à lancer les bases de sa propre dynastie. Problème, les multiples avertissements émis par le Tricolore au sujet des carences de sa moto n'ont pas trouvé d'écho auprès de la firme nippone.
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Fabio Quartararo (Yamaha Factory) lors des tests à Mandalika le 13 février 2022

Crédit: Getty Images

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Quartararo a pourtant prévenu Yamaha

Bien connu, le mal est endémique depuis des années chez les machines sous la coupe de Lin Jarvis. Un déficit de puissance chiffré à environ 10 km/h à vitesse maximale face aux montures les plus véloces. Ce désavantage n'était pas encore rédhibitoire tant que la Yamaha conservait son avantage dans les portions sinueuses. Sauf que le crépuscule de l'exercice 2021 est venu redistribuer toutes les cartes. Dauphin de Quartararo, Pecco Bagnaia (Ducati) a terminé l'année en boulet de canon (cinq podiums dont quatre victoires) et étalé à la face du MotoGP la domination de la GP22 lors des tests de novembre à Jerez (Espagne).

Quartararo en mode domination : les chiffres d'une saison de champion

Déjà inquiet à son arrivée à Sepang (Malaisie) pour les tests de pré-saison (5 et 6 février), Fabio Quartararo s'attend à vivre une année difficile, sur une monture toujours délestée de quelques chevaux. Cinq jours plus tard, lors des essais de Mandalika (Indonésie, 11 au 13 février), le champion du monde en titre a confirmé ce qu'il craignait : "Évidemment, j'espérais une plus grande amélioration de la moto, et cela fait que mon avenir est ouvert. Je dois étudier quelle serait la meilleure option pour moi", a-t-il déclaré dans des propos rapportés par motorsport.com. Le bilan de la deuxième journée paraît bien pessimiste au vu du résultat (4e, à 0''275 de la Ducati de Luca Marini).
Qu'est-ce que je peux faire ?
SI sa machine ne lui épargne rien sur le plan physique, le Niçois s'est montré satisfait de son rythme de course. Mais encore faut-il réussir les qualifications. "Je ne me sens pas super bien pour le moment en qualifs, et c'est ce dont je suis le plus inquiet, confiait Quartararo. Pour le rythme, je ne suis pas inquiet. Je peux être super rapide en pneus usés, mais en pneus neufs sur un tour, il me manque quelque chose par rapport à l‘année dernière." Cruel pour celui qui s'est élancé de la première ligne quatorze fois la saison dernière, dont cinq fois en pole position.
Le coupable, du côté de l'usine d'Iwata, est tout trouvé. Comment se battre à la loyale avec une moto moins fiable que l'an passé, alors que les autres firmes (Ducati et Honda en tête) ont partagé le sentiment d'avoir progressé ? Le Tricolore n'a pas (encore) la réponse : "Quand on sait qu'il y a huit Ducati, huit des motos les plus rapides, on sait que ça sera difficile. Mais qu'est-ce que je peux faire ? Je vais juste faire de mon mieux et on verra ce qui se passe l'année prochaine." Avant de surenchérir à l'issue du dernier jour de test en Indonésie au micro de paddock-gp.com : "On n'a pas le droit à l'erreur ! A Portimao, on s'est qualifié huitième et on est resté bloqué derrière. Maximum, c'est la sixième place en qualification, sinon on est en difficulté."

Un avenir en pointillé

Amer, Quartararo n'a aucunement l'intention de signer une prolongation, "la priorité absolue" de son constructeur, avant d'avoir obtenu des garanties quant à la compétitivité de sa M1. L'histoire de quelques ajustements ? "Ce qui manque, c'est quelque chose de vraiment gros, pour être honnête ! signalait le Français lors des essais de Sepang, comme le rapporte motorsport.com. Pour être honnête, on n'a pas fait les progrès que j'attendais."
Les mots transpirent un découragement à la hauteur des craintes de voir Ducati et Marc Marquez se tailler la part du lion. "C'est ce qu'on a pour la saison, maugrée-t-il. On est aujourd'hui à 9 km/h (des meilleures vitesses de pointe, NDLR), donc on n'a pas progressé. Il ne faut pas que j'y pense trop, mais que je pense juste à mon pilotage et que j'essaye de me battre pour ce qu'il y a de mieux."
Alors quelle destination pour le prodige français en 2023 ? Ducati apparaît naturellement comme la piste idéale mais le constructeur de Borgo Panigale est pleinement satisfait de ses pilotes, et ne compte pas bouleverser ses rangs. Peut-être vers Honda, même si une offre aurait déjà été formulée pour s'attacher les services de Joan Mir (Suzuki). Quoi qu'il arrive, Fabio Quartararo est au centre d'un potentiel grand jeu de chaises musicales. Mais avant, il y a une saison, la plus longue de l'histoire, à disputer, et un titre à défendre.
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