Championnats d'Europe 2026 - Adducteurs, commotion, fracture : les Bleus arrivent poissards mais pleins d’espoirs

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Léon Marchand a enterré ses rêves de titres sur 4 nages, Maxime Grousset, après sa fracture du pied, n’envisage plus l’or en dos ou en crawl : la France entame les championnats d’Europe à domicile avec de sérieux handicaps. Yohann Ndoye Brouard a connu de fâcheux contretemps et il faudra que de nouvelles têtes surgissent pour redonner un élan à deux ans de l’échéance olympique de Los Angeles.

La France, médaille d'argent du 4x100 4 nages des championnats du monde de Singapour en 2025

Crédit: Getty Images

Après des Jeux Olympiques prodigieux en 2024 et des Mondiaux plus fantastiques encore en 2026, les championnats d’Europe de Saint-Denis s’annonçaient comme un fantastique triomphe pour la France, redevenue principale puissance du Vieux Continent. Depuis deux ans, les Bleus se sont affirmés au tableau des médailles comme le troisième pays derrière les intouchables Américains et Australiens, mais devant les Allemands et les Italiens.
L’occasion était belle cet été de marquer sa puissance dans le sillage de Léon Marchand et Maxime Grousset, deux titres mondiaux chacun l’an dernier et beaucoup plus que ça pour le Toulousain, meilleur nageur du monde depuis quatre ans désormais. Sauf que rien ne s’est passé comme prévu. Deux mois avant le début des Europe, Grousset s’est fracassé un os du pied gauche à l’entraînement. Une fracture qui a contrarié sa préparation et repoussé son pic de forme.
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Léon Marchand lors des championnats de France à Saint-Etienne

Crédit: Getty Images

De favori à outsider

Même quand on est nageur, ne pas pouvoir poser le pied par terre pendant un mois pose de sacrés problèmes. "Je n'ai plus de douleurs, je n'ai plus de soucis avec mon pied en lui-même, a-t-il expliqué lors d'un stage des Bleus début juillet à Vichy. Après j'ai quand même pris du retard à l'entraînement parce que je ne pouvais pas travailler les jambes."
À Saint-Denis, Grousset va ainsi défier les références du papillon Kristof Milak et Noé Ponti sans être à 100% de ses moyens physiques. "Au début, je n'avais pas trop envie (de m'aligner face à eux) dans le sens où, si je ne suis pas prêt… Mais dans ma forme actuelle, ça va." Inscrit sur le 50 m et le 100 m nage libre, il ajustera son programme en fonction de ses sensations. Mais le favori est devenu un outsider.
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Maxime Grousset aux Championnats du monde de Singapour 2025

Crédit: Getty Images

Favori, Léon Marchand l’est toujours sur le 200 m papillon, surtout en l’absence de Milak sur la distance. Mais lui, contrairement à Grousset, a déjà tiré un trait sur le 200 m brasse et les 200 et 400 m 4 nages qui assuraient quasiment trois titres aux Bleus. Le Toulousain s’est blessé aux adducteurs aux championnats de France de Saint-Étienne. Pas de brasse pour Marchand à Saint-Denis et pas de razzia pour lui à prévoir. Il tentera le coup sur 400m nage libre, sa nouvelle obsession. Et s’il semble partir de loin (11e temps de référence cette année), il nous a appris qu’il ne fallait jamais douter de lui.
Avec ses deux têtes d’affiche sur une jambe, la France est nettement moins solide. D’autant que Yohann Ndoye Brouard, double médaillé à Singapour, est lui aussi en convalescence. Une blessure au dos puis une commotion cérébrale l’ont obligé à revoir ses plans. Qualifié sur le 200 m dos, il n’arrive pas lui non plus dans la meilleure des conditions physiques et ces trop nombreux aléas autour des valeurs sûres des Bleus fragilisent les projections et les ambitions. Ils obligent aussi l’équipe à trouver d’autres solutions.
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Yohann Ndoye-Brouard

Crédit: Getty Images

Le symbole Cristofini

Cela tombe bien car ces championnats d’Europe, qui interviennent après des championnats de France très moyens, vont propulser une nouvelle génération. Seulement neuf nageurs de Paris 2024 sont toujours là. Un casting largement renouvelé et largement rajeuni à l’image de Sauveur Cristofini, qui découvrira les grands championnats sur 200m nage libre. Il est la nouvelle tête en attendant d’être la nouvelle star, lui qui, chez les jeunes, a effacé des tablettes les noms des plus grands nageurs français dont un certain Yannick Agnel.
À deux ans des Jeux de Los Angeles, ces championnats d’Europe, les premiers à la maison depuis 1987, s’inscrivent aujourd’hui davantage comme un point d’étape vers 2028 qu’une occasion de mater la concurrence. Circonstances obligent, la France espère d’abord semer des promesses à défaut d’empiler les titres.
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