Championnats d'Europe 2026 - "Il ne faut jamais douter de Léon" : Pourquoi Marchand a réalisé un de ses plus grands exploits

Eurosport sur Google

Léon Marchand nageait le premier 400m nage libre de sa carrière en grand championnat ce dimanche à Saint-Denis. Il s’avançait dans l’inconnu mais il a massacré la concurrence en assommant la course. Ce deuxième titre continental vient de très loin. En 2025, le Toulousain se lançait sur le 400m pour s’amuser. Il ne fait déjà plus rire personne. Retour sur une performance dantesque.

Léon Marchand après son 400m nage libre des championnats d'Europe

Crédit: Getty Images

Ce 400m était "un mystère", selon ses propres mots. Lui ne s’était jamais aventuré sur un 400m nage libre lors de grands championnats internationaux. Et de son propre aveu, il n’avait pas le souvenir d’en avoir bouclé beaucoup même au niveau régional et départemental. Bref, cette finale européenne, c’était un rendez-vous en terre inconnue pour le grand Léon. Même avec quatre titres olympiques, il ne suffit pas de s’appeler Marchand pour s’imposer sur une distance aussi exigeante.
Il faut mesurer son accomplissement alors qu’il ne s’entraîne sérieusement sur la distance que depuis un an et demi. Au final, en 3'43"14, il bat le record de France de Yannick Agnel, tape la 4e meilleure performance mondiale de l’année et cogne plus d’une seconde (3'44"57) à Luka Martens, le champion olympique et recordman mondial de la spécialité. Complètement dingue.
Je me demande s’il va tenir, mais j’ai été con de penser ça
"Quand je le vois partir aussi vite, je me demande s’il va tenir, nous confie Alain Bernard, champion olympique du 100m nage libre en 2008. Mais j’ai été con de penser ça. Il ne part pas en mode suicidaire. Il se connaît, il sait ce qu’il fait : il ne faut jamais douter de Léon." "C'est un nageur exceptionnel, un champion exceptionnel dans sa capacité d'être performant, note Denis Auguin, ancien entraîneur d'Alain Bernard et DTN de la nata française. Il a une palette d'une richesse incroyable."
Marchand est venu, il a vu et il avait tout prévu. Il a bien caché son jeu le matin, en séries, pour envisager un scénario complètement différent avec un départ canon en finale. "J'ai essayé de partir un peu vite, de voir ce que ça pouvait donner, nous renseigne-t-il. Mais j'ai quand même gardé mes jambes sur le dernier 100 mètres. Après, stratégiquement, je pense qu'il y a plein de choses que je peux améliorer." Car oui, Léon Marchand a encore une grosse marge sur ce 400m ce qui rend la chose encore plus effrayante : "Je peux pousser les coulées un peu plus. Là, je pense que j'étais un peu peureux sur ça."
Il a fini avec plus d’une seconde d’avance sur la concurrence et il n’a pas été poussé dans ses retranchements. Finalement, cette semaine est le parfait témoignage de ses progrès insolents en crawl. En 2024, la brasse et le papillon lui permettaient de dominer le monde et le 4 nages. Deux ans plus tard, le crawl a largement rattrapé son retard. Sa semaine avait démarré par un 200m nage libre canon et la sixième performance de l’histoire (1'43"76) lors du relais et s’est achevé par un titre sur 400m…
picture

Léon Marchand, champion d'Europe du 400m nage libre

Crédit: Getty Images

J’ai trouvé mon truc avec le crawl
"J’ai trouvé mon truc avec le crawl, a continué Marchand. J’ai vraiment envie de continuer sur cette lancée. J’ai bien bossé ces deux dernières années sur ma technique, sur ma puissance, mes bras, sur la façon dont je faisais mes battements. C’est une récompense de ce que je fais depuis deux ans sur le crawl. Je suis dans la bonne direction." Où celle-ci le mènera ? Jusqu’à Los Angeles et sans doute sur le crawl en individuel. Si un doute existait avant cette semaine, il est levé.
"Pourquoi pas, avance-t-il, prudent. Sur le 200 et le 400 crawl… Mais je suis encore loin du meilleur niveau mondial. Sam Short a nagé 3'40 vendredi. J’affrontais Martens qui a nagé 3'39. Mes concurrents avaient beaucoup nagé cette semaine et moi j’ai eu trois jours de récupération." Modeste, Marchand l’a toujours été et il n’est pas question que ça change.
picture

Léon Marchand à Saint-Denis.

Crédit: Getty Images

Ce qu’il oublie de dire, c’est qu’il a dû gérer une blessure aux adducteurs de la cuisse droite qui a longtemps fait planer un doute sur sa participation aux championnats d’Europe. Alain Bernard, lui, connaît la valeur de sa victoire du jour : "C’était du grand Léon, note-t-il. Il était blessé il y a quelques semaines, il faut noter à quel point il maîtrise sa carrière, à quel point il est intelligent et à quel point il connaît son corps. C’est assez extraordinaire."
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité