Championnats du monde 2025 de Singapour - "Ni jaloux, ni envieux" : Maxime Grousset, la dalle du maudit des JO

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Un an après des Jeux Olympiques ratés où il s’était mis trop de pression, Maxime Grousset a retrouvé une forme de légèreté et l’or pour sa première finale des Mondiaux à Singapour. Le voilà champion du monde du 50m nage libre. En l’absence de Florent Manaudou et alors que Léon Marchand sort d’une année pleine d’interrogations, Grousset, dans une forme folle, est prêt à tout rafler cette semaine.

Grousset : "On ne fait pas tout ce travail pour rien"

Video credit: Eurosport

Trente centièmes sur le 100m papillon, 22 centièmes sur le 100m nage libre. A Paris, Maxime Grousset, déjà 4e à Tokyo, a vu ses rêves de médaille olympique s’envoler pour un souffle. Le bronze du relais 100m 4 nages n’a pas suffi à faire passer la pilule. A l’heure où la France entière tombe en extase devant Léon Marchand, lui quitte la scène dans l’ombre, frustré d’avoir raté le rendez-vous d’une vie. "Je n’y étais pas aujourd’hui. Je ne me l’explique pas, c’est une énorme déception", balbutiait-il après sa 5e place sur le 100m papillon dont il avait décroché l’or mondial un an plus tôt.
Dur, très dur d’autant qu’il avait décidé de sacrifier la finale du 50m nage libre pour tout casser en papillon. Comment se relève-t-on d’une telle déception quand tout fout le camp le jour J ? Un an très exactement après le début de la moisson de Léon Marchand à Paris, Maxime Grousset a peut-être débuté la sienne à Singapour.
Je lui avais conseillé un long break, trois mois... Il m'a dit : ‘non ce n'est pas possible’
Le Néo-Calédonien ne s’est jamais apitoyé sur son sort et gardé la conviction qu’il pouvait mettre encore le monde à ses pieds en dépit d’un été olympique raté. "Je lui avais conseillé un long break, trois mois... Il m'a dit : ‘non ce n'est pas possible’ et il a recommencé à nager mi-septembre. Il a une vraie impatience de la compétition, c'est ce qui le fait vibrer", commentait aux championnats de France son coach, Michel Chrétien.
Plus qu’une revanche, il a retrouvé une forme de légèreté dans sa nage et dans ses attitudes. A Paris, pour la première fois de sa carrière, il nageait avec la pression du résultat, ce sentiment qu’il devait nécessairement réussir. Une injonction qui lui a fait perdre ses moyens en finale. Aux championnats de France à Montpellier, on l’a revu faire le zouave en zone mixte et arboré un combo coupe mulet – moustache pour faire marrer les suiveurs. Dans le sud de la France, il avait cassé tous les chronomètres. Un mois plus tard, le voilà champion du monde du 50m papillon.
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Maxime Grousset champion du monde de 50m papillon

Crédit: Getty Images

Moustache et coupe mulet

"J’aime quand je mets de la distance avec ce qu’il s’est passé à Paris, a-t-il confié après sa victoire ce lundi. Je voulais me remettre au travail et être fort tout de suite." Résultat : meilleur temps des séries, des demi-finales et quatrième meilleure performance de tous les temps en finale (22"48). Un triomphe qui le fait entrer dans une catégorie rare du sport français : les nageurs ayant décroché au moins deux titres mondiaux.  Il n’y côtoie que le gratin : Camille Lacourt, Léon Marchand, Florent et Laure Manaudou.
Voilà aujourd’hui où il se situe à 26 ans. Et pourtant, il passe sous les radars parce que les JO ne l’ont jamais couronné et parce que Marchand, à contrecœur sans doute, monopolise toute l’attention aujourd’hui. "C’est l’occasion rêvée pour lui de grappiller des médailles et des titres, nous confiait Alain Bernard, ancien champion du monde du 100m. Max est une très belle personne, très sympa, avec une belle image. Le détournement d’attention vers Léon Marchand doit l’aider. Il n’est pas jaloux ni envieux de la surmédiatisation de Léon, à lui de s’en servir."
A Singapour, Grousset pourrait bien prendre le leadership de cette équipe de France. Personne ne sait encore ce que Léon Marchand a dans le ventre cet été, Florent Manaudou n’est plus là et tout le monde a déjà pu constater que Grousset était dans la forme de sa vie. Il lui reste le 100m papillon, le 50m nage libre et, la course reine, le 100m nage libre. Et si, un an après, Grousset nous faisait une Léon Marchand ?
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