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La cinquième étoile d'Ogier est aussi la plus brillante
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Publié 22/12/2017 à 10:13 GMT+1
SPORTIFS FRANÇAIS - Comme chaque année, la rédaction d'Eurosport.fr a établi sa liste des dix sportifs français et internationaux qui auront marqué l'année 2017. En 6e position côté français : Sébastien Ogier.
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6. Sébastien Ogier
Sport : Rallye WRCNombre de points : 99Nombre de citations : 20Meilleur classement : 2eClassement 2016 : 8e
Surpris par une émotion "très forte" qu'on ne lui connaissait pas, Sébastien Ogier est en larmes à l'arrivée du Rallye de Grande-Bretagne. Il vient de fendre l'armure aux yeux de ceux qui l'avaient toujours perçu comme un éternel insatisfait, assoiffé de reconnaissance dans une ère post-Loeb prétendument en friche. Un arrogant aux sentiments contenus pour tout dire. "Je n'ai pas toujours été quelqu'un de très émotif", avouera-t-il.
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Sur ce coup-là, il a dû convertir beaucoup de ceux qui le considéraient comme l'empêcheur de tourner en rond du nonuple champion du monde chez Citroën, mué par la nécessité en privilégié des années VW. Ceux-là se trompaient lourdement et ont eu cette saison l'opportunité de reconsidérer son parcours, entré dans une autre dimension. Pas pour un titre de plus, mais pour le plus important de sa collection. Celui qui impose une lecture objective de ses mérites.
S'il avait choisi le confort, il aurait joué l'effet de surprise au lendemain de la capitulation de VW WRC, fin 2016, et opté pour une année sabbatique. M-Sport avait été la dernière équipe à lancer les essais routiers de la nouvelle Fiesta, à l'automne, avec un sacré train de retard sur Citroën, Hyundai et même Toyota. Signer avec la formation de Malcolm Wilson le 12 décembre, soit à cinq semaines du Monte-Carlo, était la garantie de se lancer dans l'épreuve en aveugle face à des concurrents bien rôdés comme Thierry Neuville. Se battre avec l'équipe la moins bien staffée, la seule sans le soutien officiel d'une marque, avec une voiture au moteur souffrant historiquement d'un manque de développement.
Le Monte-Carlo fut un authentique exploit construit sur une maîtrise de futur quintuple champion du monde et une énième erreur du Belge de Hyundai. Il annonçait une suite plus pénible, un apprentissage du renoncement auquel il fallait vite se plier face à un règlement bridant soigneusement les ambitions du meilleur par l'obligation d'ouvrir la route pour les autres sur la terre.
M-Sport, une équipe à l’ancienne
Il s'agissait d'accepter de se battre pour des places d'honneur (9 podiums en 13 épreuves), souvent dès le vendredi soir. Ça n'était pas dans son caractère mais heureusement dans les gènes de ce gagneur obligé au calcul. La maturité ultime.
Voilà pourquoi il a seulement ajouté le Portugal à son tableau de chasse en mai pour devenir - étrangeté qui pose la question du chemin pris par la discipline - le cinquième champion du monde avec deux succès au compteur après Björn Waldegaard (1979), Walter Rhörl (1982), Juha Kankkunen (1987) et Richard Burns (2001). Loin de ses standards de 2013 (9), 2014 et 2015 (8) et 2016 (6). Sans victoire pour le rallye du sacre, une triste première.
Heureusement, il connaissait Malcolm Wilson, sa passion d'ancien pilote, son dévouement pour son équipe devenue celle de cœur du Gapençais. M-Sport n'avait jamais gagné le titre Pilotes depuis son lancement en WRC en 1997, Ford n'avait pas enlevé le titre Pilotes depuis Ari Vatanen en 1981. C'est à l'aune de ces chiffres que l'on mesure la performance du Haut-Alpin. Et quand Sébastien Loeb avait gagné le titre en 2006, c'était avec le soutien officieux de l'usine, obligé à la discrétion médiatique. Kronos était un peu plus qu'une structure semi-privée. En 2017, M-Sport avait bien les allures d'une équipe indépendante, fonctionnant sur un modèle à l'ancienne : fabriquer et vendre une quantité importante de Fiesta R5 de WRC2 pour financer une partie de son activité WRC. Depuis des années, Malcolm Wilson est le seul à le faire ça et c'est pour cela que Sébastien Ogier a développé une authentique estime après une petite période d'observation réciproque.
Emballé par la réussite de Sébastien Ogier malgré une Fiesta pas toujours facile à régler, le manager anglais avait jugé irréaliste de garder son crack sous peine de mettre en danger l'avenir de M-Sport. En compétiteur qu'il est, il a finalement revu ses plans, boosté par la confiance du Français.
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