Mardi, quand on lui a annoncé qu’il aurait le droit de concourir, il ne l’a pas cru. Mercredi, quand il est monté sur le podium olympique pour y recevoir l’argent, encore moins. Participer à l’épreuve olympique du 1000 mètres de patinage de vitesse était en soi inespéré pour Denny Morrison. Et si on histoire était en train de faire le tour du monde mercredi, c'est parce qu'il est passé du statut de spectateur désigné à celui de médaille d’argent en 24 heures. Il n’a dû sa place sur la patinoire qu’au geste chevaleresque de son équipier canadien Gimore Junio.
Dixième sur 500 mètres lundi, Junio a préféré laisser Morrison tenter sa chance sur 1000 mètres. Celui-ci avait échoué à se qualifier à la régulière en chutant lors des sélections canadiennes. Il avait été handicapé par des blessures tout au long de la saison mais son partenaire a estimé qu’il était, depuis, revenu au niveau requis pour aller taquiner les breloques. "Je laisse ma place sur 1000 mètres entre les mains plus que capables de Danny Morrison", a-t-il tweeté mardi. Denny Morrison, en 1’08"43, a finalement terminé quatre centièmes derrière le médaillé d’or néerlandais Stefan Groothius. Candidatuie crédible, effectivement.
Lire le tweet du désistement
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C’est un rêve, un conte de fées et c’est encore très difficile de croire que ceci est arrivé.
"C’est un rêve, un conte de fées et c’est encore très difficile de croire que ceci est arrivé, a commenté Morrison. Si j’avais fait un meilleur temps de cinq centièmes, cela aurait été encore mieux. Mais l’argent, ça me va, pour être honnête."
"Je veux remercier toute l'équipe pour leur soutien. Surtout Junio. Il m'a cédé sa place et je n'aurais jamais gagné cette médaille sans lui. Après ce qu'il a fait, cette médaille a encore plus de valeur. Ce qu'il a fait en cédant sa place est sans précédent. Je pense à couper ma médaille en deux car il le mérite."
Hey, tu te sens prêt pour le 1000 mètres ? Tu peux prendre ma place si tu veux.
Son meilleur départ en six ans
Junio désormais porte-drapeau ?
Pour Junio, pourtant, le désistement allait de soi. "Denny et moi, nous sommes faits dans le même moule, avait-il expliqué. L’un et l’autre voulons gagner et représenter notre pays au plus haut niveau de notre passion. Vu le patinage de Denny en ce moment, je pense que l’intérêt de l’équipe est qu’il concoure. Représenter le Canada aux JO est un grand honneur. Cela dit, nous les sportifs ne sommes pas là pour participer mais pour gagner. Dennis a montré qu’il était un médaillé en puissance sur cette distance."
La petite histoire veut que Junio ait sondé Morrison par texto sur son intérêt pour un tel switch. "Hey, tu te sens prêt pour le 1000 mètres ? Tu peux prendre ma place si tu veux." Morrison a vu un numéro russe comme expéditeur et n’a pas vraiment compris ce qui se passait. "Je me disais : quelqu’un se paie ma tête ? Ce n’est pas très drôle de me chercher comme ça." Une belle histoire, qui fait son entrée dans notre top des histoires les plus folles des JO d’hiver.
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Le tweet hommage
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