JO Pékin 2022 - "Aussi grave que le dopage" : Nils van der Poel s’en prend aux Néerlandais, accusés de "lobbying"

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JO PEKIN 2022 - Accusant ses homologues néerlandais d’être avantagés par ce qu’il désigne comme "le plus gros scandale de [son] sport", le patineur de vitesse suédois Nils van der Poel, sacré sur 5000 mètres, s’est indigné d’apprendre qu’un officiel batave influençait, sans se cacher, les officiels sur la qualité de la glace à Pékin. Au micro d’Eurosport, il n’a pas caché sa rage.

Nils van der Poel accuses KNSB of corruption

Crédit: Getty Images

Ce n’est pas une surprise, cette année, comme de coutume, ils raflent tout ou presque sur la glace. C’est bien simple, sur les 7 médailles qu’ils ont glanées (dont 3 en Or), les Néerlandais l’ont fait sur des épreuves de short track (tours de pistes où les patineurs s’affrontent en même temps) ou de patinage de vitesse (format de contre-la-montre entre les patineurs).

Un lobbyiste néerlandais sur place pour influencer la qualité de la glace

S’il a remporté dimanche, avec en prime le record olympique, l’épreuve du 5 000 mètres, Nils van der Poel n’a pas grandement apprécié de voir sur le site Schaatsen.Nl, un article consacré à Sander van Ginkel, scientifique intégré à l’équipe des Pays-Bas, dont le travail est simple : il doit "faire du lobbying", selon le terme employé dans l’article, auprès des officiels en charge de la maintenance de la piste olympique, en premier lieu le patron, le Canadien Mark Messer.
Van Ginkel, spécialiste de la glace, inspecte ainsi chaque jour celle-ci au plus près, avec des outils adéquats, pour donner son ressenti auprès de Messer. Et ainsi mettre les patineurs néerlandais dans les meilleures conditions. Comme il l’explique, plus la glace est dure, plus ses compatriotes sont à l’aise, et donc à même de remporter ces courses. "Je ne sais pas si c’est grâce à mes commentaires, mais la température (de la glace) a baissé" dans les jours suivant son arrivée sur place, se réjouit d'ailleurs van Ginkel dans le reportage qui lui est consacré. De quoi donner tout son sens à la devise de la fédération néerlandaise de patinage de vitesse : "La glace nous appartient".
Ayant eu vent de cet article, Nils van der Poel est tout de suite monté au créneau, s’indignant, pour Eurosport, de ce qu’il considère comme "le plus grand scandale de notre sport". “J’ai le plus grand respect pour les patineurs de vitesse néerlandais, et ceux qui font la piste, mais nous devons discuter du fair play dans notre sport. Ceci est loin d’être fair play, c’est de la corruption”, a fulminé le champion du monde du 5 000 et 10 000 mètres. "Je ne comprends pas comment la fédération néerlandaise peut laisser faire cela, et je ne comprends surtout pas pourquoi ils veulent que le monde entier le sache", a poursuivi le patineur de 25 ans.
"Ce n’est pas embarrassant que pour eux (les officiels néerlandais), mais aussi pour les coureurs. Nous avons eu des cas de dopage (dans le patinage de vitesse), et je ne considère pas cette histoire comme moins grave. Pour moi, ce n’est pas de cette façon que nous voulons faire du sport", a-t-il ajouté, s’estimant lésé. La Fédération néerlandaise a été prompte à lui répondre, par la voix de son directeur technique : "Toutes les personnes en charge de la glace dans le monde sont capables d’évaluer la qualité par eux-mêmes, a déclaré Remy de Wit. Il y a beaucoup de discussions entre les scientifiques, les coaches et les officiels. Nous faisons cela depuis des années".

Van der Poel à la conquête d'un nouveau titre olympique

Tout en regrettant les termes choisis dans l’article, le directeur technique néerlandais a ainsi tenté d’éteindre l’incendie qui couve dans cette discipline si chère aux Bataves. Van der Poel, lui, a fini par revenir sur sa prochaine sortie sur la glace, ce vendredi pour l’épreuve du 10 000 mètres, où il fera bien entendu partie des favoris. Une course qu’il espère disputer sur… une patinoire en mauvais état : "La meilleure glace pour moi, c’est celle qui est dégradée. Je suis plutôt bon dans ces conditions", n’a-t-il pas caché, tout en terminant par un vœu pieux : "Je ne pense pas que l’état de la glace décidera de l’issue de la compétition. J’ai confiance dans le fait que l’organisation sera juste”.
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