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6 Nations | Centres, huit de devant : après la gifle de Murrayfield, un nécessaire remaniement chez les Bleus ?
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Mis à jour 10/03/2026 à 20:42 GMT+1
Gênante dans la manière plus que dans l'écart au score, la défaite du XV de France samedi en Écosse (50-40) a laissé place aux interrogations. Parmi elles, la composition d'équipe pour le dernier match du Tournoi des Six Nations contre l'Angleterre, qui devrait bouger eu égard aux pépins et aux méformes entrevues à Édimbourg.
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Les Bleus du XV de France ont expérimenté une notion physique élémentaire : tomber de haut fait toujours plus mal. Eux que leurs performances sur les trois premières journées de ce tournoi des Six Nations 2026, différentes mais abouties, avaient placés bien au-dessus de la mêlée et sur l'autoroute du Grand Chelem, ont chuté de quelques étages samedi en Écosse (50-40).
Avec ce sentiment amer d'avoir pris une "leçon de rugby" dixit l'arrière Thomas Ramos, certes atténué par les quatre essais français du dernier quart d'heure qui ont adouci la pilule, mais une leçon quand même pour cette équipe qui ne s'attendait pas à en prendre cinquante quelque part dans ce Tournoi.
Une petite sidération et, pour le staff des Bleus, des zones d'ombre à éclaircir et une indispensable remise en question à avoir sur la stratégie et les hommes. Pour un remaniement avant le "Crunch" final et décisif de samedi soir ? Aux grandes interrogations, une certitude : Fabien Galthié ne réalignera pas face aux Anglais le même XV de départ qu'à Murrayfield.
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Depoortère out, Moefana fragilisé
Il ne pourra en effet pas reconduire sa paire de centres 100% bordelaise puisqu'une des composantes du binôme, Nicolas Depoortère, est touchée à l'épaule et forfait pour ce dernier match. En tête des postulants pour le remplacer, le Toulousain Pierre-Louis Barassi, revenu fin janvier à la compétition après son gros K.-O. contre les Fidji en novembre, s'est glissé sur les deux dernières feuilles de match tricolore et jouit d'une belle cote auprès du staff.
Le Palois Émilien Gailleton, titulaire et marqueur d'essais contre le pays de Galles et l'Italie en l'absence de Depoortère, peut également espérer revêtir le numéro 13 contre le pays de naissance de sa maman. Il a aussi pour lui de porter le même maillot en club que le jeune Fabien Brau-Boirie, grand espoir du rugby français et très intéressant lui aussi contre les Gallois et les Italiens pour ses deux premières sélections.
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Une candidature qui aurait également du sens pour Galthié, pour deux raisons. La première étant que son choix numéro 1 en premier centre, Yoram Moefana, a été crédité d'une prestation fade pour ne pas dire médiocre à Murrayfield. Une absence plutôt inhabituelle chez lui en bleu qui peut aussi s'expliquer par son manque de rythme, lui qui n'avait eu qu'une mi-temps de Top 14 pour se remettre dans le bain après 26 jours sans jouer (blessure au genou).
Ne pas voir le Calédonien enchaîner au Stade de France samedi pourrait être vu comme une sanction sévère mais Fabien Galthié a prouvé ces derniers temps qu'il ne regardait plus les CV au moment de trancher dans le vif comme en attestent les cas récents de Damian Penaud, Gregory Alldritt ou Gaël Fickou.
L'autre raison qui pourrait jouer en faveur de Brau-Boirie est que Galthié privilégie quand il le peut l'association de joueurs d'un même club dans un même secteur pour des raisons évidentes de complémentarité. Des repères en plus qui peuvent compter au moment de se rassurer et de redresser un navire bleu malmené dans la capitale écossaise.
Pour cette même raison de complémentarité, le sélectionneur pourrait enfin être tenté de dégainer la carte Kalvin Gourgues, qui serait pour le coup associé à Pierre-Louis Barassi pour reformer la paire de centres du Stade toulousain. Une option qui part a priori d'un peu plus loin mais qui, loin d'être saugrenue, demeure sur la table.
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Jelonch incertain, Jégou dans l'attente
Le triangle arrière Bielle-Biarrey – Ramos – Attissogbe, qui enchaîne et donne de sacrés gages depuis le début du Tournoi, ne devrait pas être retouché pour le "Crunch ». Moins encore la charnière Dupont – Jalibert, quand bien même elle a souffert en Écosse (surtout le capitaine des Bleus).
Dans le paquet d'avants, en revanche, il est fort probable que cela bouge. Sorti définitivement en tout début de seconde période à Murrayfield pour avoir échoué au protocole commotion cérébrale, le numéro 8 Anthony Jelonch a été gardé dans le groupe de 42 mais sa présence contre les Anglais n'en demeure pas moins incertaine comme nous le confirme un ancien international français toujours en activité et présent au match : "Même si ce protocole n'est pas toujours évident à satisfaire, il n'a pas réussi et on lui a dit de ne pas rerentrer. Techniquement, cela ne l'élimine pas obligatoirement pour jouer une semaine plus tard mais les docteurs sont très vigilants sur ce point et ne prennent en général aucun risque. Cela parait donc compliqué, surtout avec le jeu d'Anthony qui est très basé sur le défi physique et les collisions."
Autre joueur de la troisième ligne menacé pour ce "Crunch", Oscar Jégou, auteur d'un geste qui s'apparente à une fourchette contre le talonneur écossais Ewan Ashman. Cité par la commission de discipline du Tournoi, qui l'entendra mardi matin, le Rochelais a peu de chances de passer entre les gouttes compote tenu des images.
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Oscar Jégou lors de Ecosse - France au tournoi des Six Nations, le 7 mars 2026 à Murrayfield
Crédit: Getty Images
Vers une recomposition du pack ?
Si ces deux absences se confirment, c'est une réflexion globale que devra mener le staff français pour recomposer sa troisième et aussi sa deuxième ligne. On pourrait par exemple imager le Lyonnais Mickaël Guillard remonter en numéro 8, son poste de prédilection, et pourquoi pas aussi le Toulonnais Charles Ollivon en flanker, pour une nouvelle troisième ligne complémentaire qui aurait de l'allure avec François Cros en plus, tandis que les Toulousains Thibaud Flament et Emmanuel Meafou sortiraient du banc pour former la deuxième ligne titulaire.
Le Bordelais Cameron Woki, qui a la capacité de sauter en touche et la polyvalence pour jouer troisième ou deuxième barre, pourrait alors être une piste intéressante sur le banc de touche aux côtés du Montpelliérain Lenni Nouchi, qui s'est déjà fait une place sur les feuilles de match.
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En première ligne, enfin, une surprise pourrait intervenir à droite, où le Toulousain Dorian Aldegheri n'a pas brillé en mêlée fermée contre l'Italie et l'Écosse. Un problème pour un joueur qui, contrairement à son homologue toulonnais Jean-Baptiste Gros, est plutôt cantonné dans la catégorie des piliers de mêlée.
Coéquipier d'Aldegheri à Toulouse, George-Henri Colombe peut donc espérer une promotion, même si des doutes persistent encore sur son aptitude à démarrer un match international. À défaut, le Racingman Demba Bamba, sur qui ses entraîneurs en club "ont fait de très bons retours depuis le début de la saison" d'après le sélectionneur, peut aussi entrer dans l'équation, tout comme le Palois Thomas Laclayat, titulaire avec les Bleus en novembre contre les Fidji.
Alors que Fabien Galthié a limité les ouvertures des entraînements cette semaine à Marcoussis, sa dernière composition pour ce tournoi des Six Nations 2026 - qu'il donnera jeudi à 11h30 – est aussi, à date, la plus incertaine de toutes.
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